Témoignages d'anciens combattants:
Douglas Cooper

Marine

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Transcription

Je vivais à Oakville et j’avais un ami qui était environ un an plus vieux que moi, et plusieurs personnes pensaient que la formation militaire lui ferait beaucoup de bien. Ils l’ont donc plus ou moins convaincu de s’enrôler, et il a dit qu’il entrerait dans la marine.

Bien sûr, la première fois où il est revenu à la maison en permission, je l’ai regardé et j’ai vu en lui des changements, et je me suis dit : « Eh monsieur, ç’a l’air d’être une bonne vie pour moi. » Je suis donc allé à Toronto et je me suis enrôlé.

Sasebo, au Japon, oui, c’est là où on amarrait. Le port de Sasebo était tout en acier, et vide. Lorsqu’on amarrait, lorsqu’on traversait la passerelle, on pouvait entendre un son creux et, évidemment, nous étions curieux : nous avons découvert que, durant la guerre [la Deuxième Guerre mondiale], les Japonais avaient un équipage vivant dans ce débarcadère, ce débarcadère flottant. Quand un contre-torpilleur ou un navire arrivait pour avoir des minutions et de la nourriture, ou encore peut-être des réparations, l’équipage sortait du navire, et celui qui était dans le débarcadère embarquait. Ils changeaient l’équipage, et ils repartaient.

C’était impressionnant de voir des générations des familles vivant sur un bateau, et n’ayant jamais été sur la côte. Oui, bon sang, quand on entrait dans ces ports, on pouvait mille personnes alignées, vous savez, et on pouvait sentir l’odeur du port avant même de s’en approcher.

Eh bien, le travail du soutier*, je l’ai fait plusieurs fois, dans la salle des chaudières. On devait entretenir les feux. Il y avait des anneaux au travers du devant de la chaudière et nous devons mettre des terrils à l’intérieur et en sortir d’autres, les nettoyer et, selon la vitesse voulue, on mettait différentes grandeurs de terrils dans des anneaux. Il y avait de grands ventilateurs sur le côté des chaudières, pour amener le vent tiré du mouvement du navire. Par exemple, si on allait, disons à dix nœuds, il y avait alors du vent, et de grandes bouches d’air sur le pont amenaient le vent en bas, dans la salle des chaudières, qui était tout au bas du navire.

Il y avait un ventilateur qui distribuait le vent dans la salle des chaudières. Il fallait regarder dans la chaudière par le devant, voir le pétrole que l’on venait de mettre, puis mettre un nouveau terril et enflammer le pétrole, qui avait brulé. On ne pouvait pas voir le pétrole, parce qu’il s’enflammait dès qu’il sortait du vaporisateur. Donc, plus vite ils voulaient aller, plus large devait être le terril qu’il fallait mettre.

On travaillait deux heures, puis on avait une pause, puis quatre heures de travail. Une fois en pause, on allait dans un hamac. On m’a appelé un jour pour travailler parce qu’ils tiraient vers la côte. Ils avaient eu l’information que les Chinois traversaient cette partie du continent. Les Chinois embarquaient dans des trains et ils allaient les faire partir, et nous, nous étions silencieusement en attente quelque part dans une petite baie.

Et puis, il est trois heures du matin. Peut-être venais-tu juste de finir de travailler à minuit, vous savez, ou bien à deux heures, peu importe, ils faisaient sonner la sirène ou quelqu’un venait en silence et secouait tous les hamacs. Nous dormions dans des hamacs à cette époque. On secouait tous les hamacs et tout le monde se levait, puis on allait dans aux postes de bataille, et on amenait des munitions pendant quelques heures pendant qu’ils tiraient sur ces trains qui transportaient des troupes, etc.

À différents moments, nous restions peut-être trois ou quatre miles au large, mais ceux qui étaient sur le pont étaient assez proches pour écouter, et ils entendaient des choses. Ils pouvaient entrer rapidement en action. Parfois, ils allaient dans une baie qu’ils avaient explorée plus tôt et ils pouvaient bouger assez rapidement à bâbord ou à tribord, peu importe, puis ouvrir le feu. Ils commençaient avec des obus qui explosaient et illuminaient la côte, puis le reste d’entre eux faisaient feu sur les trains et sur ceux qui étaient autour.

 

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