Témoignages d'anciens combattants:
Grant Carnine

Marine

  • "Le contre-torpilleur H.M.C.S. St. Francis qui, en escortant un convoi, se prépare à être ravitaillé en carburant par un navire-citerne en mer, le 7 novembre 1942."

    Moses, Gerald Milne, 1913-1994., Photographe.
    Numéro Mikan: 3396601.

    Bibliothèque et Archives Canada / Moses, Gerald Milne, 1913-1994., Photographe / Numéro Mikan: 3396601.

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"Mais c’était une sacrée vision. Je veux dire, tout à coup, cet océan plongé dans le noir s’est couvert de bateaux illuminés, alors c’était une sacrée vision."

Transcription

La principale histoire que je pourrais vous raconter au sujet des convois, c’est celle du dernier convoi. On était avec le dernier convoi qui allait à New York. C’était un convoi de 80 bateaux, et à minuit d’une nuit particulière qui avait été désignée comme étant la dernière, il n’y aurait plus de convois. Et alors tous ceux qui seraient en mer à ce moment-là devraient se disperser. Les impératifs du temps de guerre étant annulés tous les bateaux seraient éclairés. Ce marin du dimanche n’avait évidemment jamais vu de bateau éclairé naviguer. Quoiqu’il en soit, cette nuit-là à minuit, les 80 bateaux se sont allumés, ils ont allumé toutes les lumières dont ils disposaient. Et ils sont partis dans 80 directions différentes. Ils étaient ravis de se débarrasser de la marine, qui leur disait toujours ce qu’ils devaient faire. Mais c’était une sacrée vision. Je veux dire, tout à coup, cet océan plongé dans le noir s’est couvert de bateaux illuminés, alors c’était une sacrée vision.

Oui, ils soufflaient dans leur sifflets et ils faisaient sonner les cloches. Bon, tout le monde était ravi que la guerre soit finie et c’était en quelque sorte la chose qui était finie. Jusque là, même si c’était environ deux ou trois semaines après le Jour de la Victoire en Europe, bon, ils avaient continué les convois parce qu’il y avait un certain nombre de sous-marins éparpillés tout autour qui n’étaient pas rentrés chez eux et personne ne leur faisait confiance, donc jusqu’au moment où ils ont été tous retrouvés, ils ont continué avec les convois qu’ils avaient organisés.

On s’est retrouvés à New York. Bien-sûr, ils ne savaient pas quoi faire de nous. Ils ont juste, ils nous ont laissés là pendant une semaine, ce qui n’était pas trop difficile à supporter. On a eu le loisir de prendre du bon temps à terre et on a vu plein de spectacles à Broadway et on a fait le tour des choses à voir à New York. Ca valait la peine.

N’importe qui avec un écusson canadien sur l’épaule pouvaient boire un verre à l’œil. Vous alliez dans un bar et vos boissons étaient sur le compte de la maison. Ce qui était agréable, mais vous savez, si vous voulez vous rendre compte de ce qui se passe, vous ne pouvez pas trop vous laisser aller à ça. (rires)

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