Témoignages d'anciens combattants:
Ivan Killam

Armée

  • Ivan Killam en uniforme, 1945.

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  • Bureau de poste, Oldeburg, Allemagne, mars 1946.

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  • Ivan Killam assis sur un pont à Sande, Allemagne, 1945.

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  • Livret de paye et de service d'Ivan Killam, 1944.

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  • Plaque d'identification d'Ivan Killam, 1944.

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"Mais, à ce moment-là, on nous appelait tous sous les drapeaux parce qu’on allait avoir 19 ans et ils vous donnaient votre avis d’incorporation. Mais nous nous sommes engagés, volontaires."

Transcription

Et bien, j’allais au lycée et notre remise des diplômes avait eu lieu le dernier jour de juin, en 1944, et la cérémonie, c’était un vendredi soir, et le lundi matin, on était à Fredericton dans le Nouveau Brunswick, nous nous sommes engagés dans l’armée. Mais, à ce moment-là, on nous appelait tous sous les drapeaux parce qu’on allait avoir 19 ans et ils vous donnaient votre avis d’incorporation. Mais nous nous sommes engagés, volontaires. Le jour de la Victoire en Europe, j’étais de garde à Aldershot en Angleterre. Quand ça, ça s’est terminé, bon, j’étais de garde, à York. Ils sont juste entrés et ont dit, la guerre est finie, donc j’étais de garde, ils m’ont laissé en faction. Et ce week-end là, on a eu un laissez-passer, tous ceux qui étaient de garde, pour aller à Brighton en Angleterre, dans le sud, sur la côte sud. Quand on est rentrés, c’était un week-end et juste après ça, on nous a envoyés dans un endroit appelé Leatherhead en Angleterre. C’est là que j’ai entendu parlé pour la première fois qu’on allait s’occuper de l’occupation. Nous n’avions pas assez de points, on était juste des gosses. On n’avait pas les points que les gens plus âgés qui avaient combattu avaient. Et on devait les remplacer et ils allaient rentrer chez eux, et on allait les remplacer dansl’armée d’occupation. Et on est partis par avion de Leatherhead, l’endroit que j’ai déjà mentionné, en, je dirais que c’était en mai ou le dernier jour de juin 1944, quand la guerre s’est arrêtée. Ils nous ont emmenés en avion. Il y avait 50 000 personnes. Et on y est allé en avion et en planeur, par unité de 25. Et on a atterri à Bruxelles en Belgique. Et on a formé un convoi et le jour suivant, avec un convoi qui était en rangs et qui apparemment nous attendait, et ça faisait 16 kilomètres de long je m’en souviens, c’est ce qu’ils nous ont dit. Et on est allé en Allemagne et en Hollande. On a rejoint un point de rassemblement en Hollande, à Amersfoort. Et on y a passé trois semaines à un mois et ensuite ce convoi est allé en Allemagne et on a pris leur place. Le premier endroit ou je suis arrivé était Heckelsburg, qui était dans l’arrière pays. Complètement dans l’arrière pays. Et on a remplacé les gars sur le canal et ils sont rentrés chez eux, ils sont repartis avec le convoi par lequel on était venus, ils sont rentrés au pays par étapes, ils sont retournés dans leurs casernes ou ailleurs. Et ensuite ils sont finalement arrivés en Angleterre et puis au pays, les forces de combat. Mais nous, on est resté là pendant un an et on a commencé à se replier en juin 1946. Mais on a remplacé les forces de combat, partout où elles se trouvaient. On nous y a envoyé pour faire la relève. Si quelqu’un était affecté sur le canal, là où il avait 800 000 prisonniers, pas loin d’un million, et les gars les ont forcé à traverser le canal et il y avait la ligne de partage. Et quelque soit l’endroit où ils se trouvaient, ils pouvaient monter la garde sur le canal, ils pouvaient être gardes sur le pont ou toute sorte de garde, la force de combat. Mais quand nous sommes arrivés cette nuit-là on nous a envoyés à la recherche de ce gars-ci et de ce gars-là pour leur dire de revenir, que le convoi partait dans une heure. Donc c’est ce qu’on m’avait dit et j’ai couru jusqu’à une grange près du canal et il y avait là un homme d’âge mûr, je dirais qu’il avait, oh dans les 45 ans. Je n’ai jamais su comment il s’appelait, il n’avait pas attendu son reste. Et en fait, le bonhomme pleurait. Il m’a dit, il dit, «Tu plaisantes ! » et j’ai dit, « Non, je ne plaisante pas » et j’ai ajouté, « Retourne à la cuisine » j’ai dit, « Ils t’attendent » Alors il a dit « D’accord ». Bon, il s’est mis à courir et je dis « Là, je vais prendre ton équipement ou prendre ton fusil, je payerai tout ça à mon retour au pays. » Il était tellement heureux de partir de cet endroit. Mais c’était un beau pays, oh oui, complètement au nord là-bas en Allemagne. Ouais. Il est rentré, et je suis resté à sa place à monter la garde. Et après ça c’était la routine. Bon, on montait la garde d’un côté, et ils étaient de l’autre côté. On n’en a pas vu 100 000, vous auriez pu en voir 15 ou 20 ou 25 mais dans cette partie de l’Allemagne, sur l’autre rive du Ederstausee canal, ils m’ont dit qu’il y avait 800 000 prisonniers. C’est là où il les mettaient tous. Comme ça ils pouvaient les surveiller, du canal. Ils ne pouvaient pas traverser à la nage, ils les auraient tués.
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