Témoignages d'anciens combattants:
Ross Baroni

Forces aériennes

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"Traverser la Manche était un gros morceau. Nous sentions que c’était toujours un gros morceau, parce que si Jerry était là avec son avion, son avion de combat, il chercherait à nous trouver tôt, avant, par exemple, que nous changions de route, et ainsi de suite"

Transcription

En janvier 1940, un ami et moi sommes allés nous enrôler dans les Forces armées. Je suis allé dans l’aviation, et j’avais tous les formulaires complétés. [On m’a dit de] retourner à la maison et d’attendre; ils allaient m’appeler. Mais ça n’est jamais arrivé. Pendant ce temps, mon ami et moi avions fait un pacte nous obligeant à faire la même chose, au moins advenant le cas où l’un partait, l’autre partirait aussi. Donc, Pat m’a dit, en mai 1940 : « Je vais m’enrôler. » J’ai accepté et j’ai dit : « Eh bien, je viens avec toi. » Et nous l’avons fait. Nous y sommes allés et nous nous sommes enrôlés dans l’armée.

On m’a mis dans la 1ère Brigade côtière [de l’artillerie canadienne d’Halifax], à la batterie la plus avancée dans le port. Après deux semaines exactement, j’ai reçu leur lettre. J’ai reçu une lettre de l’ARC [Aviation royale canadienne], qui disait que je devais les rencontrer et remplir les formulaires d’enrôlement pour l’ARC. Malheureusement, j’étais avec l’armée. J’ai pris la lettre que j’avais reçue de l’ARC pour la montrer au major du fort, et il m’a répondu simplement que la base n’était pas un centre de recrutement pour l’aviation. Ça m’a rendu encore plus déterminé à être transféré, si c’était possible.

Beaucoup de nuits ont passé quand nous étions sortis! Nous volions simplement de Montréal, jusqu’ici, jusqu’à Pembrooke peut-être, de l’autre côté de la rivière, et puis de retour au Québec. Les vos étaient de différentes longueurs, vous voyez. Plus d’une fois, le pilote disait : « Pour l’amour de Dieu, Baroni, prend le contrôle. » Ou bien je décidais moi-même où nous allions. L’autre gars était censé donner les indications, mais il n’était pas sur la bonne voie. Le pilote amenait finalement l’avion au-dessus du village, ou peu importe où on devait aller, avec pour résultat que son rapport disait à quel point ça avait bien été, parce que je faisais l’aller et le retour, la plupart du temps. La partie de la navigation – ça faisait mal, aussi, qu’elle y soit restée. Nous venions juste de nous marier, après que j’aie terminé mes études.

[Handley Page] Halifax*. Je pense qu’ils se ressemblaient tous – la plupart des nôtres se ressemblaient. Une fois que le souper était servi… on avait ce, ce genre de dernier repas quelquefois avant de décoller, pour que la nourriture puisse être digérée, c’était comme ça. Bien sûr, on avait nos rôles à jouer dans l’appareil, avant le décollage – vérifier la visée, vérifier ceci, cela… Et les artilleurs, ils vérifient leur équipement et tout ça et, en bref, ils se préparaient. Le décollage, bien sûr. Traverser la Manche était un gros morceau. Nous sentions que c’était toujours un gros morceau, parce que si Jerry** était là avec son avion, son avion de combat, il chercherait à nous trouver tôt, avant, par exemple, que nous changions de route, et ainsi de suite.

 

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