Témoignages d'anciens combattants:
Olive May Peat (née Matthews)

Armée

  • Photographie en noir et blanc d'Olive Peat (née Matthews), à l'âge de 19 ans, en uniforme militaire, en 1942.

    Olive Peat
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"Pour plusieurs d’entre nous, ça nous épargnait de faire des ménages pour 5$ par mois. C’est la vérité. C’est ce que nous faisions. Nous travaillions pour 5$ par mois avec un après-midi de congé le mercredi"

Transcription

Je suis Olive Matthews, Olive May Matthews, Peat est mon nom de mariée. Je suis née à Emerson au Manitoba en 1923. Je crois que je me suis enrôlée parce que mes deux frères avaient été faits prisonniers de guerre à Hong Kong et que je n’avais pas eu la chance de les voir avant qu’ils ne partent. Alors, je me suis enrôlée.

Nous voulions tous y aller. J’avais atteint le rang de sergent, j’étais, vous savez, sergent dans ma compagnie mais il fallait retourner au simple grade de soldat pour aller outre-mer parce qu’on se joignait en fait à une autre armée. Mais j’ai regagné mon grade de sergent après presque deux ans outre-mer.

Nous avons reçu une orientation au camp Aldershot en Angleterre. Nous y sommes restés deux ou trois semaines, quelque chose comme ça, je ne me souviens plus très bien. Ensuite, j’ai été affectée à une division qu’on appelait à l’époque ‘’MS4A’’ au Quartier général militaire canadien (CMHQ en anglais) à Londres. Le CMHQ était situé au Canada House au carré Trafalgar Square. Et, c’est là que j’ai fait tout mon service.

J’étais commis, commis-dactylographe. Il y avait cinq ou six commis dans chaque bureau. Je tapais et je contrôlais les allées et venues des officiers militaires en service outre-mer. Nous nous occupions seulement des officiers, aucuns des autres grades tels les sous-officiers. Nous nous occupions seulement des officiers.

Pour plusieurs d’entre nous, ça nous épargnait de faire des ménages pour 5$ par mois. C’est la vérité. C’est ce que nous faisions. Nous travaillions pour 5$ par mois avec un après-midi de congé le mercredi ou le jeudi. Je suis allée outre-mer en octobre 1944 et j’y suis rentrée en mai 1946.

Si quelqu’un voulait savoir où se trouvait un certain officier, il nous appelait. Et, vous savez ce que sont les ‘’ordres quotidiens, partie II’’ ? Bien, d’abord vous recevez les ‘’ordres quotidiens, partie I’’ qui réfèrent aux activités quotidiennes des unités sur le terrain. Les ‘’ordres quotidiens, partie II’’ référent aux actifs des unités, les arrivées, les départs, les morts, les blessés, les disparus au combat. Nous devions inscrire ces informations sur des petits bouts de papier, longs comme ça qu’on appelait des ‘’RODA’’. Et nous devions mettre à jour ces informations selon les ‘’ordres quotidiens, partie II’’. Nous avions une liste complète de tous, mais de tous les officiers. Et, c’est ce que nous faisions. Alors, si quelqu’un voulait repérer un officier, il s’adressait à nous.

Et, chaque compagnie ou chaque unité, comme, vous savez, le Corps d’intendance de l’Armée ou les Carabiniers de Régina, ou autre, chaque unité produisait leurs propres ‘’ordres quotidiens, partie II’’. Parfois les délais de transport faisaient qu’ils nous arrivaient d’un coup de grosses piles de ces ordres. Il fallait rester souvent très tard au travail, jusqu’à 11 h 00 le soir. Et, il n’y avait pas de surtemps.

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