Témoignages d'anciens combattants:
Louis Pantaleo

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"Les Allemands étaient préparés à notre arrivée. Ils savaient où nous allions."

Transcription

Je souhaite qu’ils disent la vérité à ce sujet. Nous avons entendu des sous-entendus et je pense que ç’a été le tournant de la guerre. Les troupes ne savaient pas quoi… ils voyaient les mosaïques, mais ils n’ont pas vu le nom du village ou peu importe où c’était.

À Dieppe, nous étions censés partir un mois plus tôt. Nous connaissions tous le mot Dieppe, et puis ils nous ont envoyés en permission. Ça sonne comme s’ils avaient révélé le secret volontairement. Les Allemands étaient préparés à notre arrivée. Ils savaient où nous allions… ils savaient exactement où nous allions.

Nous étions sur deux bateaux – le Régiment royal était séparé sur deux bateaux. Les deux embarcations ont été bombardées par des sous-marins. Ils ont donc… mais les bombes ont explosé dans l’eau. Elles n’avaient pas d’armure. Les bombes sont donc arrivées d’un côté du bateau et sont passées de l’autre côté. Ensuite, elles ont explosé. Les Allemands utilisaient des bombes à retardement, et ça donnait une chance aux avions de s’enfuir et d’être hors de portée de l’explosion.

Quand je suis débarqué, je l’ai fait avec un fusil antiblindé. Je suis arrivé sur la plage et j’ai marché sur la plage, dans une position avantageuse pour faire feu avec mon fusil antiblindé. Mais je n’ai rien pu toucher. Les poteaux antidébarquement faisaient obstacle. J’ai donc dû me tenir debout et viser la casemate au sommet de la colline. J’ai tiré là-dessus… et, apparemment, j’ai causé quelques dommages au moral allemand.

Ç’a été une reddition générale et je faisais partie de la reddition générale. Quelqu’un, je ne sais de qui il s’agit, donna l’ordre de lever les mains et de se rendre. Nous l’avons fait. Nous sommes sortis de la plage. Je n’arrivais pas à en croire mes oreilles. Je n’arrivais pas à croire que nous allions nous rendre. Mais je me suis rendu avec les autres.

Tout cet entraînement… pour une demi-heure de combat. Non, c’était difficile à avaler.

La grande partie de notre vie en prison était dans la cellule 8B. C’était à… j’oublie le nom… 8B était un camp militaire, et nous étions dans ce camp. Nous avons été ligotés et enchaînés pendant une année complète. Nous ne pouvions donc pas travailler. Nous étions simplement au camp pendant un an, plus d’un an. Puis, ils nous ont envoyés travailler.

Lorsque nous étions enchaînés, nous nous levions à 6 heures et, à sept heures, nous [inintelligible 00 :03 :15] pour mettre nos chaînes. Puis, nous errions toute la journée. Puis, nous mangions de la soupe pour souper, et ils enlevaient ensuite nos chaînes. C’était tout, jour après jour.

Quelle vie merveilleuse. J’ai apprécié la camaraderie au sein de l’armée. C’était bien de savoir qu’il y avait plus de 900 hommes derrière soi. Si vous étiez [inintelligible 00 :03 :51] et que vous entriez en combat, il y avait quelqu’un pour prêter main-forte. La camaraderie et… c’était récurrent dans l’armée.

J’avais une montre de poche, et puis je me suis échappé et j’ai donné ma montre à un sergent, pour qu’il la garde si j’étais pris ou… après la guerre. Environ vingt-cinq ans plus tard, j’étais à une réunion [d’anciens participants de Dieppe] à Peterborough. Le sergent est venu me voir et m’a remis la montre. Il l’avait gardée toutes ces années, et elle avait fonctionné pendant ces 25 années. J’ai donc récupéré ma montre.

La camaraderie dans l’armée est une chose qu’on ne peut pas trouver ailleurs. C’est un sentiment merveilleux. Ça m’a donné une meilleure vision de la vie. Ça révèle le meilleur et la plus plaisante partie de soi. Ça motive à travailler fort et à offrir une meilleure vie à ses enfants.

 

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