Témoignages d'anciens combattants:
Philip Labelle

Armée

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"Aucun de nous n’a été blessé, finalement, mais nous sommes passés horriblement près de l’être."

Transcription

Nous sommes arrivés à un endroit en particulier où il fallait courir vers l’ennemi. Ma compagnie devait mener une attaque contre une position, à partir d’un ravin. Il y avait une petite colline qui montait vers une zone qui avait été occupée par des Allemands. Mon peloton était un peloton de réserve. Les deux autres pelotons de ma compagnie ont attaqué devant moi. J’ai monté à mesure qu’ils progressaient. Tout à coup, lorsque nous approchions derrière les deux pelotons avant, mon peloton s’est fait tirer dessus. Je suppose que les gens qui tiraient avec la mitrailleuse ont réalisé que j’étais le commandant, parce que je faisais des signes avec mes mains pour dire aux soldats de bouger à droite ou à gauche, peu importe – ils ont ouvert le feu sur moi. Ils ont été assez précis parce qu’ils ont touché ma bouteille d’eau qui était accrochée à mon sac à dos. J’ai pensé que j’étais blessé parce que l’eau de ma bouteille a imbibé mon dos. Le soldat qui était à côté de moi, à ma droite, a aussi été touché, à une poche qu’il portait à la ceinture. Il pensait être blessé aussi, mais la balle qui l’a frappé est entrée dans un petit nécessaire à stérilisation de l’eau, qui était dans une boîte en fer blanc, dans sa poche. Aucun de nous n’a été blessé, finalement, mais nous sommes passés horriblement près de l’être.

Pendant ce temps, alors que l’on remettait d’avoir été surpris de cette manière, un des blindés qui nous accompagnait a identifié la source des tirs, et a réduit au silence la mitrailleuse ennemie. À ce moment, j’ai fait prisonnier le personnel de la mitrailleuse. Il y avait trois soldats et le commandant responsable parlait un bel anglais. Je lui ai demandé pourquoi il avait ouvert le feu sur nous lorsqu’il a réalisé qu’il était cerné. Il m’a fait comprendre qu’il l’avait fait pour la même raison pour laquelle je l’attaquais; c’était son travail. Je ne pouvais rien répondre. Il avait tout à fait raison. En parlant avec lui, j’ai découvert qu’il avait été enseignant d’anglais. Voilà pourquoi il parlait si bien l’anglais. Ainsi, dès que nous eûmes dépassé la zone, j’ai fait escorter ces trois-là pour qu’ils soient remis aux gens derrière nous, et placés dans une prison pour prisonnier de guerre.

 

 

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