Témoignages d'anciens combattants:
John Garden Burchill

Forces aériennes

  • John Burchill à Miramichi, Nouveau-Brunswick, le 25 Novembre 2009.

    Historica Canada
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"Alors les Allemands ont voulu nous interner dans des camps, ce qui voulait dire que nous devions marcher en suivant un garde allemand."

Transcription

Ce qui s’est passé tout simplement c’est que je pilotais un Spitfire pendant la guerre et malheureusement, juste au moment de la fin de la guerre, notre responsabilité c’était d’aider l’armée canadienne après qu’elle ait traversé le Rhin. Et notre travail consistait à tirer sur tout transport qu’on voyait au sol, les chars allemands et cette sorte de choses. Et on en a bien vu quelques uns, on a attaqué un char et le char nous a tiré dessus en retour. Et le résultat c’est qu’il m’a fallu sortir de l’avion à toute vitesse, et alors j’ai sauté. Donc quand j’ai atterri, et bien évidemment j’avais atterri en Allemagne et en moins d’une journée, je me suis retrouvé dans un centre d’interrogation, comme on dit, où j’ai rencontré un autre aviateur qui s’appelait Sluga. Il était colonel dans l’armée de l’air américaine. Et il avait été descendu le jour d’avant. Alors les allemands voulaient nous mettre dans des camps, et ça voulait dire qu’on devait marcher, sous la garde d’un soldat allemand. On a fait la route ensemble pendant quatre ou cinq jours ce qui nous a permis de bien nous connaître. Et heureusement, pour moi, pas tellement pour lui, les circonstances ont fait que j’ai eu l’occasion de m’enfuir et de retourner derrière les lignes américaines et finalement en Angleterre. Sluga, qui était mon ami, Colonel Sluga, n’a pas eu cette chance. Les allemands se sont accrochés à lui, et il a fini dans un camp de prisonniers de guerre. C’était en avril 1945 et la guerre commençait à tirer à sa fin. En fait j’ai été libéré des allemands par une patrouille américaine. Et on m’a ramené en jeep, jusqu’à leur quartier général, qui était à une centaine de kilomètres environ à l’est, ou a l’ouest, je suis désolé, de là où ils m’avaient pris. Le gars qui conduisait la jeep était un colonel de l’armée américaine. C’était un corps de chars d’assaut, le 9ème corps de char je crois. Alors le trajet a duré quatre ou cinq heures, et on a eu le temps de bien faire connaissance. Et il a dit « Quand on arrive là-bas » il a dit « Je vais te présenter à notre général. » Je n’avais jamais rencontré de général de ma vie, vous savez. Alors on arrive à la base, qui est dans un immense champ, avec toutes sortes de chars tout autour. Et puis ils avaient aligné quelques, des caravanes, des grosses caravanes. Et il choisi une caravane et on s’en approche. On devait monter quelques marches jusqu’à la porte et il frappe à la porte. Et le caporal sort. Et il dit « Est-ce que le Général Nugent est là ? » Et le caporal répond « Oui. » Il a dit « Je voudrais lui parler. » Bon, cet homme avec qui je suis est un colonel de l’armée de l’air américaine, alors il avait un peu d’influence, vous savez. Et le général américain sort et le colonel fait les présentations. Et le général me dit, il a dit « Entrez » il a dit « Entrez. » Alors on est entré dans sa caravane et à l’intérieur c’est aménagé comme une vraie salle de séjour et il y a trois ou quatre autres généraux et lieutenant généraux, assis là à discuter. C’est à peu près quatre heures de l’après-midi. Alors il me fait asseoir. Je n’avais pratiquement rien mangé depuis une dizaine de jours, et je suis affamé. Il me propose un verre de scotch, que je ne peux pas refuser venant d’un général. Alors je prends un peu de scotch dans le verre. Et il me demande « D’où venez-vous ? » Et je réponds « Je viens du Nouveau-Brunswick. » Et il a dit « Nouveau-Brunswick » il a dit « Dans quelle partie du Nouveau-Brunswick ? » J’ai répondu « J’habite sur la Miramichi.» Il a dit « La Miramichi ? » Il a dit « C’est là que je vais à la pêche. » Il a dit « chaque année. » Il a dit « J’ai un chalet à Black Fall . » (rires) Maintenant, vous pouvez imaginer un soldat anglais être présenté à un général anglais, ou un soldat canadien être présenté, c’est impossible. Et voilà un américain. Alors il dit « Je ne suis pas militaire de carrière » il a dit « je suis dans les assurances, j’habite à Hartford dans le Connecticut. » Il a dit « Je monte là-haut pour pêcher chaque année. Et quand tout ça sera terminé » Il a dit « Je retourne vendre mes assurances. »
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