Témoignages d'anciens combattants:
Kenneth Douglas “"Ken"” Buller

Armée

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"Je pense que la plupart d’entre nous ont accepté qu’il y avait… que pendant la guerre, on faisait ce que l’on fait en guerre, et quand on revenait à la maison, on retournait à une vie paisible."

Transcription

Mon nom est Kenneth Douglas Butler. J’ai rejoint la malice active non permanente quand j’étais à l’école secondaire avec mon frère. Nous appartenions à ce qu’on pourrait appeler « les soldats du samedi soir ». Nous en avons fait partie probablement depuis que j’avais 16 ans, peut-être.

Pendant la guerre, je suis passé de sergent dans la milice active non permanente, dont nous avons déjà parlé, au service actif, et cela me qualifiait à être promu et à suivre l’entraînement des officiers. En novembre 1942, je me suis enrôlé dans le service actif et je suis allé à London, en Ontario, pour m’enrôler dans l’armée. De là, nous sommes allés à Trois-Rivières, au Québec, pour suivre l’entraînement des officiers.

C’est vraiment difficile quand on est sur la ligne de front – par exempt, j’avais un ami de ma ville natale, et lui et moi étions officiers juniors. Un jour, je suis parti pour la journée, et quand je suis revenu, mon capitaine m’a dit qu’un de mes amis, qui était officier junior comme moi, avait été tué durant l’après-midi. C’était mon premier ami qui avait été tué. Et c’était horriblement difficile à accepter.

Sur la ligne de front, tout se résume à se faire dire qu’il fallait avancer, ou bien qu’il fallait garder notre position. De nombreuses fois, on restait sur place et on patrouillait. Comme en Italie, après qu’ils aient pris Ortona – les bataillons ouest ont pris Ortona après une terrible bataille –, le reste des troupes comme nous-mêmes étaient à l’ouest de ça, et nous sommes simplement restés en ligne pour la grande partie de l’hiver; en novembre, décembre, janvier et février, nous n’avons pas bougé. Et tout ce que nous faisions, chaque jour, était des patrouilles envoyés éclairer le territoire devant et vérifier si les Jerry venaient de notre côté de la ligne de front. Et ils faisaient la même chose que nous. On restait simplement sur place – et il y avait très peu d’action sur la ligne de front.

Il y avait des bombardements – nous étions très pointilleux à propos des gens qui venaient sur la ligne de front avec des motocyclettes et d'autres véhicules, car les routes étaient sales et ils produisaient de la poussière quand on leur roulait dessus, et dès qu’il y avait de la poussière, ils [les Allemands] savaient qu’il y avait quelqu’un sur la route, et donc qu’il devait y avoir des soldats, et ils bombardaient cette route. Eh bien, le motocycliste, il devait sortir de là tandis que nous attendions là et encaissions le bombardement.

Nous étions dans un endroit appelé Rimini [en Italie], près de l’aéroport; nous avions passé au travers du village et nous étions sur une ferme. Nous étions dans une maison de ferme et les Allemands étaient dans une autre, et nous nous tirions dessus les uns les autres lorsque j’ai été blessé. Nous avons été sortis par une jeep avec notre propre groupe, et on nous a ramenés à un P.A.R, qui est un Poste d’Aide de Régiment. Il y avait un médecin que je connaissais là-bas, et il m’a attaché pour faire arrêter le saignement. De là, j’ai été envoyé à un hôpital général, un hôpital militaire.

Je n’ai jamais pu y retourner. On m’a seulement dit que je ne serais jamais de nouveau un soldat. Donc, depuis ce jour – j’avais 22 ans quand c’est arrivé. J’ai été envoyé à la maison sur un navire-hôpital. Je suis allé à Londres [en Angleterre] à l’hôpital-aéroport Kremlin[-Bicêtre]*, et, de là, j’ai été démobilisé, car je ne pouvais plus être un soldat. J’avais 23 ans quand j’ai été pensionné.

Je pense que la plupart d’entre nous ont accepté qu’il y avait… que pendant la guerre, on faisait ce que l’on fait en guerre, et quand on revenait à la maison, on retournait à une vie paisible. Bien sûr, je suis revenu à la maison pour trouver un fils et une épouse. Moins de trois ans plus tard, j’avais trois enfants.

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