Témoignages d'anciens combattants:
George Burrows

Forces aériennes

  • George Burrows en uniforme, 1941

    George Burrows
  • George Burrows à l'école Sir Winston Churchill

    George Burrows
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"Brampton était une petite ville avec seulement deux écoles – et plus de 50 de mes copains ne sont jamais revenus. Ils ont payé le prix ultime."

Transcription

J’ai décidé que je devais m’enrôler. Alors je me suis rendu à la station Manning. Nous avions un très bon membre du Parlement en Gordon Graydon. Tout le monde à Brampton le connaissait. Et, il faisait tout son possible pour rencontrer le plus grand nombre de parents qu’il pouvait.

Lorsque je me suis enrôlé, il était là pour rencontrer ma mère et mon père. Il s’occupait de rencontrer tous les parents des jeunes qui s’enrôlaient pour les remercier. Mes parents m’en ont fait part et je croyais que c’était formidable que cet homme prenne le temps de rencontrer les parents pour les remercier. Il n’était pas seulement un grand politicien, il était un vrai gentleman.

Avant mon enrôlement, les rations alimentaires étaient en place. Impossible d’aller en ville acheter une livre de beurre ou une livre de sucre. Impossible pour la maman de faire des biscuits puisque nous n’avions pas les ingrédients. Et, il y avait aussi rationnement du pétrole. Un soir, je suis arrivé à la maison pour la fin de semaine. Mon père avait fait le plein alors il a pu me reconduire à Toronto.

À cette époque, il n’y avait pas de jauge d’essence dans les voitures. Une fois arrivé à Toronto, on est tombé en panne d’essence. Avec le rationnement du pétrole, nous avons approché un policier mais il ne pouvait pas nous aider. Mes parents ont pu retourner à la maison en autobus. Le lendemain, mon père a acheté un gallon de pétrole et un copain l’a reconduit à Toronto chercher sa voiture. Mais une mésaventure est arrivée lorsqu’ils se sont faits siphonné le réservoir. Nous connaissions bien les gars responsables mais il était impossible de le prouver.

Mais ce genre de choses était courant à cette époque. Il vous fallait un billet de ration pour obtenir du pétrole. Ça prenait un billet de ration pour obtenir du beurre, du sucre et autres ingrédients de ce genre. Sans ces billets, on n’obtenait rien du tout. Le gouvernement envoyait des billets de ration dans les magasins ; ces billets dictaient le montant de beurre et de sucre que vous pouviez obtenir à chaque mois. Autrement, on n’y avait pas accès.

Il a été l’un des chanceux ; il est rentré indemne. Mais plus de 50 de mes copains – à l’époque, Brampton était une petite ville avec seulement deux écoles – et plus de 50 de mes copains ne sont jamais revenus. Ils ont payé le prix ultime. Ils étaient tous de bons copains ; nous avons joué au hockey et à la crosse ensemble, nous sommes allés à l’école et avons fait notre catéchisme ensemble. Comme je disais, il n’y avait que deux écoles alors tout le monde se connaissait bien. Et, plusieurs ne sont plus jamais revenus.

En tous cas, à chaque 11 novembre, je pense à Ray Johnson, un de mes meilleurs copains. Son anniversaire de naissance est le 10 novembre. Je ne l’ai jamais oublié. Il a fait l’ultime sacrifice à la Bataille de Dieppe. La Bataille de Dieppe n’était qu’une bataille, qu’un exercice militaire pour les soldats, pour leur donner quelque chose à faire. Mais c’est une bataille qui a coûté très, très cher. Ce fut terrible. Ils ont envoyé plusieurs soldats Anglais et Britanniques qui étaient à faire des exercices militaires dans la région. C’est là que j’ai perdu mon ami….

Et, nous avions été enfant ensemble de l’âge de 10 ans jusqu’à l’âge de 18 ans. Il ne parlait que de l’armée et il s’est enrôlé dès qu’il a pu le faire. Et, il a payé le prix ultime à Dieppe.

Je veux que les gens soient au courant de la guerre et de tous mes copains qui ne sont plus jamais rentrés. À l’époque, Brampton avait une population de seulement 2,000 environ et plus de 50 soldats ont été perdus. Je les connaissais tous et chacun. Je connais chacun de leur nom. Je les ai connus, tous et chacun.

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