Témoignages d'anciens combattants:
Wladyslaw Pasaj

Armée

  • Portrait de Wladyslaw Pasaj pris en Italie en 1944-45.

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  • Wladyslaw Pasaj et des amis en Italie. Sa fiancée Héléna est la deuxième à droite.

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  • Zoulou devant leur abri dans une réserve Zoulou en Afrique du sud, 1942.

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  • Wladyslaw Pasaj s'appuyant sur un camion dans le nord de l'Italie pendant l'été 1944 ou 1945. Il était en train d'attendre le signal pour partir pendant le campagne en Italie.

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  • Zoulous dançant en Afrique du sud, 1942.

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Écoutez ce témoignage

"Je n’avais pas fait 100 mètres que des partisans polonais m’ont intercepté, et je me suis joins à eux."

Transcription

Ce moment-là, et bien il n’y avait personne pour reprendre la troupe. J’ai dû prendre la relève parce que j’étais formé pour ça. Et je suis devenu commandant de troupe avec les quatre canons là-bas. Alors on s’est retirés lentement et on s’est battus d’un endroit à l’autre, jusqu’à ce qu’on atteigne Lviv et là-bas, c’était pendant le combat, on a découvert que la Russie nous attaquait elle aussi, de l’autre côté. Et on se trouvait entre les russes et les allemands, entre les deux.

Alors un jour, on attaquait les allemands, un jour, bon, comment j’ai réussi à arriver dans cette unité là-bas, et bien quand j’ai été blessé, j’étais dans l’ambulance, et quand je tirais, c’était à 3, 400 mètres. Ca a été le dernier ordre j’ai tiré et au réveil j’étais entre les mains des allemands et j’étais blessé et j’avais une grande cicatrice sur la jambe ici. L’officier allemand est venu et a demandé, est-ce que vous voulez être évacuer à l’ouest ou voulez-vous rester ici, parce que Lviv va être donné à la Russie. Je ne savais pas que les russes nous avaient attaqués. Il n’y avait pas de radio, nous n’en avions pas.

Alors j’ai dit, je veux être évacué à l’ouest parce que quand j’étais à l’université, j’avais adhéré au Parti démocrate polonais qui était contre les communistes. Et les russes ils sont allés dans un pays communiste, qui est venu. Donc je ne voulais pas être à proximité d’eux. Dans cette ambulance, on était quatre et on a dû traverser le cours d’eau parce que le pont avait sauté. Et ils ont oublié de me prendre le petit couteau que j’ai pour tailler les crayons, vous savez, pour mes données, ils écrivent beaucoup. Et les branches cognaient sur le côté du… On était quatre blessés et j’ai sauté et un autre gars. Ca a dû être un choc pour les allemands quand ils se sont aperçus qu’ils avaient perdu deux de leurs prisonniers de guerre. (rires) Et je n’avais pas parcouru une centaine de mètres quand j’ai été arrêté par les partisans polonais. Alors je me suis joint à eux. C’est pour ça que je sais monter à cheval –quel homme dans l’artillerie ne sait pas monter à cheval ? Ma vieille artillerie c’était l’artillerie à cheval.

Et j’ai pris mon fusil et deux grenades à main et un jour, on attaque les allemands, le jour d’après, dans la soirée, les russes, vous savez, jusqu’à ce qu’on n’ait plus de munitions. Et il a dit en polonais, l’officier allemand, il a dit, viens avec moi, rejoint les prisonniers de guerre et tu pourras être sur la route principale. Alors on est allé là-bas et on est arrivé à la rivière San, en attendant là-bas. Et j’étais encore, vous savez, un petit peu avec ma jambe, vous savez, douloureux. J’ai réussi à aller, je vois depuis le pont, qui était partiellement détruit, que ma maison est encore debout. Alors j’ai dit aux trois autres gars, j’ai dit, écoutez, ne vous en faites pas, je vois ma maison. S’il y a quelqu’un là-bas, au moins on peut survivre. Alors on s’est débrouillés pour aller là-bas par la rivière et on est arrivé chez moi.

Et le matin, quelqu’un a frappé à la porte. Je suis allé répondre, et là il y a un garde allemand et il a dit qu’il y avait une femme ukrainienne qui est venue à la gestapo et qui a dit que j’avais tué un soldat allemand à la rivière San. J’ai dit, non ce n’est pas vrai. Il dit, je sais, j’étais avec toi mais ils vont te tirer dessus d’abord et ensuite ils te posent des questions. Alors il est parti. Et j’ai juste attrapé un petit pain, j’ai mis le revolver là, parce que j’avais les armes et les munitions, pour les mettre là et je suis parti, sans rien dire à ma mère. Elle était malade, elle était dans le lit. Et à peu près un quart d’heure après, les allemands sont arrivés et ont demandé, où est votre fils. Ma mère a répondu, il est par là. Je n’avais pas dit à ma mère que je partais. Ils ont regardé autour et elle a dit, oh il vient juste de me faire une tasse de thé. Il a mis sa main sur la tasse et l’a retirée parce que c’était brûlant.

Et je suis resté caché toute la journée et dans la soirée, je me suis débrouillé pour que quelqu’un me donne un billet de train. Je suis monté à l’arrière du train, j’ai essayé d’aller vers l’ouest et puis finalement, le 21 juin 1940 ils nous ont envoyés, j’ai pris le train de Southampton jusqu’à Glasgow, là où les forces polonaises étaient regroupées. Et après ça, quand j’ai tout appris, j’ai étudié l’anglais, j’ai appris un travail particulier, il s’agit de localiser le canon ennemi avec un lecteur d’ondes sonores, vous savez, le son de l’obus et du canon qui tirait et la direction où il allait. J’ai appris à faire ce travail, c’était vraiment bien parce que c’était mon métier, je dirais.

Ils allaient organiser les forces polonaises, ils étaient déjà au Moyen-Orient, ils allaient organiser ce régiment en Angleterre. Ensuite ils ont changé d’avis et ils m’ont envoyé au Moyen-Orient. Alors j’ai été en Afrique du Sud, en Inde, tous les pays, Afrique du Nord, Egypte. Après j’ai rejoint les forces polonaises, le 2ème corps polonais et j’étais dans la 16ème artillerie de campagne.

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