Témoignages d'anciens combattants:
Nigel Taylor

Armée

  • Char Panzer allemand avec le capitaine Stubbs, 25 mai 1944.

    Nigel Taylor
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"Il l’a mis hors de combat puis a annoncé qu’il l’avait eu. Et ce furent ses derniers mots. Quelques secondes plus tard, un canon antichar nous a touchés et notre char s’est enflammé."

Transcription

Je me suis engagé comme soldat en 1940, je crois. Et je suis descendu à Duncan en Colombie Britannique pour faire le soldat. Ne me demandez pas pourquoi, mais c’est là que j’ai été envoyé. Et de là, on est allés à Camp Borden et on a eu droit à un peu plus de vie de soldat et je suis parti outre-mer à l’automne 1941 je crois. Et ensuite j’étais en Angleterre et on m’a envoyé à Sandhurst et j’ai passé le grade de lieutenant et je suis retourné dans mon régiment le British Columbia Dragoons et on m’a envoyé en Italie dans le groupe de reconnaissance. Et on s’est battus, bon on n’a pas combattu pendant un moment mais on a passé l’hiver à Ortona je crois c’était sur le côté de l’Italie. Et ensuite on nous a renvoyés au sud de la ligne Hitler et j’ai commencé les combats en mai 1944. Ma guerre à moi s’est arrêtée assez brutalement parce j’ai été grièvement blessé sur le trajet pour rejoindre la ligne Hitler le 24 mai 1944. Et j’ai été touché à la tête et instantanément paralysé des deux jambes. On avançait sur ces chars allemands. Le plus gros auquel je me suis attaqué ça s’appelait un Sherman. On s’est regardés et je suppose qu’on a tiré en premier et on l’a détruit. Il était, à peu près 1000 mètres de distance, ten hundred (dix cents n’existe pas en français) comme on disait à cette époque. C’est la distance que j’ai donné à mon artilleur. Et il l’a détruit et a dit, je l’ai eu, mon lieutenant. Et ce furent ses derniers mots parce qu’un canon antichar nous a eu quelques secondes après qu’il ait dit ça et notre char a pris feu. Je me suis débrouillé pour sortir par, par le haut de la tourelle. J’étais paralysé des deux jambes et un officier d’infanterie a bondi pour essayer de m’attraper. Il a fini par y arriver et m’a tiré de là et notre char s’est enflammé. On m’a tiré à reculons derrière le char et dans un fossé. Et j’ai été évacué par le…La dernière personne dans le régiment que j’ai vue c’était le médecin militaire, qui m’a dit au revoir, et qui m’a mis dans la catégorie «va mourir ». Ce qui voulait dire qu’on ne s’attendait pas à ce que je m’en sorte. Quoiqu’il en soit, je n’en suis pas mort, je suis monté dans une jeep, ai été évacué à Naples en jeep, dans un hôpital spécialisé dans le cerveau et la moelle épinière. Je me suis réveillé dans la salle des mourants et j’ai dit à l’infirmière, je ne vais pas mourir. Alors peu après un médecin militaire est venu et a dit, on me dit que vous n’allez pas mourir. J’ai répondu, c’est vrai. Il a dit, on va vous sortir de là. Parce qu’on en ramenait à la pelle de là-bas. Ce n’était pas un bon endroit où se trouver, alors on m’a mis dans une autre salle où je n’étais pas trop mal, je suppose. J’étais paralysé des deux jambes mais à part ça tout allait bien. Et finalement on m’a transporté dans un bateau hôpital et envoyé en Angleterre, où j’ai finalement pu recommencer à marcher. Mon artilleur avait été tué et j’ai vu qu’il était mort. Le deuxième chauffeur qui était dans la tourelle avec moi m’a poussé dehors parce que je ne pouvais pas bougé les jambes. Alors il m’a pris et m’a fait donné à l’officier d’infanterie qui m’a attrapé et m’a emmené dans le fossé. Mon chauffeur et le deuxième chauffeur se sont sortis d’affaire en utilisant la trappe d’évacuation que mon chauffeur avait au fond du char. Alors ils étaient déjà sains et saufs. Alors tout ce qu’on a perdu, bon, je dis tout ce qu’on a perdu, c’était un très bon artilleur.
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