Témoignages d'anciens combattants:
Allan Michael MacDonald

Armée

  • Affiche montrant la formation des insignes, 1945.

    Michael Allan Macdonald
  • Michael Allan Macdonald, novembre 2009.

    Historica Canada
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"« Tous les Canadiens étaient regroupés d’un côté du bateau et les soldats allemands blessés à la poche de Falaise étaient massés de l’autre côté. »"

Transcription

Je me suis retrouvé dans le régiment royal du Canada, une unité de Toronto et ils manquaient de monde parce qu’ils avaient été pris dans la bataille de la crête de Verrières aux alentours de Caen, et ils avaient eu beaucoup de morts. Alors je suis allé avec eux et j’ai participé à la percée du 8 août 1944. C’était le front de la zone canadienne et la zone britannique était plutôt une impasse à cause de la force de l’armée allemande et de la puissance de leurs forces blindées. Alors il y a eu une percée le 8 août. Et ça a conduit au combat de la poche de Falaise et ainsi de suite. Et je suis resté avec le régiment jusqu’à ce que nous soyons arrivés à proximité de la Seine, dans une ville du nom de Elbeuf et les bois dans la boucle de la Seine. Les allemands avaient entrepris une action dilatoire et la 4ème brigade dont le régiment royal faisait partie s’est retrouvé sérieusement impliqué dans ce combat d’arrière garde avec l’armée allemande. Et on a avancé et reculé dans les bois là-bas pendant deux jours. Ensuite il y a eu une attaque le 29 août. Je n’ai pas tenu très longtemps là-bas, vous allez voir, je me suis levé et j’ai dit allons-y et j’étais blessé. Et je suis tombé. Et j’ai reçu une balle qui a traversé mon bras gauche et mon rein gauche et c’était très pénible. Alors on m’a mis un pansement de combat et ça a été la fin du combat, point final. Alors il était autour de midi, et alors au cours de cet après-midi-là, plusieurs des nôtres ont été tués, d’autres blessés, comme moi. Le régiment s’est retiré et les quelques uns d’entre nous qu’on a laissé là, sont restés seuls. Et tout au long de l’après-midi on a pu voir les troupes allemandes – la plupart des tirs étaient tirés par des mitrailleuses. Et vous pouviez les voir rire et danser et ils avaient organisé un bal. Quoiqu’il en soit, pour faire court, après que la nuit soit tombée, nous, deux d’entre nous, on est partis de cet endroit et retournés à l’arrière derrière l’endroit où on avait été. Et il faisait nuit à ce moment-là et on s’est déplacés vers l’arrière, très en arrière hors des bois, dans une clairière. Entre temps, on était une douzaine je crois appartenant à d’autres garnisons du même régiment. Et il y avait des morts par là et les responsables les avaient enveloppés dans leurs couvertures, ils étaient tous morts. Et il commençait à faire froid, alors on a pris les couvertures et on a passé la nuit là. On m’a opéré cette nuit-là, à 10 heures je crois, juste pour nettoyer ce qui était –un bon morceau de ma veste et de ma ceinture était entré dans le trou que j’avais sur le côté. Et il a fallu qu’ils le nettoient sans doute. Et c’était la première fois que j’ai pris du Pentothal et c’était fantastique. Je suis resté là juste une nuit je crois et ils nous ont mis sur une péniche de débarquement de chars et nous ont envoyés en Angleterre. Les canadiens étaient tous d’un côté du bateau et les soldats allemands blessés qui venaient de la poche de Falaise étaient tous de l’autre côté.
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