Témoignages d'anciens combattants:
Philip Sidney Irwin

Armée

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"Lorsque j’ai été assigné, on m’a déplacé d’une Division de batteries antiblindées à une formation du Premier Régiment antiblindé dans le Premier Corps. Ça m’a donné beaucoup d’opportunité d’être en contact avec des hauts gradés et d’être profondément au courant des déploiements généraux des troupes."

Transcription

Dans ma propre batterie, je me sentais bien. La plupart des gars avaient l’âge de mon père. C’était le temps de la Grande Dépression, qui a mis beaucoup de gens au chômage. Ils sont donc venus et se sont enrôlés. C’était de bons gars, et j’ai eu une bonne vie. C’était certainement différent à être dans le presbytère, mais j’étais habitué aux gens et à tous les problèmes qui vont avec la vie paroissiale et ce genre de choses. Je me sentais simplement comme à la maison.

Nous sommes sortis en navire d’Halifax le 19 décembre 1939. J’ai passé Noël en mer. J’étais un assistant du superviseur de cantine dans la cantine avant du Transport E10 de Sa Majesté. J’étais donc très heureux dans cet emploi parce que j’avais la première part de toute la nourriture, mais aussi la dernière part de toute la nourriture et la boisson. J’ai beaucoup appris. Je ne savais rien de rien à cette époque. On m’a donné une bande. Nous avons accosté en Angleterre et en Écosse, le 30 décembre, puis nous sommes descendus vers Aldershot pour un camp dans le centre d’Aldershot. Nous avons emménagé dans un ancien baraquement qui logeait environ 50 gars par pièce. Nous avons pratiqué notre [?] jusqu’au retrait. Nous sommes allés en ville pour le Jour de l’An et nous sommes tombés sur un black-out. Nous n’avions jamais vu de black-out auparavant. Avez-vous déjà vu un blackout ?

Nous avons retrouvé notre chemin jusqu’à la maison et nous avons passé du bon temps. Nous sommes allés à un spectacle que nous avions vu deux semaines auparavant, mais c’était correct. Lorsque j’ai été assigné, on m’a déplacé d’une Division de batteries antiblindées à une formation du Premier Régiment antiblindé dans le Premier Corps. Ça m’a donné beaucoup d’opportunité d’être en contact avec des hauts gradés et d’être profondément au courant des déploiements généraux des troupes. Quand nous sommes sortis, en novembre 1942, 1943, en Afrique du Nord, c’était une mise en scène. Nous sommes restés environ un mois, en Afrique du Nord, dans un endroit appelé Bayda, simplement pour s’acclimater et s’entraîner davantage. Nous avons été ensuite déplacés de l’Algérie vers la Sicile, à Cantania, et nous y avons emménagé. J’ai été envoyé en avant avec deux autres pour acquérir de l’expérience de combat avec le Régiment antiblindé de Perth, la vieille batterie avec laquelle nous avons traversé la mer en longeant la côte est de la Sicile jusqu’à Messine. Après avoir passé Noël à Messine, nous nous sommes embarqués vers l’Italie et nous avons fait notre chemin jusque près de Bari, dans un endroit appelé Altamura. Trois d’entre nous ont été envoyés à Ortona et y ont eu deux semaines d’expérience de bataille. Ils sont revenus dans le régiment et ils ont accompagné le déplacement de notre batterie vers un endroit appelé […], tout juste hors de Benevento.

Nous étions préparés pour attaquer Cassino, en mai, le 23 mai 1944, et nous avons combattu à travers la Valée de Liri. J’ai été promu capitaine à ce moment, et j’ai joint la 113e batterie en tant que capitaine, mais seulement pour un moment. Puis, j’ai été assigné à l’École du personnel au quartier général du Corps du nord avec [Teddy Lesley], au bureau de l’information, au bureau des renseignements de l’Artillerie royale canadienne. J’ai passé environ un mois là-bas, bien moins de deux mois. Je suis revenu à ma batterie, la 15e batterie, et j’ai pris en charge mes anciennes troupes, celles avec lesquelles je m’étais entraîné et j’avais voyagé au début de la Ligne gothique. J’ai été de nouveau rappelé au quartier général du corps, où j’ai été un aide de camp du brigadier Plow, qui était le commandant du Corps de l’Artillerie royale, dans la 1re division [du 51e] Corps. J’ai été son successeur quand il a été promu à la tête de l’Artillerie dans l’Armée canadienne. J’ai voyagé là-bas avec un nouveau gars jusqu’à Ravenna, et après Ravenna j’ai rejoint Johnson, le 4e brigadier Johnson, promu des 48es Highlanders. Il m’avait entraîné dans l’action chaque fois où nous […]. Nous étions en antiblindé autopropulsé à ce moment. C’était tout nouveau dans l’Armée canadienne. Nous étions bons avec ce nouvel équipement.

J’ai dû prendre une partie de ses soldats en traversant les marais de Comacchio. Nous avons fait ça pendant une brève période d’environ dix jours. Le maire local de [San Alberto] et les marais de Comacchio étaient en fait un tas de partisans civils dans les marais. Ils chassaient les ennemis hors du marais. Le Corps a été déplacé au nord-ouest de l’Europe à la fin de février et de mars. Ils ont mis nos véhicules à roues en route de Marseille à Courtrai, en Belgique. Puis, nous sommes allés à Nijmegento, à la 2e bataille d’Arnhem, et nous sommes revenus [à Appledorn]. La fin de la guerre est arrivée et nous sommes rentrés à la maison.

Je ne me suis jamais senti seul. J’ai rencontré la femme de laquelle je suis tombé amoureux en 1939, et nous sommes restés en contact. Je l’ai même demandée en mariage par courrier, environ à la moitié de la guerre. Je suis revenu à la maison et je me suis marié avec elle un mois après être revenu à la maison, en 1945. J’avais 55 ans quand elle est morte d’une saloperie de cancer. Je me suis remarié quatre ou cinq ans après. C’est pas mal du tout.

* L’invasion de la Sicile s’est terminée en août et l’invasion de l’Italie a commencé en septembre.

 

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