Témoignages d'anciens combattants:
Wilfred John Pound

  • Photographie de Wilfred J. Pound en uniforme. Photo prise a Lindsay, Ontario, en 1939.

    Wilfred J. Pound
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"Nous étions donc sur une colline, et j’ai entendu ce bourdonnement, et il a dit que les avions devaient arriver sous peu, que c’était les avions qui arrivaient. Ils sont passés au-dessus de nos têtes – 400 avions environ, 20 000 tonnes de bombes, et ils les ont larguées sur Caen. "

Transcription

Lorsque la guerre a été déclarée, en septembre, nous y sommes allés en août, le 26, ou en septembre, je ne me souviens plus de la date. Nous nous sommes tous enrôlés, nous étions en service et on nous a donné nos numéros. J’avais des amis proches avec moi, nous étions quatre et nous voulions tous y aller ensemble. Il a dit : « Eh bien, les Cameron Highlanders d’Ottawa veulent des chauffeurs de camion et nous pouvons vous y envoyer. Si vous voulez faire ça, nous vous ferons partir demain et vous serez envoyé en Écosse pour l’entraînement, et ils seront avec toi. Mais ne dites rien quand vous sortirez d’ici. » Je n’ai rien dit et, comme promis, ils m’ont accompagné, et nous étions toujours tous ensemble.

Nous sommes allés au Jour-J. Toute la journée, nous passions et repassions les procédures pour embarquer et débarquer, puis nous revenons au port, au quai, à nouveau. Lorsqu’est arrivé le 6 juin, ils ont dit que ni nous n’y allions pas maintenant – c’est Mr Eisenhower qui le disait – il a dit que si nous n’y allions pas maintenant, nous ne pourrions jamais y aller.

En traversant, c’était tout simplement terrible, la tempête était terrible. Comme nous allions vers la France, ces bateaux étaient secoués en tous sens. Ils ont emmené ce qu’ils appelaient une Rhino (une barge Rhino) arrondie à l’avant du bâtiment de débarquement de chars sur lequel nous voguions, et notre camion était à l’intérieur. On attendait notre tour et on descendait la rampe, dans la Rhino. Je suis embarqué dans mon camion, et, dans ce camion, j’avais un homme à l’arrière et un homme à l’avant avec moi. Comme je descendais la rampe pour descendre dans la Rhino, et puis ils nous mènent le plus loin possible et nous déposent où ils pensent que l’eau est assez basse. Ils m’ont donc laissé là, et j’avais environ 75 pieds à parcourir avant d’atteindre la plage, avec du sable, du sable sec. Tout le long du chemin dans l’eau, je savais qu’il y avait un problème en dessous. Mon assistance au freinage était prise où était le crochet de la Rhino. Je suis arrivé au coin sec sur la plage, et on tirait tout autour de nous, il y avait des corps partout, et j’ai rampé pour voir quel était le problème et j’ai fait de mon mieux pour rabouter le tout, pour sortir de la plage. J’ai dit aux gars quand j’étais en dessous d’atteindre le train principal et d’y rester. Quand j’ai eu fini, j’ai dit que j’allais sortir et j’ai rampé d’en dessous et je les ai aidés à s’installer dans le camion de nouveau. J’allais continuer sans l’assistance au freinage. Nous avons progressé plus loin sur la côte et, heureusement, nous n’avons pas été touchés.

La nuit avant qu’ils aillent à Caen, un officier est venu me voir et m’a demandé si j’étais occupé, si j’avais quelque chose à faire, si je devais sortir, cette nuit-là, et je lui ai répondu qu’en effet, j’allais sortir. Il m’a dit « Eh bien, vous pourriez venir avec moi et être mon chauffeur. » J’ai répondu oui. Je suis parti avec lui; je n’avais aucune idée où il allait. Nous sommes allés sur les collines de Caen, sur la plus haute colline que nous pouvions trouver. Il regardait directement Caen d’en haut, et quand nous étions là-haut, nous pouvions voir les bâtiments et il cherchait – il cherchait ses emplacements d’artillerie. Nous étions donc sur une colline, et j’ai entendu ce bourdonnement, et il a dit que les avions devaient arriver sous peu, que c’était les avions qui arrivaient. Ils sont passés au-dessus de nos têtes – 400 avions environ, 20 000 tonnes de bombes, et ils les ont larguées sur Caen. C’était l’enfer, complètement l’enfer.

 

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