Témoignages d'anciens combattants:
Joseph Wilmer Gagnon

Armée

  • Première page d'un projet de recherche mené par un musée local sur Joseph Wilmer Gagnon et le Corps forestier canadien pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Le text complet est disponible à la demande avec l'archive du Projet Mémoire.

    Joseph Wilmer Gagnon
  • Wilmer Gagnon et Danny Whiteduck en octobre 1943.

    Wilmer Joseph Gagnon
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  • Photo du Noël du régiment, Corps forestier canadien, Ecosse 1941. Wilmer Gagnon se trouve dans la rangée du fond, c'est le deuxième après les voltigeurs.

    Wilmer Joseph Gagnon
  • Wilmer Gagnon de garde après son arrivée en Ecosse, juillet 1941.

    Wilmer Joseph Gagnon
  • Wilmer Gagnon à la Légion de Cobourg. Le 18 juin 2011.

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  • Le 18 novembre 1942, le jour du mariage de Wilmer Gagnon.

    Wilmer Joseph Gagnon
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Écoutez ce témoignage

"Nous avons pris la Pole Route...Durant ces 16 jours, notre convoi a coulé deux sous-marins allemands...les nouvelles de propagande d’Allemagne, qui disait qu’ils avaient coulé nombre de navires et qu’il y avait un grand nombre de soldats canadiens perdus en mer. En fait, il n’y en avait aucun."

Transcription

J’étais à Maniwaki, et là-bas je me suis enrôlé, le 26 avril 1941. J’avais seulement 16 ans, mais je me suis donné quelques années de plus – 19. J’ai d’abord dit 18 ans, mais ils m’ont demandé si mes parents voulaient que j’y aille. J’ai répondu que je ne le savais pas, que je venais tout juste de me décider. L’officier a donc inscrit 19 ans [à la place]. J’ai dit que ça ne me dérangeait pas, tant que j’allais outre-mer!

Corps forestier, 19e Compagnie : c’est là qu’on m’a mis. À ce moment-là, nous étions le plus grand convoi à traverser. Ils nous ont dit qu’il y avait 49 navires, et nous étions beaucoup. Nous avons pris la Pole Route; nous devions donc passer 16 jours en mer. Durant ces 16 jours, notre convoi a coulé deux sous-marins allemands. Quand nous sommes entrés dans le port, il était quatre heures du matin en Écosse. Nous avons alors entendu les nouvelles de propagande d’Allemagne, qui disait qu’ils avaient coulé nombre de navires et qu’il y avait un grand nombre de soldats canadiens perdus en mer. En fait, il n’y en avait aucun. Ils avaient donné un nom au bateau sur lequel j’étais et à deux autres navires dont je pouvais voir le nom. Mon navire était le Britannic, un autre était appelé le Sterling Castle et un troisième a été nommé le Louis Pasteur. Il y en avait un autre dont je ne pouvais pas voir le nom. Nous avions deux gros vaisseaux de combat, le vaisseau de combat anglais [HMS] Repulse et le [HMS] Ramillies, et des contre-torpilleurs et des corvettes. Nous avions donc tout un convoi.

La Deuxième Guerre mondiale a créé une pénurie de bois d’œuvre pour le Royaume-Uni et les troupes des Alliés. D’elle-même, le Royaume-Uni pouvait fournir seulement 44 % du bois nécessaire à l’effort de guerre en plus des besoins des civils. On a été estimé que chaque soldat avait besoin de l’équivalent de cinq arbres – vous pouvez donc vous imaginez, nous étions plus d’un million – pour les baraquements, les missions et les loisirs, pour des caisses contenant la nourriture, les munitions, les contenants, etc., les explosifs, le matériel entreposé, les produits manufacturés pour le soutenir lorsqu’il combattait sur le front, directement ou indirectement.

 

Le lieu principal d’opération était les Highlands, en Écosse. La plus grande partie du camp du Corps forestier canadien était construite à partir de rien et le personnel construisait des baraquements, des routes, des ponts et mettait en place des centrales et des scieries. Ç’a pris en moyenne 97 jours de leur arrivée sur le site au début des opérations de foresterie. Nous avons été mis au travail le lendemain. La première tâche, pour moi et pour quelques autres, était de creuser une tranchée. Nous nous sommes donc rendus, en partant de notre cabane à l’intérieur du camp, où ils avaient creusé un puits sur le côté d’une colline. Le puits était simplement un gros trou creusé avec un bulldozer, et ils avaient placé le tuyau sur le sol. Nous devions donc creuser une tranchée et placer les conduites d’eau sous terre, car elles allaient geler durant l’hiver. C’était tellement humide et boueux que nous avons construit un trottoir de la cabane à la cuisine, et c’était fait d’un bout à l’autre avec des planches que nous obtenions d’un autre moulin. Chaque fois qu’il pleuvait, ça devenait tellement glissant que les gars tombaient et se blessaient. Quand ils ont vu ça, ils ont apporté des camions et des camions de bran de scie. Ils en ont mis environ 2 pieds d’épais partout dans le camp pour que nous ne calions ou ne trébuchions pas dans la boue.

Quand nous sommes arrivés, la première fois, dans nos cabanes, durant la nuit, j’étais à la ligne 41. Les lignes 41 et 42 étaient la hauteur des bombardements allemands. Ce que les Allemands faisaient était qu’ils partaient de Norvège et volaient juste au-dessus de l’Écosse pour bombarder ses parties nord et sud jusqu’à la frontière anglaise, vous voyez, et d’autres avions remontaient dans l’autre direction, du sud de l’Angleterre en montant. Nous pouvions les entendre toutes les nuits. Bien sûr, nous avions des lampes dans notre cabane, mais il ne fallait jamais montrer une lumière, et c’est pourquoi, quand on voyait une cabane, il n’y avait pas de fenêtres. Il n’y avait rien, juste une petite bouche de ventilation à chaque bout. Ce que nous avions l’habitude de faire était d’éteindre les lumières parce que les avions sonnaient trop bas, vous savez. Ils faisaient un grognement aigu, puis grave. Nous sortions donc pour regarder, mais nous ne pouvions jamais les voir.

Nous avons commencé à travailler; parfois, j’étais dans les bois à couper des arbres, et quand on avait commencé à faire ça, nous continuions à travailler. Parfois, j’allais charger les camions, parfois, je faisais autre chose – je travaillais peut-être une journée dans les cuisines, ou une autre journée j’épluchais des pommes de terre, etc. J’ai aussi pris des tours de garde durant la nuit, et, bien sûr, quand nous faisons des tours de garde de nuit, nous devions dormir durant la journée, parce que nous alternions travail et repos à toutes les deux heures, et nous n’avions pas beaucoup dormi durant la nuit. Quand nous sommes arrivés, la première fois, il y avait des gens qui comptaient combien de fois il avait plu : il avait plu 108 jours consécutifs.

 

 

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