Témoignages d'anciens combattants:
Mark “Lewis” MacDonald

Armée

  • Les 4 frères MacDonald: Mark (en haut à gauche), Alwin (en haut à droite), Leonard (en bas à gauche), Windsor (en bas à droite, il n'avait que 16 ans sur cette photo), à Boscom, Grande-Bretagne, 1943. Ils appartenaient tous au régiment North Shore, excepté Leonard qui faisait partie du corps des ingénieurs.

    Mark MacDonald
  • Photo de plaque prise en France par Windsor MacDonald, frère de Mark, en 2009.

    Windsor MacDonald
  • Image du lieu où Windsor MacDonald, frère de Mark, a dû escalader le mur, en France. Il a dû si reprendre à deux fois car il avait laissé tomber son fusil.

    Windsor MacDonald
  • "Service de la Force Canadienne Active": document envoyé à la maison par Alwin MacDonald, frère de Mark, depuis la Grande-Bretagne. Alwin est mort à l'étranger pendant la guerre.

    Mark MacDonald
  • Médailles de Mark MacDonald (de gauche à droite): 1939-45 Star; France and Germany Star; Médaille de la défense; Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Médaille de guerre (1939-45).

    Mark MacDonald
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Transcription

La première chose, le premier matin on était sur le bateau, et ils nous ont donné de ce gros poisson fumé pour le petit-déjeuner, que je n’avais jamais goûté avant. (rires) Alors je n’ai pas tellement aimé. Et puis c’était devenu un peu dur et deux fois, ils nous ont fait savoir qu’il y avait des problèmes dans le coin et qu’on était prévenus. Mais ça a été un voyage agréable. Un nombre impressionnant de gens tombaient malades. Terrible, terrible. On était tous dans des hamacs, en bas dans des petits hamacs et je ne me suis jamais senti mal mais j’ai essayé d’en sortir– terrible. Et pour certains d’entre eux, il a fallu les mettre à l’hôpital dans les bateaux, vous savez, ils étaient tellement malades. C’était très dur. Et puis on avait un chien avec nous qu’on avait fait monter discrètement et on devait le cacher. Il s’appelait Jiggs. Et il est parti outre-mer avec nous et le petit chien, il ne s’est jamais battu avec quiconque quand on était ici, et tous les chiens là-bas, il se bagarrait avec eux. Et il n’avait pas de dents, il devait se faire sa place avec eux. C’était l’une des petites mascottes qu’on avait. Mais ça a été difficile de le cacher pendant le voyage. Mais nos officiers savaient qu’il était là, la plupart d’entre eux. Mais, quand ils ont découvert qu’il était sur la liste de contrôle – mais on l’avait caché. Ouais. Quand on, quand on est allé attendre, on attendait pour rentrer, et puis quand on est entrés, on avait nos bateaux, j’avais un camion, je conduisais un camion, et on les avait rendus imperméables à l’eau. On les avait rendus imperméables deux mois environ avant de venir. Et on était aussi descendus en Ecosse, à Edinbourg et on était en Ecosse, à suivre un entraînement. Et on avait dû les rendre tous imperméables à l’eau et on devait avoir les pots d’échappement au dessus de l’eau. Bon, quand j’ai débarqué, j’avais de l’eau jusqu’ici à la poitrine. Et puis cette nuit-là, les allemands sont arrivés, ils avaient combattu de jour. On n’avait pas de chasseurs de nuit à ce moment-là et les allemands viennent et ils allument tout, le ciel était tout illuminé et comme en plein jour, ce n’était pas un moment très agréable, je vous le dis. (rires) Mais j’avais mes trois frères avec moi, deux frères dans le North Shore [régiment du Nouveau Brunswick] avec moi dans le même régiment. Je ne sais pas combien de temps on avait passé là quand mon frère, Al, s’est fait tué. Il était le chauffeur/ordonnance du responsable de la paie. Je suppose que j’avais, je n’étais pas très loin et il y a un obus qui est tombé et qui a tué mon frère. On était à Boscham en Angleterre, et mon frère, Léonard, qui était dans le génie, mais nous les trois autres garçons, Al, moi et Windsor, on était dans le North Shore. Il est monté nous rendre visite en permission. Et pendant qu’il était là, mon frère Al, qui s’est fait tué, il a dit, prenons une photo et on l’enverra à la maison à notre mère, parce qu’on risque de ne plus jamais être ensemble à nouveau. Et on n’a plus jamais été ensemble. Il a été tué, vous voyez, alors on n’a jamais, tous les quatre on n’a jamais été ensemble à nouveau. Ils ne se sont pas rendus mais ils ont cessé le feu. Et ensuite la fin de la guerre a été déclarée. Je crois que le moment le plus heureux de ma vie c’était, je crois quand j’allais rentrer chez moi au Canada. J’allais revoir ma mère et mon père, et tous les gens de chez moi, que je n’étais même pas sûr de revoir un jour. Mais c’était un jour heureux pour nous et ne plus porter de casques, plus de masques. C’était un jour très heureux pour moi, l’un des plus heureux.
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