Témoignages d'anciens combattants:
Cleve Conlon

Armée

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"On m’a ordonné de mener le régiment, cette journée-là, au sommet de la colline 195 et de la capturer, ce qui nous avons fait."

Transcription

On nous avait rapporté que c’était légèrement gardé, mais nous avons rencontré une forte opposition là-bas. C’était un lieu essentiel de l’écran antiblindé ennemi. Il devait être affaibli par l’artillerie, puis une division d’infanterie, quelques jours plus tard. Nous avons passé toute la journée devant les bois de Quesnay [en France] à être bombardés, à nous faire tirer dessus par des tirs antiblindés. Nombre de nos hommes ont été tués là-bas

Nous avons combattu là tout l’après-midi et la soirée. Nous y avons passé la nuit, après avoir mis les blindés en position défensive. L’escadron no 1 [Garde à pied du Gouverneur général] passa à l’action ce matin-là avec 21 blindés, et quand la nuit est tombée, il lui en restait sept. Les escadrons n° 2 et 3 ont perdu 15 blindés ensemble. Ainsi, on pouvait estimer que nous avions quarante blindés, que nous en avions perdu environ 15, ce qui signifiait qu’il nous en restait environ vingt-cinq – un escadron de bonne taille.

Nous avons appris plus tard qu’un officier du renseignement, qui était allé du Point A au Point B dans cette zone particulière, avait été fait prisonnier alors qu’il portait une carte indiquant précisément en quoi consistait le plan d’attaque et quel était son but. Voilà pourquoi ils étaient si lourdement armés et si prêts à nous détruire. Le matin suivant, on nous a dit que le Régiment de la Colombie-Britannique [(celui du Duc de Connaught)] avait été complètement décimé. Les seules personnes qui restaient étaient trois hommes avec leur blindé, qui avaient été laissé en-dehors de l’action, et on les appelait les LOB, left out of battle, « laissés hors de la bataille ».

Nous avons eu une réunion du groupe des ordres, et on nous a également dit que le Régiment de la Colombie-Britannique avait attaqué la colline 195 [au nord de Falaise, en France], mais qu’ils avaient perdu un bon nombre de blindés. Ils n’étaient pas certains s’ils avaient atteint le haut de la colline ou non. L’infanterie était au bas de la colline, avançant vers le sommet, et elle se trouvait sous un feu très nourri.

On m’a ordonné de mener le régiment, cette journée-là, au sommet de la colline 195 et de la capturer, ce qui nous avons fait. Il fallait rouler environ un mile et demi ou deux miles, je suppose, pour nous sortir de là, en face des bois de Quesnay, pour nous mettre en formation, pour retraverser Grainville-Langannerie [en France] et pour grimper au sommet de la colline 195.

 

Entrevue avec Cleve Conlon - Projet d'histoire orale du AMCG

No d’accession MCG 20020121-280

Collection d’archives George Metcalf

© Musée canadien de la guerre

 

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