Témoignages d'anciens combattants:
Glenn Price

Armée

  • Certificat de service de Glenn Price, 1953.

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  • Certificat de réformé de Glenn Price, 1946.

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  • Livret de service de Glenn Price, 1944.

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  • Médailles de Glenn Price: Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Étoile France-Allemagne; Médaille de Guerre (1939-45).

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  • Broche du régiment Hastings et Prince Edward.

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"Nous avions pour tâche de chasser les Allemands de la forêt de Reichwald. Or ils avaient grimpé aux arbres et tiraient sur nos officiers avec des carabines de gros calibre."

Transcription

Ma mère Brittner Etta Hemridge, elle pensait que ses fils allaient être très loin outre-mer évidemment. Et on était deux et mon petit frère avait un an et demi de moins que moi. Alors il était trop jeune pour s’engager. Et puis je me suis engagé en 1944. Et j’ai fêté mon dix-huitième anniversaire sur le bateau qui nous emmenait outre-mer. Entre temps, j’avais trouvé du travail au Peterborough Examiner à Peterborough en Ontario, dans la typographie et j’aimais beaucoup ça et ils ont gardé mon poste, et quand je suis rentré, j’ai repris mon travail.

On ne pouvait pas porter nos godillots parce qu’il y avait des U-bootes, des bateaux allemands, des sous-marins dans le coin et le son que produisaient les godillots en fer sur le pont en fer était répercuté par le radar. Alors on devait y aller en chaussettes. Quand on est arrivé outre-mer, ils ont jeté les chaussettes, elles étaient tellement sales et ils nous en ont donné des toutes neuves.

Alors on a débarqué à Liverpool et puis il nous a fallu nous insérer dans un convoi et descendre dans le Sussex dans le sud de l’Angleterre. Et c’est là qu’on nous a mis et on a fait un peu d’entraînement là-bas et ensuite on est tout de suite partis en Europe, en Hollande. On a débarqué à Nimègue et on nous a envoyés comme remplaçants dans le Hastings and Prince Edward Regiment. Ils venaient de subir de très lourdes pertes en se battant contre les allemands en Hollande et ils avaient besoin de gens pour les remplacer.

Notre mission d’alors c’était de nettoyer la forêt de Reichwald de tous les allemands qui s’y trouvaient. Et ils étaient là-haut dans les arbres avec des fusils puissants, à tuer les officiers. Et c’était des tireurs d’élite. Et on est passé à travers la forêt avec des jeeps équipées de lance- flammes et on a lancé des flammes dans les arbres et ils sont descendus des arbres avec leurs chemises en feu, je vous le dis. C’était assez horrible, mais on les a délogés et on a pris des quantités de prisonniers et on devait les désarmer, leur prendre leurs pistolets et leurs fusils. Mais ils n’avaient pas de munitions de toute façon, leurs munitions étaient épuisées. Ils n’avaient plus de carburant pour leurs voitures, leurs chars et leurs jeeps. Ils étaient tous en stationnement. Tous les officiers avaient des grosses Mercedes qu’ils avaient volées à des hollandais très riches et ils n’avaient pas d’essence pour les faire marcher. Alors les officiers canadiens ont confisqués ces voitures et ils les ont utilisées jusqu’à ce que leurs supérieurs disent, plus d’essence pour ces voitures. J’en ai eu une pendant trois jours et je suis allé chercher de l’essence et ils me l’ont prise. Elles étaient réservées aux officiers.

Un grand nombre des gars avec qui je suis parti outre-mer ont été tués lors de cette bataille dans la forêt par ces tireurs d’élite dans les arbres. On n’a eu aucune pitié quand on les a faits descendre des arbres, je vous le dis. Alors on les a faits prisonniers et on les a gardés jusqu’après la fin de la guerre. Ca c’est une autre histoire. Et ensuite il a fallu les ramener en Allemagne en bateau. On les a emmenés de Nimègue jusqu’au port de Brême qui se trouve au nord près de la Norvège, sur la côte nord de l’Allemagne. Et il y avait 6 canadiens sur chaque bateau, 500 prisonniers, et ces prisonniers avaient tous des concertinas, des accordéons et des guitares, des gens très musiciens. Et on était six canadiens là dessus pour hisser le drapeau canadien tous les matins et le descendre chaque soir et pour surveiller ces prisonniers. Mais je ne sais pas ce qu’on aurait fait avec eux, on n’étaient que six. Mais quoiqu’il en soit, ils étaient aussi heureux que nous de voir la guerre se terminer parce qu’ils étaient tous du même âge que nous, tous des gamins vraiment. Mais ils ne nous ont causé aucun problème d’aucune sorte, je ne comprenait pas l’allemand et ils baragouinaient en anglais, mais on avait des conversations avec eux. Et c’était tous des jeunes gars sympas. Comme je le dis, ils étaient aussi contents que nous que la guerre se termine. Et on chantait avec eux aussi. Ils nous ont appris des chansons allemandes et on leur a appris des chansons canadiennes et c’était un moment intéressant. On a mis cinq jours pour remonter jusqu’à cet endroit en Allemagne.

Mais quand la guerre s’est terminée, il nous a fallu laver tous les véhicules pour un défilé en Hollande et peindre toutes les roues et mon travail à moi c’était de peindre en rouge tous les boulons sur les roues. Et il y a environ dix boulons par roue et j’ai dû faire la tournée des roues et peindre tous les boulons en rouge. Et c’était vraiment beau après que j’ai fini. Et ensuite il y a eu la parade en Hollande quelques jours après que les officiels aient annoncé la fin de guerre. Et bien-sûr, des multitudes de hollandais dans les rues et ils nous avaient donné des boites et des boites de barres chocolatées à distribuer aux enfants. Et c’était juste une sacrée fête, je vous le dis. Ca me donne les larmes aux yeux rien que d’y penser. On était tellement heureux.

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