Témoignages d'anciens combattants:
Eric Stanfield “Ric” Hawley

Forces aériennes

  • Eric Hawley
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  • Eric Hawley à Toronto, Ontario, 1942-43, lorsqu'il faisait partie du bataillon du Queen's Own Rifles Reserve, avant de rejoindre l'armée de l'Air. Alexandra Park à sa gauche et l'Ecole publique Ryerson au fond.

    Eric Hawley
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"en se posant sur la tourelle arrière cette fois, qui bien-sûr était toute défoncée. Et j’étais assis dans la tourelle arrière. Alors c’était un petit peu mouvementé."

Transcription

J’avais à peu près 13 ans quand la guerre a éclaté. Et je descendais Bay Street avec mon père, Bay et Wellington, là où se trouvaient les bureaux de recrutement de l’armée de l’air et ils avaient des panneaux, engagez-vous dans les forces aériennes, faites-ceci, faites-ceci, faites-ceci. Et une des choses que j’ai vues, c’était mitrailleur de bord. Et j’ai dit que je voulais être mitrailleur de bord. Alors j’ai toujours eu ça dans la tête, quand j’aurai l’âge de m’engager, je m’engagerai. En m’engageant dans les forces aériennes, évidemment, il y a une espèce de période de dix jours où vous, ça s’appelle les dix jours, où on vous fait tous vos vaccins et vous commencez à apprendre un tas de trucs, cirer les chaussures, faire reluire les boutons. Et de là, vous passez au dépôt Manning. Maintenant, tout se passait au parc des expositions, le terrain de baseball de Toronto. Par la suite on m’a envoyé à l’école de bombardement et de tir, Number 10 N&G, sur l’Ile-du-Prince-Edouard. Il y avait six semaines d’école de formation au sol, et six semaines d’entraînement en vol. Et à la fin de cette période, vous receviez un diplôme et votre insigne de pilote. De là, on nous a envoyés outre-mer. J’y suis allé sur le SS Ile de France. L’aire d’accueil pour les membres d’équipage de l’armée de l’air se trouvait à Bournemouth, sur la côte sud de l’Angleterre et je suis sûr que presque tous les membres de l’armée de l’air qui allaient outre-mer sont passés par là. Et là vous attendiez votre premier poste avec l’OTU, l’unité d’entraînement opérationnelle. Et après ça, on nous envoyait dans une unité de conversion. Maintenant, les Wellington, sur lesquels on se formait étaient des bimoteurs. Alors maintenant, la plupart des bombardiers utilisés à ce stade de la guerre étaient tous des quadrimoteurs, alors on devait passer de l’usage d’un bimoteur à l’usage d’un quadrimoteur. Et on est allés dans l’unité de conversion à l’extérieur de Doncaster en Angleterre, qui est Sandtoft, et là on s’est entraînés, au fond c’était de la pratique pour le pilote, décollages et atterrissages avec un quadrimoteur. En fait ce qu’on faisait c’est ce qu’on appelait circuits et courants. Vous décollez, suivez le circuit et atterrissez, décollez, faites le tour du circuit et atterrissez. Juste pour qu’il prenne la mesure de l’avion. On avait déjà fait la même chose sur les Wellington mais c’était principalement pour les pilotes. Et on se familiarisait avec ce qui était un peu différent dans le Lanc (Lancaster) par rapport au Wellington. A mi-parcours de l’entraînement, si le pilote avait des problèmes avec l’atterrissage de l’avion, c’était un peu plus lourd pour eux je suppose et en fait on a fini par avoir un accident dans le, à l’approche pour l’atterrissage et au lieu d’atterrir correctement, on s’est posé sur la roue de queue. Et la roue de queue s’est cassée pendant le rebond, et on est remonté, et on a rebondi en descendant une fois encore, en se posant sur la tourelle arrière cette fois, qui bien-sûr était toute défoncée. Et j’étais assis dans la tourelle arrière. Alors c’était un petit peu mouvementé. (rires) De la tour de contrôle, je pouvais voir les pistolets éclairants, des signaux qui sont tirés pour prévenir le pilote qu’il y a du grabuge. Mais il ne savait pas vraiment, c’était juste une grosse bosse et il trainait la queue. Finalement, on s’est arrêté et dans l’intervalle, je peux voir tous ces trucs rouges flotter partout à l’intérieur de l’avion, et ma réaction sur le coup avait été « Oh mon Dieu, c’est du sang, je suis en train de me vider de mon sang. » (rires) Mais ce n’était pas ça, c’était le liquide hydraulique qui avait, il y avait un joint universel qui remonte de la base de la tourelle, la tourelle fonctionnait avec un système hydraulique et quand elle avait été écrasée, l’huile, évidemment, giclait et se répandait partout à l’intérieur de la tourelle. Et ma première réaction avait été de croire que c’était du sang, mais ce n’en était pas pour finir. Mais j’avais les jambes coincées et mon opérateur radio, quand l’avion s’était arrêté, il avait sauté hors de l’avion une fois dehors il m’avait tiré hors de la tourelle. Il m’avait tiré tout droit et j’étais sorti de mes bottes, qui étaient restées sur place. A la fin de la guerre, je me suis porté volontaire pour servir dans la Force d’occupation. Et donc on m’a envoyé dans un escadron canadien, un Bomber Command canadien avec le 6ème groupe à Leeming dans le Yorkshire. Et de là, on avait un équipage différent parce que les anciens évidemment chacun était parti de son côté et moi je suis allé dans la Force d’occupation. On a rejoint encore un autre groupe et de là, toutes nos ordonnées venaient des six groupes d’escadrons, c’était les escadrons canadiens, et on les larguait quelque part dans la mer du Nord, les bombes, les munitions, etc. Et on a nettoyé tous les escadrons dans cette région. On transportait les troupes britanniques en Italie et hors de l’Italie. Au début on a commencé par descendre en Italie pour aller les chercher et ensuite ils ont commencé à en renvoyer quelques uns seulement pour, vous savez, à cause de l’occupation. On descendait sur Naples en avion et on passait un ou deux jours là et ensuite je retrouvais mon groupe, 20 soldats, tous des anciens combattants venant soit d’Afrique du Nord or de la campagne d’Italie, des gens vraiment supers. Je me souviens d’une des choses que j’ai faites quand on était sur le chemin du retour, on n’avait pas de parachutes, on n’avait pas, pas assez d’arrivées d’oxygène pour les 20 personnes supplémentaires. Alors on volait à 10 000 pieds. Et une des choses que j’ai faites c’est quand on est arrivés près de la Manche, on pouvait voir Douvres, les falaises, je les ai pris un par un dans le poste d’observation et les laissait regarder et ils redescendaient avec des larmes dans les yeux. Ils n’avaient pas vu ça depuis cinq ans ou quatre ans ou peu importe. Mais c’était une sacrée expérience.
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