Témoignages d'anciens combattants:
Donald Anthony Williams

Armée

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"Dieu merci que nous avons fait cela, parce que sinon, nous aurions eu une double charge."

Transcription

Donc, au lieu d’aller travailler, le matin suivant, nous avons pris l’autobus vers Chorley Park [à Toronto], et nous sommes allés vers les files d’attente. Une file était pour l’infanterie, une pour le corps blindé, etc. Nous étions plus ou moins là-bas que pour avoir de l’information, mais, avant de l’avoir réalisé, nous nous étions enrôlés dans l’armée – sans blague, c’est ce qui est arrivé.

Quelque part en juin [1951], nous sommes allés en Corée, et j’ai fini avec la compagnie B, 4e Peloton de la Princesse Patricia, qui était installée à Ch’orwon [en Corée]. Une fois, ils sont venus et ont dit qu’ils avaient besoin de volontaires pour suivre un cours sur le mortier. Encore une fois, j’ai regardé autour de moi. Personne ne semblait vouloir suivre la formation sur le mortier, et j’ai pensé : « Et puis zut, je pourrais bien essayer quelque chose de différent. » Je suis donc retourné au Japon et j’ai suivi la formation sur le mortier. Nous avons été là-bas cinq jours, puis on nous a ramenés en Corée. Lorsque nous sommes revenus, à partir de ce moment, la plus grande partie du 1er Bataillon [de l’Infanterie légère canadienne de la Princesse Patricia] commençait à se déplacer [vers la ligne de front]. J’ai été assigné à la Compagnie C, 9e Peloton du 1er Bataillon.

C’était le 9 ou le 10 mars [1952], sur la Colline 132 – c’est celle à côté de la rivière Samich’on. J’étais dans la Compagnie C, c’était le 9e Peloton et nous avions le – j’étais avec la section du mortier de 60 millimètres, à ce moment.

C’était le milieu de la journée lorsque je suis revenue à mon abri, après un tour de garde de deux ou trois heures, dans un endroit surplombant une des vallées autour de la colline. C’était une position avec un seul homme, et j’étais là-haut tout seul pendant ce temps. Peu après être revenu à mon abri où se reposaient deux ou trois de mes collègues de la section du mortier, nous avons été la cible un lourde attaque de bombardement d’artillerie; les Chinois attaquaient sept pelotons en avant de nous. Ce bombardement par de l’artillerie tombait très près de nos tranchées de mortier, derrière nos abris. Nous avons rampé à l’extérieur de nos abris vers nos tranchées de mortier et, sous l’ordre de notre caporal Jim « Buddy » Rimmer, nous avons commencé à faire feu avec nos mortiers de 60 millimètres, tel qu’ordonné. J’étais responsable de mon mortier. Celui qui rechargeait était un homme de 19 ans d’Ottawa, en Ontario.

Alors que l’on tirait avec notre mortier, au milieu de tous les bombardements ennemis et du bruit causé par l’attaque chinoise, nous n’étions pas certains que notre dernier obus que l’on avait chargé dans le baril avait correctement été tiré. Nous savions que nous devions déterminer si l’obus avait été tiré, et j’étais quasiment certain que non. Pour le confirmer, je devais retirer le baril du socle du mortier, puis pencher le baril vers l’avant pour libérer l’obus qui, comme je le pensais, n’avait pas été allumé et tiré. Dieu merci que nous avons fait cela, parce que sinon, nous aurions eu une double charge, ce qui signifiait qu’en chargeant un autre obus dans le baril, une explosion serait probablement survenue et aurait non seulement moi-même et le chargeur de mortier, mais probablement d’autres hommes aussi. Cependant, on n’avait pas le temps de penser aux conséquences de ce qui aurait pu arriver cette nuit-là. Nous avons poursuivi notre travail, qui était de tirer des obus sur les Chinois qui attaquaient.

Après que tout eut été terminé, ce matin-là, j’avais un rendez-vous dentaire dans l’échelon arrière. J’ai marché sur plusieurs collines pour atteindre la zone des réservistes et pour qu’un camion me conduise à l’échelon arrière. J’ai rencontré une équipe d'aide médicale, qui m’a demandé si je pouvais les aider à transporter un corps au bas de la colline. Ce qui a été extrêmement dérangeant à ce moment était de découvrir que le corps que je devais transporter était celui d’Emerson Patterson*, un soldat que j’avais appris à très bien connaître.

 

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