Témoignages d'anciens combattants:
Ruby Jeannette Foley

Armée

  • Photo collage de Ruby Foley. De gauche à droite: écusson de la RCAF; photo, articles de journaux...

    Ruby Foley
  • Photo collage: Myale et Ruby Foley en permission en 1944.

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  • Ruby Foley buvant des bières avec des amis.

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  • Photo collage: Ruby Folley retourne à la maison en Colombie Britannique.

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"On était inquiètes à propos de la guerre. Et pour terminer on a vraiment apprécié chaque seconde de cette expérience. Elle s’est révélée être tellement meilleure que ce que nous avions envisagé."

Transcription

Ruby Foley. J’habite à Vernon. Mon frère était dans l’armée de l’air. Il faisait partie du personnel naviguant et il se trouvait outre-mer. Et ma sœur s’est engagée la première. Elle a rejoint l’armée en 1942. Et elle m’a convaincue de m’engager moi aussi, et on est toutes les deux entrées dans les forces aériennes parce qu’on voulait aider mon frère à partir de là où il était. On se faisait du souci pour lui et on était inquiètes à propos de la guerre. Et pour terminer on a vraiment apprécié chaque seconde de cette expérience. Elle s’est révélée être tellement meilleure que ce que nous avions envisagé.

La formation qu’on a reçu à Rockcliffe [Ontario] était très sommaire, on a seulement appris à marcher au pas, les premiers secours et tous les trucs de base. Et après je suis allée à Trenton [Ontario] où j’ai suivi une formation de comptable. Et ensuite je suis retournée à Pat Bay [Patricia Bay, Colombie Britannique]. C’était mon premier poste et le seul que j’ai eu avant de partir outre-mer, sur l’île de Vancouver, juste à l’emplacement de l’aéroport actuel. Les japonais étaient là-bas, ils ont bombardé un endroit sur l’île de Vancouver à un moment, au nord de l’île. On avait des avant-postes partout. On avait de nombreuses bases partout dans l’île et sur le continent. Et on faisait toute la comptabilité pour eux.

Avant la Victoire sur le Japon, ils cherchaient des volontaires et ont demandé à toutes les filles qui s’engageaient d’aller dans les bases en orient et nous sommes toutes descendues faire nos vaccinations et nous préparer, et préparer nos papiers. C’est à ce moment-là qu’ils ont largué la bombe atomique et la guerre était terminée. C’est à ce moment que les gars là-bas en Angleterre, ont mener de se révolter car ils voulaient rentrer au pays, et c’est là que nous les filles on a eu la chance de partir là-bas et fermer les bases.

En premier on est descendu à Ontario Station en Ontario. Et on a dû y rester un ou deux mois en attendant d’être envoyées outre-mer. Et le train qu’on devait prendre, on pensait qu’on allait prendre le bateau à Halifax, alors on pensait qu’on irait en train de Saint Hubert à Halifax, mais le train a traversé la frontière, est entré aux Etats-Unis et a pris à bord tous ces prisonniers de guerre italiens. Ils étaient en majorité italiens mais il y avait aussi quelques allemands. Le train est remonté au Canada, et est allé à Halifax après ça, et les prisonniers ont été débarqués et mis sur le bateau. Et on est tous restés là debout à les regarder monter dans le bateau. Et ensuite ils les ont enfermés dans leurs quartiers, et seulement après on nous a autorisé à monter à bord.

Mais c’était très excitant. Ils nous appelaient les « touristes » parce qu’on était arrivées sur le tard. Et on a eu plutôt du bon temps là-bas. On allait au spectacle, et le dimanche aux concerts symphoniques du Royal Albert Hall et on était assises tout en haut et on écoutait les concerts. Ils étaient extraordinaires. On arrivait à avoir de bons sièges parce qu’on avait, on nous donnait à toutes beaucoup de cigarettes, et je n’étais pas une fumeuse et je n’avais pas l’usage de ces cigarettes. Alors on emportait nos paquets de cigarettes, et vous pouviez aller où vous vouliez avec des cigarettes parce qu’on avait une demi cartouche et on allait du côté de l’entrée des artistes du Royal Albert Hall et les ouvreuses nous conduisaient dans les loges, et dans les loges c’étaient là où il y avait les fauteuils pour les riches. Elles attendaient jusqu’à la dernière minute pour être sûres que personne n’occuperait cette loge ce soir-là. Et ensuite elles nous emmenaient en haut et nous disaient tenez-vous en arrière, bien en arrière pour que personne ne puisse vous voir et ne dites pas un mot. On nous appréciait ça oui. Et particulièrement en France. Je n’oublierai jamais l’expérience là-bas. Nous étions tellement tristes pour les gens là-bas, mais ils se remettaient doucement, mais ça avait été tellement dur pour eux.

Pendant qu’on était en Angleterre, le gouvernement canadien nous envoyait des colis. Et une fois ils nous ont envoyé des oranges et chacun d’entre nous dans les bureaux, a reçu trois oranges. Et j’en ai donné une à une irlandaise qui travaillait là, elle faisait partie des civils qui travaillaient dans le bureau. Je lui en ai donné une et il m’en restait deux. Et je suis partie, après le travail, j’avais ces deux oranges dans la main et il y avait une dame qui poussait une voiture d’enfant avec un bébé dedans et une petite fille qui marchait à côté. Et la petite fille ne cessait de jeter des regards en arrière, à moi, et elle a dit à sa maman « Qu’est-ce que c’est ce qu’elle a dans la main ? » Et la mère a répondu « Ce sont des oranges. » Elle a demandé « Qu’est-ce que c’est qu’une orange ? » Et je les ai rattrapées, et quand je suis passée à côté de la voiture d’enfant, j’ai déposé les oranges dans le landau et j’ai continué à marcher.

Le service, c’était une grande expérience. J’en suis sortie avec une expérience de comptabilité dans la poche et j’avais les cours de machine comptable derrière moi. Et je suis allée travailler dans un bureau et j’ai eu un travail stable dès ce moment-là.

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