Témoignages d'anciens combattants:
Margaret Teresa MacDonald (née Houston)

Forces aériennes

  • Margaret MacDonald
  • Margaret MacDonald
  • Margaret MacDonald
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Les quatre années et demie suivantes m’ont fait passer par différents postes qui, sans être prestigieux, étaient certainement intéressants, pleins de défis et satisfaisants."

Transcription

J’ai joint la Division féminine de l’Aviation royale canadienne en spécifiant que j’avais choisi d’être un agent d’opération. J’avais anticipé que c’était là où l’action se déroulait. Ça en est resté là, car ils m’ont dit que j’allais être dans l’administration. Au revoir l’excitation, au revoir le prestige, bonjour le médiocre et le lassant. J’avais tellement tort.

Les quatre années et demie suivantes m’ont fait passer par différents postes qui, sans être prestigieux, étaient certainement intéressants, pleins de défis et satisfaisants. Le poste que j’ai occupé le plus longtemps a duré neuf mois, à la base de l’Aviation royale à Mont-Joli. C’était au Québec. Je travaillais comme assistante à l’adjudant et instructrice du personnel administratif de l’armée de l’air. Cela demandait que j’enseigne le manuel de l’armée de l’air à une classe d’environ 90 artilleurs recrues. Ces soldats faisaient partie du Plan d’entraînement de l’aviation du Commonwealth britannique. Cela incluait des soldats de la Grande-Bretagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Il y avait aussi des aviateurs polonais de l’Aviation royale britannique. Pouvez-vous imaginer à quel point ces messieurs étaient intéressés à ces règles et règlements arides?

Un souvenir précieux de cet emploi particulier est le temps où j’ai organisé notre Division féminine pour améliorer le sort des enfants de l’Angleterre touchée par la guerre. Elles ont été simplement géniales. Elles ont répondu à l’appel en fabriquant des vêtements de poupée et en ramassant des jouets, qui ont été donnés pour distribution à la Croix Rouge. Elles ont fait cela avec tant de joie et de générosité.

Plus tard, j’ai été transférée à une division de services spéciaux qui a été formée pour prendre soin du bien-être de nos soldats. Ce transfert m’a permis de mettre en application la formation que j’avais dans ma vie civile, le travail social. Nous prenions part à des missions de compassion, à des rapatriements et, où c’était approprié, à des interventions d’agence de service aux civils locaux lorsque demandé. Parfois, la Caisse de bienfaisance de l’Aviation royale canadienne était contactée pour une assistance financière, et le fardeau de stress de nos collègues masculins et féminins était amoindri.

Lors que les fiancées britanniques des soldats de l’Aviation royale canadienne sont arrivées au Canada, nous les avons rencontrées au port de Halifax ou de Montréal. J’ai eu le privilège de les accueillir et, en tant qu’officier responsable, de les escorter à travers le Canada. Nous les déposions graduellement à différents arrêts sur la route. Pouvez-vous imaginer une femme de Londres portant un enfant qui descend à une gare de Medicine Hat, en Alberta, où elle est présentée à une belle-famille qu’elle n’a jamais rencontrée? C’est tout un voyage pour ces dames de traverser l’océan en évitant les torpilles, puis de voyager longuement et inconfortablement en train pour rencontrer la belle-famille. Bienvenue au Canada!

Cette histoire n’est qu’une partie minuscule de l’ensemble du portrait. J’imagine que je ne suis pas la seule. Plusieurs autres collègues ont passé leurs années de service dans des postes qui n’étaient pas annoncés d’avance.

Lorsque vint le temps de la cérémonie de gradation, j’ai été élue pour faire partie du programme. J’ai joint la présentation, donnant les ailes à l’officier responsable alors qu’il épinglait un tout nouvel insigne sur chaque nouveau gradé. Ce qui était si unique à propos de ça est le fait qu’une femme fasse partie de cette cérémonie très spéciale.

À Mont-Joli, j’ai rencontré un officier qui était originaire de Vancouver et à travers le – oh, il était fiancé quand je l’ai rencontré; il avait donc une petite amie qui l’attendait à l’ouest. Et, de toute manière, il a fini par la marier. Des années plus tard, alors que j’étais mariée et que j’avais des enfants, j’étais à Montréal et je me trouvais par hasard au coin de Peel et Sainte-Catherine, ce qui est considéré le centre du monde. Cet homme est venu me voir. Je l’ai remarqué, car il était habillé en uniforme d’été de la marine, avec un chapeau. À Montréal, vous savez, on ne s’habillait pas comme ça à Montréal, mais lui était de l’Ouest. Je l’ai regardé et il m’a regardée, et il a dit : « Peg? » Et j’ai dit :« Perky? » Il s’avère qu’il venait tout juste d’être transféré par La Baie. Il travaillait comme acheteur.

J’ai dit ensuite : « Tu dois venir à diner, et tu dois rencontrer mon mari. » Et voilà, nous avons été amis depuis. Mon mari et lui, sa femme et moi nous entendions à merveille, et nos enfants ont grandi ensemble et avaient une relation extraordinaire. J’étais là quand il est malheureusement mort, il y a quelques années; il avait demandé à me voir.

Je me souviens d’être allée au nord du Québec pour visiter une famille, parce que le garçon était outremer, et il s’inquiétait de sa mère. Je me souviens que c’était très, oh, ils avaient seulement un petit train qui allait où ils habitaient. Ils étaient impressionnés que l’Aviation royale se soit préoccupée assez de leurs employés pour envoyer quelqu’un pour être sûr que tout se passait bien, ou s’ils pouvaient apporter de l’aide. La Caisse de bienfaisance de l’ARC était merveilleuse, car, à de nombreuses occasions, quelqu’un avait besoin d’une aide vitale, et on était capable de leur donner l’argent qu’il fallait.

[End of recorded material at 00:07:07]

*La division féminine de l’Aviation royale du Canada a été créée pour appuyer l’armée de l’air dans les tâches administratives et d’entraînement, dont l’administration, les opérations téléphoniques et les travaux mécaniques.

**La Caisse de bienfaisance de l’Aviation royale canadienne a été créée après la Première Guerre mondiale pour veiller au bien-être de leurs membres actifs, leurs anciens membres et leurs familles.

 

 

Follow us