Témoignages d'anciens combattants:
Clyde Reo “Bogy” Bougie

Armée

  • Photo de Clyde Bougie devant un char à Petawawa avec la division 6, un dimanche pendant le temps libre en juin 1945.

    Clyde R. Bougie
  • Clyde Bougie.

    Clyde R. Bougie
  • Certificat de décharge de Clyde Bougie, 1944-1974.

    Clyde R. Bougie
  • Clyde R. Bougie
  • Insigne de chapeau du corps d'infantrie royal canadien (Royal Canadian Infantry Corps) porté par les stagiaires de la 6ème division, 1944-45.

    Clyde R. Bougie
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"Quand je tirais mes dix balles, le sergent disait : « Je pense que tu triches. » Alors, on apportait la cible, qui ne comportait qu’un seul petit trou d’un pouce : toutes mes balles étaient entrées dans le même trou."

Transcription

On demandait des volontaires pour joindre la 6e Division, commandée par le général John M. Rockingham, où il était brigadier à ce moment-là. Les hommes s’entraînaient sous les ordres d’un capitaine américain et de deux premiers sergents. Nous nous étions battus en Birmanie, ce qui nous avait appris les opérations dans la jungle et le combat à mains nues, et je m’étais qualifié au champ de tir comme tireur de précision. C’est pourquoi on m’a affecté au peloton des tireurs d’élite.

Nous étions prêts à aller à Hong Kong pour ramener les Canadiens qui étaient prisonniers de guerre. Nous étions en congé d’embarquement. Je suis allé pêcher au lac Wanapitei. Je suis allé chez ma tante et je suis allé à la pêche avec les gars. J’avais une radio à piles et j’écoutais la musique et les nouvelles. J’ai alors entendu que la guerre avec le Japon était terminée, que la bombe A avait été larguée sur Nagasaki et Hiroshima et que tous les soldats devaient se présenter à Petawawa [Ontario].

Je suis retourné chez ma tante et je lui ai annoncé la nouvelle, J’ai attendu que mon oncle revienne du camp de bûcherons pour lui dire également. Je devais passer par Sudbury pour retourner à Petawawa. Il m’a dit qu’à Subdury, tous les soldats étaient ivres et qu’ils les mettaient en prison, qu’il y avait beaucoup de grabuge là-bas. Alors il m’a dit d’attendre avant de partir. J’ai fini par me rendre à Petawawa, mais tout y était fermé. Il me restait plus qu’à attendre mon ordre de réaffectation J’ai été réaffecté au camp Simcoe [Ontario].

On était sur l’adrénaline et tout feu tout flamme durant la Deuxième Guerre. Tout le monde l’était. Le moral était très haut et nous avions vraiment hâte d’aller là-bas et être dans le feu de l’action. Mais ça ne s’est jamais produit en fait, après tout cet entraînement et tout, après avoir appris le combat à mains nues et ce que les Américains appelaient l’exécution silencieuse, vous savez, le fait de pouvoir se faufiler dans les rangs ennemis et les zigouiller dans le noir, ce genre de choses. Bien, on nous a aussi donné pas mal d’information sur la façon dont les Japonais se servaient d’une longue ficelle, au bout de laquelle se trouvait un grand nombre de tiges de bambou effilées pointant partout. Ils coupaient la ficelle pour faire lancer les tiges de bambou afin d’empaler l’ennemi dans la jungle. Les Japonais faisaient des choses comme ça; ils plantaient dans le sol à angle de 45 degrés des tiges de bambou effilés, et si nous rampions, nous risquions de nous faire transpercer par l’une de ces tiges dans la poitrine. Ce genre de choses, nous avions ce genre d’entraînement, c’était très intensif.

Nous allions au champ de tir, et on nous donnait des munitions. Sur un champ de tir de 100 verges; nous visions des cibles. Il y a des gars qui ne réussissaient pas à toucher la cible. Moi, quand j’étais enfant, j’avais une carabine 22 Winchester et je m’en servais pour tuer des lapins, des écureuils, des perdrix et, de temps en temps, un chevreuil. Ouais, j’étais un tireur assez habile. Quand je tirais mes dix balles, le sergent disait : « Je pense que tu triches. » Alors, on apportait la cible, qui ne comportait qu’un seul petit trou d’un pouce : toutes mes balles étaient entrées dans le même trou. Parce que j’étais bon tireur, elles entraient toutes dans le même trou [rires]. On me donnait alors dix autres balles et je tirais de nouveau. On m’a dit que mes coups avaient tendance à porter à gauche, au bas du cercle noir. On a donc ajusté la carabine pour moi. J’ai tiré et tous mes coups ont atteint la cible, en plein cœur du petit cercle.

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