Témoignages d'anciens combattants:
Desmond David Holt

Forces aériennes

  • Médailles de Desmond Holt (sur le tissu écossais de l'armée de l'air) gagné durant son service dans la RCAF en tant que mécanicien de radar en Grande-Bretagne. De gauche a droite, la Médaille de guerre de 1939-1945, Médaille canadienne du volontaire, et la Médaille de la défense.

    Desmond D. Holt
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"Le radar est une chose compliquée.Je veux dire qu’on envoyait une décharge à haut voltage pendant une fraction de seconde. Ça touche un avion et ça rebondit sur cet avion pour revenir vers la station. Et on pouvait déterminer où se trouvait l’avion."

Transcription

L’Aviation était à la recherche de personnes qui avaient un peu d’expérience avec les radios pour un nouveau poste qu’ils créaient. Ils m’ont accepté sur place. J’ai été envoyé en Europe. Ensuite, nous avons été envoyés à la base Cranwell de l’Aviation royale britannique. C’était la première station. Là-bas, on nous a appris le fonctionnement du radar. Il y avait environ quatre types de radars, à cette époque. De nos jours, il y en a des centaines. Évidemment, à cet endroit, le secret était la clé. Nous avons fait serment de garder les secrets et de ne jamais parler du travail. J’ai été assigné à la base Humberston [de l’ARB], une très belle station, tout près de Grimsby.

Nous avons découvert beaucoup de choses, là-bas. Deux de nos femmes parlaient de leur station. Deux semaines plus tard, ils ont été rencontrés [rires] et on leur a dit de garder leur bouche fermée. Elles croyaient que nous étions la seule nation à en avoir. Ce n’était pas tout à fait vrai. L’Allemagne en avait [rires]. C’était une méthode pour suivre les avions, de les trouver. Je ne veux rien dire contre les pilotes de l’Aviation quand je dis cela, mais, 40 ans après la guerre, je participais à une réunion en Angleterre et un civil très haut placé dans la chaîne de commandement des radars nous a parlé. Il nous a dit que le Ministère de l’Aviation nous attribuait la victoire lors de la Bataille de l’Angleterre, parce que, 24 heures par jour, nous cherchions des avions dans le ciel, ce qui permettait aux pilotes de rester au sol et de dormir. C’était essentiel pour eux d’avoir assez de temps pour dormir, et ils n’avaient pas à patrouiller et à chasser les appareils ennemis. Nous les trouvions pour eux.

Toutes les stations radars étaient reliées à une station de relai, afin qu’ils puissent entrecroiser les informations radars de différents endroits, ce qui leur permettait d’obtenir une bonne idée du positionnement des appareils ennemis. Les Allemands ont échoué avec leurs radars aériens, car ils avaient une station radar liée à une station de combat; une station pour une station. Ça ne fonctionnait pas très bien. La frontière écossaise juste à côté de Plymouth, sur la côte sud, au moins, aurait pu aller plus loin. Ils se rapportaient tous à Oxford, à une station à Oxford. Nous ne savions pas où se trouvait la station. Nous savions seulement qu’il y en avait une. Et une table à tracer, où se trouvaient tous les officiers supérieurs et les gars qui préparaient le plan de bataille.

Le radar est une chose compliquée. C’est plus compliqué que ce l’était alors, mais ce l’était déjà assez à cette époque. Je veux dire qu’on envoyait une décharge à haut voltage pendant une fraction de seconde. Ça touche un avion et ça rebondit sur cet avion pour revenir vers la station. Et on pouvait déterminer où se trouvait l’avion.

Une fois, nous avons montré un aspect différent de notre travail. Le signal [radar] revenait et il était soudain hors de portée. L’opérateur nous a dit qu’il y avait un avion qui était hors de portée et qu’il se dirigeait plein nord, et qu’il allait continuer; il allait rencontrer le Père Noël. La chambre de tri nous a demandé de suivre cet appareil en particulier. Éventuellement, le signal s’est affaibli et il a disparu. Désolé, l’avion a disparu. Environ deux semaines plus tard, une voiture s’est arrêtée à notre station. Les gardes l’ont laissée entrer. En sortent cinq officiers de l’aviation. Nous nous demandions ce qu’ils pouvaient bien faire ici, car ils n’étaient pas censés savoir que nous existions. Ils se sont approchés et ils voulaient nous remercier, parce que nous avions sauvé leur vie. Tout le temps où ils montaient au nord, ils envoyaient en fait un vaisseau de sauvetage qui les suivait aussi vite qu’il le pouvait.

Le vaisseau de sauvetage air-mer est arrivé environ cinq minutes après qu’ils aient été descendus. L’équipage était encore en train de s’assurer de s’éloigner de l’aile et ouvrait le canot de sauvetage. Une voix s’est alors fait entendre de nulle part et a demandé, d’une voix comique : « Est-ce que quelqu’un a appelé un taxi? » C’était le vaisseau de sauvetage air-mer. Ils ont ensuite commencé à poser des questions, en particulier : « Comment est-ce arrivé? » Ils ont appris qu’il y avait une station à l’est qui les avait suivis tout le temps. C’était nous. Nous avons été ravis de penser que nous avions sauvé leur vie. En fait, nous étions tous impressionnés; notre station possédait une tour de 200 pieds et l’antenne était au sommet. Des cinq courageux membres d’équipage, seuls deux étaient arrivés jusqu’en haut (rires). Un gars l’a regardé et a dit, « Non, merci ! » (rires) Deux d’entre eux se sont rendus à moitié et ont dit que c’était assez. Voilà les gars qui ont volé jusqu’à 5 000 ou 10 000 pieds, parce qu’ils avaient peur de 200 pieds. On ne peut pas les blâmer.

 

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