Témoignages d'anciens combattants:
David Chance

Forces aériennes

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"Le but de l’exercice était de ralentir le retrait des troupes hors de la Norvège vers le Front Ouest."

Transcription

Je me souviens qu’une fois, nous avons reçu cet ordre : deux des soldats de notre escadron devaient aller bombarder le Fjord d’Oslo, une section du Fjord d’Oslo. L’officier naval qui nous breffait nous a dit : « Il y a deux corvettes* là-bas, mais ne vous en faites pas. Ce n’est rien. » Nous nous sommes donc envolés à environ 1 000 pieds, je suppose. Assez bas. Nous avons traversé à environ 500 pieds, puis à 4 000 pieds. Mon navigateur-bombardier a dit : « Les corvettes sont ici, en bas. »  J’ai répondu : « Eh bien, ce que nous allons faire, nous allons plonger droit sur eux. C’est la façon la plus rapide, et passe directement au-dessus d’eux. » Nous avons donc plongé directement sur eux, et il y avait deux croiseurs de classe König qui nous ont envoyé des tirs, et ils nous ont heureusement manqués. C’était éblouissant, comme on peut se l’imaginer. Nous sommes passés directement au-dessus d’eux et avons largué nos mines un peu plus loin. C’était la période où les Allemands essayaient de sortir leurs troupes de la Norvège. Le but de l’exercice était de ralentir le retrait des troupes hors de la Norvège vers le Front Ouest.

Je n’ai fait seulement que deux ou trois opérations de jour. La première était ma première sortie, quand j’ai volé en tant que copilote. Lors de la première sortie, on accompagnait un pilote expérimenté. On ne prenait pas l’équipage. Seul le pilote y allait. C’était à un endroit appelé Villers-Bocage. C’était après le Jour-J, et on devait bombarder un village qui était une place forte, une place forte allemande. C’était… nous l’avons bombardé à 8 000 pieds, ce qui était très bas pour un bombardier. C’était assez excitant pour ma première sortie, mais c’était… il n’y avait pas de chasseurs cette nuit-là, ce jour-là au moins.

J’imagine que nous avions probablement une escorte, parce que ce n’était pas loin. Ce n’était pas loin de Caen. L’autre était Falaise, où on nous a dit que nous avions 10 minutes de vol entre là et la côte, et pour que ça soit exact, la vitesse devait être exacte, et tout le reste parce que les troupes canadiennes, qui étaient juste devant, étaient dans une carrière. La 3e Division [de l’infanterie canadienne], je pense, était dans la carrière. On nous a dit de ne pas bombarder la carrière. Mon navigateur avait une montre sur un poignet, une autre sur l’autre poignet et une troisième sur cette chose; c’était très heureusement un excellent navigateur. Le bombardier est arrivé et nous le regardions, et le bombardier a dit : « Ils bombardent la carrière. » Le navigateur a répondu : « Tu n’y es pas encore. Ne bombarde pas la carrière. » Nous ne l’avons donc pas fait, mais nous avons largué les bombes juste au bon moment et nous étions comme ça avec le responsable de l’escadron, un gars nommé Art Fetterman, qui était venu d’Ottawa.

Nous étions côte à côte. Nous nous faisions des signes de la main. Les artilleurs se faisaient des signes de la main. Nous avons bombardé exactement en même temps. Nous avons bombardé, je pense que nous avons bombardé trop avant la ligne de feu. Nous ne voyions rien. C’était rempli de poussière, vous savez. Quand nous sommes retournés. Nous avons pris toutes nos photos immédiatement parce que nous devions en prendre à chaque bombardement. Nous avons tous dû aller aux exercices de bombardement comme un genre de punition. J’ai vu le responsable de l’escadron et je lui ai dit : « Art, nous avons bombardé exactement au même moment et vous ne devez pas aller à l’exercice de bombardement ? » Il m’a répondu : « David, il y a une raison : je suis un responsable d’escadron et vous êtes un officier de vol. »

 

Entrevue avec David Chance - Projet d'histoire orale du AMCG

No d’accession MCG 20020121-160

Collection d’archives George Metcalf

© Musée canadien de la guerre

 

 

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