Témoignages d'anciens combattants:
Ida Ferguson

Armée

  • Ida Ferguson, infirmière durant la Première Guerre mondiale et récipiendaire de la Croix de Guerre.

    Ida Ferguson, infirmière durant la Première Guerre mondiale et récipiendaire de la Croix de Guerre.
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Transcription

Infirmière de profession, madame Ferguson est née de parents britanniques et vivait avec eux et ses deux sœurs à Manitowaning, sur l’île Manitoulin, en Ontario.

De quitter sa famille et la sécurité de la maison afin de participer à une guerre redoutable démontre une force de caractère incalculable et une détermination héroïque. C’est exactement ce qu’elle a fait, et elle mérite toute notre reconnaissance. Voici comment elle se présente :

« En juin 1917, je me suis enrôlée dans l’armée en tant qu’infirmière au sein de l’unité de la New York Graduate Hospital. Le 29 juin, nous sommes montés à bord du SS Saratoga, et le jour suivant, alors que nous attendions à Tompkinsville, notre navire a été heurté par le bateau à vapeur Panama, qui arrivait de Cuba. Le pilot était allemand, et l’accident était intentionnel. Nous étions amarrés et c’était en plein jour.

Notre personnel était composé de plus de deux mille docteurs, infirmières et militaires. L’équipement médical et nos bagages personnels ont été détruits par l’eau qui s’est infiltrée à bord. Nous avons donc dû attendre jusqu’au mois d’août afin de recevoir du nouvel équipement et de pouvoir partir à bord du SS Finland.

Le dimanche 19 août, soit notre douzième jour en mer depuis notre départ de New York, nous avons reçu un message provenant de contre-torpilleurs britanniques nous informant de la position d’une flottille de sous-marins allemands. Notre convoi s’est regroupé, est passé au travers de la baie de Biscay, puis a réussi à continuer, non dérangé, jusqu’au 20 août à 8 h 15, alors qu’avec la terre à vue, une énorme bataille sous-marine a eu lieu, dans laquelle étaient impliqués tous les navires et les six contre-torpilleurs. Le Finland a lancé trente-huit obus et a été la cible de deux torpilles. Après une heure et quarante minutes, notre convoi s’est regroupé, et à 19 h 15, nous sommes arrivés à Saint-Nazaire, en France.

Le matin suivant, les infirmières sont parties en train, et les officiers et les hommes ont marché dix-huit kilomètres jusqu’à l’hôpital de la base no 8 à Savenay. Le 19 avril 1918, madame Cornwall, une autre infirmière, et moi avons quitté l’hôpital de la base no 8 pour le service au front au sein de l’équipe chirurgicale. Nous avons suivi la « Gipsy Division » au temps de sa gloire, à Amiens, Cantigny, Soissons, Château-Thierry, Saint-Michel, et l’Argonne. Pendant sept mois, nous avons vécu au travers de dangers et de difficultés inimaginables. Jour après jour, et nuit après nuit, nous voyagions dans des trains de camions. Nous n’avions à manger que de la galette dure, et de la viande en conserve. Nous couchions dans n’importe quel édifice qui était sur notre chemin, sur des bottes de foin, ou souvent même, dans des clairières et des bois. »

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