Témoignages d'anciens combattants:
Sidney Albert Appleyard

Armée

  • Section 10 "B" compagnie 131, Comrose, 1944.

    Sidney A. Appleyard
  • Livret de paie de service de Sidney Appleyard, 20 septembre 1944.

    Sidney A. Appleyard
  • Livret d'instruction: Certificat de conduite de Sidney A. Appleyard, 1944.

    Sidney A. Appleyard
  • Plaque d'identité de Sydney A. Appleyard.

    Sidney A. Appleyard
  • Sidney A. Appleyard, 1944-45.

    Sidney A. Appleyard
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"Quelques uns d’entre nous du quartier général on venait et on contrôlait le poids de ces soldats allemands quand ils étaient capturés. Aucun d’entre eux n’a jamais perdu de poids."

Transcription

Mes années d’enfance dans ce tout petit village qu’était Walsh. C’était pendant la Grande dépression et ce n’était pas facile du tout. Il n’y avait pas d’argent, pas grand-chose du tout. Et mes parents avaient une épicerie mais ils ont fait faillite et mon père et ma mère se sont retrouvés tous les deux sans travail alors dès qu’ils arrivaient à trouver un petit boulot. Vous ne pouviez pas trop vous plaindre parce que c’était pareil pour tout le monde à cette période. Donc, je suis allé à l’école jusqu’au certificat d’études. J’ai quitté l’école en 7ème année [Classe de cinquième en France]. Je suis allé travailler chez un éleveur de moutons, un éleveur important. Et quand la guerre a été déclarée, je suis parti en stop jusqu’à Calgary.

J’ai fait une formation pour pouvoir conduire tous les véhicules, les gros camions et tout. On s’entraînait dans des conditions d’attaque réelles, les endroits où ils nous entraînaient, en fait ils nous tiraient dessus quand on rampait le long des fossés et autres. Alors vous deviez rester baissé. Et c’était intéressant, je trouvais. Et aussi ma famille avait eu un garage, un endroit, et alors vous êtes tout le temps au milieu des véhicules, vous jouez avec eux et…

Alors ça m’intéressait bien de faire ça et j’avais pensé, si je devais partir au front, je pourrais conduire les gros chars d’assaut, et c’est ce qui me trottait dans la tête. De toute façon, après la guerre s’est ralentie et ils m’ont envoyé à Lethbridge en Alberta. Là-bas, il y avait un camp de prisonniers de guerre, un camp de prisonniers allemands. Ils étaient environ 33 000 prisonniers là. J’ai commencé comme gardien, vous savez, vous faites des rondes autour du camp et vous surveillez les prisonniers. Et ce qu’ils faisaient dans ce camp, ils construisaient des tentes ou, pour que les prisonniers sortent, ceux je suppose à qui ils faisaient le plus confiance. Et ils sortaient pour aller travailler dans les champs de betteraves à sucre, ils étaient tous heureux de faire ça. Et moi j’étais le chauffeur qui emmenait les officiers visiter ces camps, il y en avait au moins trois ou quatre dans le coin. Et je les conduisais alentour et le matin suivant on se levait, et on recommençait notre tour.

Et ensuite ils m’ont envoyé au quartier général. Quelques uns d’entre nous du quartier général on venait et on contrôlait le poids de ces soldats allemands quand ils étaient capturés. Aucun d’entre eux n’a jamais perdu de poids, ils en tous pris au contraire. Et ils étaient contents d’être là. Ils ne voulaient pas aller ailleurs. Ils pensaient que le Canada était un endroit agréable à vivre je crois. Oui.

Il y avait quelque chose d’étrange là-bas aussi, c’est à propos d’un des prisonniers qui était dans le camp, il était allé à l’école à Lethbridge et puis il était parti rendre visite à sa famille en Allemagne. Et pendant qu’il était là-bas il s’était fait prendre, et on l’avait envoyé dans l’armée, l’armée allemande et il a été fait prisonnier avec l’armée et renvoyé à Lethbridge. Mais il devait quand-même rester dans le camp parce que le règlement c’était, vous savez, que vous devez relâcher ces gens, seulement à la fin de la guerre, et vous les rameniez chez eux, ils devaient repartir à l’endroit où on les avait pris en charge au départ. Il avait dû repartir jusqu’en Grande-Bretagne et il avait été libéré là-bas et puis il était rentré à Lethbridge.

Et je vais vous raconter autre chose d’intéressant dans ce camp de prisonnier, ces gens-là ils étaient vraiment intelligents, certains allemands. En fait ils avaient construit, vous savez, quand ils avaient du temps libre et que personne n’était là autour, dans leurs quartiers, entre les planches à l’intérieur du mur, ils avaient construit une radio avec émetteur-récepteur avec toutes les pièces de récup qu’ils avaient trouvées pendant qu’ils transportaient les poubelles dans le camion et s’ils voyaient des fils ou quelque chose là-dedans, et ils avaient réussi à fabriquer une radio. Et pour finir, ils s’étaient faits prendre avec. Ils pouvaient avoir des contacts jusqu’en Allemagne avec cet appareil qu’ils avaient fabriqué. Et j’ai vu ce truc. Ces gars ils pouvaient parler à leurs familles là-bas en Allemagne. Alors ils étaient vraiment intelligents. Comme je dis, ils étaient tellement contents d’être là, vous savez. On ne les a jamais traités comme des prisonniers dans une prison ou autre. On les traitait comme des prisonniers de guerre allemands.

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