Témoignages d'anciens combattants:
Howard Laatsch

Marine

  • Howard Laatsch, octobre 2009.

    Historica Canada
  • Howard Laatsch en uniforme.

    Howard Laatsch
  • HMCS Athabaskan.

    Howard Laatsch
  • Ces médailles ont été attribuées par les russes aux marins de la Marine et de la Marine marchande qui ont enduré le périlleux comvoi à Murmansk, Russie. Médaille remise en 1945 et en 2004 en Russie.

    Howard Laatsch
  • Cette épée a été remise par la Marine royale canadienne à Howard Laatsch pour ces services, il y a 25 ans.

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"Lorsque nous avons participé à l’invasion du Jour-J, personne ne peut imaginer combien de navires se trouvaient sur l’eau pour traverser en France. Nous protégions les sous-marins qui venaient dans le Canal anglais. C’était notre travail."

Transcription

Je me suis enrôlé sur un coup de chance, vraiment. Trois d’entre nous sont allés s’enrôler dans l’armée, mais le bureau de recrutement était fermé. L’officier de sécurité nous a dit que le bureau de la marine était ouvert, plus loin dans le couloir. Nous y sommes allés pour entrer dans la marine et, de nous trois, j’ai été le seul qui ait réussi les tests médicaux. Ç’a donc été sur un coup de chance que j’aie pu me joindre. C’était tellement nouveau que c’était intéressant. Je n’étais jamais monté sur rien de plus gros qu’un marécage, en Saskatchewan. Le premier grand plan d’eau que j’ai vu était un petit lac. Puis, quand j’ai navigué sur l’océan, c’est devenu immense.

Le port de notre navire était à Halifax, et nous faisons des patrouilles en Atlantique. Chaque convoi était un peu différent. Il était plus gros, plus petit, plus rapide ou plus lent. Parfois, les convois n’étaient pas plus rapides que de marcher, et il essayait de traverser l’océan Atlantique. Ça nous prenait des jours et des jours et des jours. Nous manquions de nourriture et nous devions en prendre sur d’autres navires que nous rencontrions. À plusieurs occasions, nous n’avions à manger que du pain et des sandwichs à l’oignon, parce que nous manquions de nourriture, étant partis trop longtemps. Mais nous y arrivions. On se demandait souvent que diable on faisait là. Mais on était dans la marine et on ne pouvait rien y faire. On était dans la marine et on devait servir dans la marine.

Le premier navire dans lequel j’ai servi, le [HMCS] St Croix, est arrivé au port de St. John’s, Terre-Neuve. Moi, j’étais alité à cause d’une grippe et d’une pneumonie. Ils m’ont descendu du bateau et ils m’ont mis dans un hôpital. Trois jours plus tard, une des personnes de l’hôpital est venue me voir et m’a dit que je ne devais plus penser à remonter dans mon navire, parce qu’il avait été coulé. J’ai donc senti que j’avais une chance inouïe de ne pas avoir été sur ce navire. Il n’y avait eu qu’un seul survivant parmi tout l’équipage. Il était sorti sur la côte ouest et il a rencontré un petit contre-torpilleur. Cette fois, nous sommes sortis au canal de Panama, avons suivi la côte Est vers le nord et avons joint le même vieil équipage de nouveau, la même vieille chose.

Nous sommes alors entrés dans un convoi, parce que nous étions un des navires équipés d’un bon système de chauffage; c’était relativement nouveau. Nous sommes allés en Russie, au Passage de Mourmansk. La première partie du voyage consistait à traverser la partie nord de la Norvège. Les Allemands étaient en Norvège et pouvaient nous bombarder de là. Une fois hors de portée, nous devions composer avec la glace. Ça nous a pris des mois pour faire un voyage, parce que ça allait très lentement. Les navires n’allaient qu’à cinq nœuds. Vous pouvez donc imaginer la distance à parcourir. Lors d’un autre voyage, quand nous sommes arrivés au port, il ne restait que très peu de gens, parce que le convoi avait été bombardé. Ils sont partis et beaucoup d’entre nous ont été recrutés pour aider à décharger les navires-cargo. Ça voulait dire de rester là-bas de nouveau. Nous avons donc passé Noël là-bas, et vous ne croiriez pas la quantité de travail que nous avons fait à décharger.

Lorsque nous avons participé à l’invasion du Jour-J, personne ne peut imaginer combien de navires se trouvaient sur l’eau pour traverser en France. Nous protégions les sous-marins qui venaient dans le Canal anglais. C’était notre travail. Nous ne savions pas si nous allions être bombardés ou non, mais nous avons simplement fait notre travail. C’était tout ce qu’il fallait faire.

 

 

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