Témoignages d'anciens combattants:
Ruby Boersma

Civil

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"Lorsque les lumières se sont éteintes, Margaret appelait sa mère en criant, et j’ai couru par la porte hors de la cabine. Je suis restée où j’étais et j’ai commencé à chercher les vestes de sauvetage, parce que j’ai pensé : « C’est une situation d’urgence, on en aura besoin. » "

Transcription

Lorsque les lumières se sont éteintes, Margaret appelait sa mère en criant, et j’ai couru par la porte hors de la cabine. Je suis restée où j’étais et j’ai commencé à chercher les vestes de sauvetage, parce que j’ai pensé : « C’est une situation d’urgence, on en aura besoin. » Juste après cela, Chrissy Horigan est entrée et elle a dit : « Ruby, es-tu là ? ». J’ai répondu : « Oui, je suis là. » Elle a dit : « Nous devons aller en haut tout de suite. Quelque chose ne tourne pas rond… Nos deux vestes et les deux autres seront sous l’autre lit. » Nous avons donc pris les quatre vestes de sauvetage, et nous avons commencé à monter. Nous les transportions tous les deux, et nous avons commencé à monter les escaliers après être sorties de la cabine, bien sûr, pour monter sur le pont du bateau.

Nous étions plusieurs étages plus bas, parce que c’était un assez large bateau pour passagers. Pendant que nous montions, je pouvais sentir une drôle d’odeur qui ressemblait à de l’essence. Et j’ai su, quand je suis arrivée à la dernière marche après être montée de la cabine vers le pont, que j’étais debout… que je marchais sur des gens. J’ai répété : « Je marche sur des gens. » Chrissy a répondu : « Ne t’en occupe pas. Continue d’avancer. Ce sont seulement des choses molles. Ne t’en occupe pas. » Puis, nous sommes arrivées sur le pont, et nous nous sommes dirigées vers notre bateau de sauvetage. En même temps, Chrissy s’est assurée que j’avais mis ma veste de sauvetage. Nous avons trouvé Margaret et lui avons mis sa veste. Chrissy avait la sienne. Nous ne pouvions pas voir Mme Calder. Puis, enfin, on se tenait sur le poste de notre bateau de sauvetage et Mme Calder était plus bas, sur le pont, et ils ne laissaient passer personne d’autre vers notre poste. Elle a dit ensuite : « Eh bien, ce sont ma fille et ma sœur, et la petite fille qui voyage avec moi. On doit aller les rejoindre. » Ils ont répondu : « Non, ils vont redescendre pour te rejoindre. » Nous avons donc dû quitter le poste de notre bateau de sauvetage, puis redescendre sur le pont principal.

Ç’a été une bénédiction déguisée, car les cordes du bateau de sauvetage sur lequel nous devions monter se sont brisées, et tout le monde a été projeté dans l’eau. Quelques-uns sont morts à cause de ça, soit parce qu’ils n’avaient pas leur veste de sauvetage, soit, vous savez, les circonstances. Ils ont fait descendre un autre bateau pour nous, et quand il descendait, il tombait en fait. Mais les cordes ne se sont pas brisées, et ont joué leur rôle. Pour descendre dans le bateau de sauvetage, nous devions attraper les cordes, les tenir et nous laisser glisser sur le bateau – ce que nous avons fait.

Il faisait froid et c’était un peu terrifiant quand on descendait. Ils essayaient de charger ces bateaux le plus rapidement possible. Je dois également souligner qu’il était, environ, après sept heures du soir, il faisait de plus en plus noir, ce qui était un autre problème, car les bateaux étaient éclairés autant qu’on le pouvait. Mais ce n’était pas la meilleure manière de descendre d’un bateau, je vous le dis.

 

 

 

 

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