Témoignages d'anciens combattants:
Jan Jansma

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Transcription

Mon nom est Jan Jansma. Je suis né dans un petit village appelé Norg, dans la province de Drenthe, aux Pays-Bas le 20 avril [1903?].

Quand les Canadiens avançaient à travers notre région, le 5 ou le 10 mai – j’ai toujours mélangé ces deux dates, car les Allemands ont commencé à arriver aux Pays-Bas soit le 5, soit le 10 mai, et la capitulation est arrivée aussi le 5 ou le 10 mai, et ces deux dates sont donc très rapprochées l’une de l’autre –, mais, de toute manière, ce jour-là, j’avais 10 ans et j’aidais mon père, qui s’occupait de la livraison de lait entre le village où nous vivions et le village voisin. Un de ses clients, à la fin du trajet, était la sœur de mon père, et c’était donc la maison de ma tante et de mon oncle. J’étais à l’extérieur et mon père était dans la maison, lorsque, soudainement, le quartier en entier s’est mis à crier « Les Canadiens arrivent, les Canadiens arrivent! »

Ce qu’il y avait dans cette colonne de véhicules était des autochenilles – un blindé avec des chenilles à l’arrière et des roues à l’avant; un camion blindé international couvert; et un porte-canon sur roues qui transportait un canon à l’arrière. Ils sont passés dans la rue et sont sortis du village, mais ne se sont pas arrêtés. Au moment où nous sommes revenus à la maison – il devait être 13h ou 14h –, j’étais de nouveau à dehors, et le même groupe de véhicules a fait une ronde dans la compagne. Ils sont venus juste devant la maison, alors que je me tenais près de la rue. C’était la deuxième fois que je voyais ce groupe. Je peux toujours les voir passer en fermant les yeux.

Une autre chose s’est passée avec ces soldats canadiens, là-bas. La ferme voisine, très près de chez nous, était où les soldats canadiens avaient leur garage, plus ou moins, parce que j’avais vu deux ou trois jeeps avoir leur moteur changé. C’était, pour un garçon de dix ans, vraiment quelque chose à voir.

Nous devons avoir eu six ou sept personnes parmi les soldats canadiens dans notre village. En fait, c’est vraiment dommage que nous n’ayons pas placé de calepin sur la table et demandé aux soldats d’inscrire leur nom, parce qu’en 1954, neuf ans environ après 1945 et 1946, nous étions nous-mêmes au Canada en tant qu’immigrants. Ç’aurait été absolument intéressant de rencontrer quelques-uns d’entre eux.

Nous étions aux Pays-Bas pour le 50e anniversaire – était-ce le 50e ou le 45e ? Nous étions à Apeldoorn, parce que c’était là où ma femme était née et avait grandi. Nous étions dans l’appartement de quelqu’un, et les Canadiens tenaient un défilé ce jour en particulier, lors de la commémoration. Ces gars-là, ils l’avaient organisé pour que le défilé dure environ une heure et demie, mais elle a finalement duré trois heures, parce que les soldats canadiens ont été embouteillés. Ils ne pouvaient plus marcher quatre hommes de large; ils étaient pêle-mêle. Tout le monde leur donnait toutes sortes de choses – ils leur ont donné une boîte de cigares, ils leur ont donné ceci, ils leur ont donné cela. Donc, au lieu d’un défilé bien organisé, c’était seulement un groupe de gens qui marchaient. Peut-être que c’était de cette manière qu’ils se cachaient les uns derrière les autres durant la guerre pour s’éloigner du danger. Maintenant, ils étaient simplement entourés de gens qui célébraient.

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