Témoignages d'anciens combattants:
William “Bill” Rawluk

Armée

  • Portrait de M. Rawluk en service actif canadien à Aldershot, Grande-Bretagne, 1943.

    Bill Rawluk
  • Remise des documents personnels que Mr. Rawluk avait perdus. Ils avaient été pris par un soldat allemand quand Mr. Rawluk était blessé, 1944.

    Bill Rawluk
  • Plaques d'identification de Bill Rawluk, 1942-1946.

    Bill Rawluk
  • Insigne des "Calgary Highlanders" porté par Bill Rawluk sur son béret pendant son service, 1943-1945.

    Bill Rawluk
  • Bill Rawluk à Edmonton, Alberta, le 11 décembre 2009.

    Historica Canada
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Écoutez ce témoignage

"On arrive à la tête de pont en Normandie, et tout de suite, ils nous disent : « Camarades, vous êtes sur les lignes de front. »"

Transcription

J’ai commencé par être soldat d’infanterie dans les forces armées, dans l’armée, j’étais soldat dans le bataillon des Calgary Highlanders. Mais avant d’être dans les Calgary Highlanders, j’avais suivi une formation, ici, au manège militaire Prince of Wales. J’ai suivi une période d’instruction de base à Edmonton, puis une période d’instruction avancée à Calgary et dès que j’ai eu fini la période d’instruction avancée, on nous a envoyés à Aldershot, en Angleterre. C’était en 1943.

On a débarqué en France le 4 juillet. On avait été retenu parce qu’il fallait attendre que la 3e Division établisse une tête de pont sur la plage. Bien sûr, les Calgary Highlanders et tous les autres, on faisait partie de la 2e Division, on a donc été retenu en Angleterre. Par conséquent, on a débarqué en France 30 jours exactement après le Jour-J. Il y en a eu parmi nous qui ont dû sauter du bateau, plonger dans l’eau et marcher jusqu’au rivage parce qu’on ne pouvait pas s’approcher plus. On arrive à la tête de pont en Normandie, et tout de suite, ils nous disent : « Camarades, vous êtes sur les lignes de front. » Vous savez, ça devenait une autre histoire, il fallait faire plus attention.

On est resté là, sur la tête de pont, un jour seulement, vous savez; en fait, je pense qu’on est resté une semaine sur les plages, bref, on est resté un petit moment. Puis finalement, on a participé à notre première opération. Pendant deux jours, on s’est déplacé pour aller dans une petite ville, Caen (Belgique). C’est là qu’on a essuyé nos premières pertes, avant même d’aller se battre, parce que les Allemands avaient une artillerie à longue portée, ils ont touché notre jeep et quatre ou cinq gars sont morts.

Donc, en fait, à la mi-juillet, on a été engagé dans de spectaculaires opérations en Normandie, dans la région de Caen. On était en route vers Dunkerque quand j’ai été blessé. On a été retenu parce qu’on tirait des obus sur nous. On a donc décidé qu’au lieu d’entrer dans la ville et de la faire prisonnière, on allait se reposer, rester environ deux heures et qu’ensuite, on repartirait. D’après ce que j’ai compris, ils sont restés toute la journée et ils ne sont partis que le lendemain. Quand j’ai été touché, c’était l’après-midi. On était deux à avoir été touchés, on est donc reparti.

Et de là, il y a des gars qui m’ont dit plus tard qu’ils avaient continué jusqu’à la ville. Mais je vous l’ai dit tantôt, les Boches tiraient, ils pulvérisaient ces fichues routes et on a été deux à avoir été atteints par les shrapnels, on a juste été blessé. On est retourné lentement à l’hôpital, vers le centre des premiers soins, quelque chose comme ça en tout cas. On s’est rétabli.

On a attaqué à 5 h du matin parce qu’ils n’arrêtaient pas de nous harceler, de tirer sans cesse des obus. On a fait beaucoup de prisonniers. Personnellement, j’ai fait pas loin de 20 prisonniers. Ils étaient dans l’armée allemande, mais c’étaient des conscrits. Ils ne voulaient pas se battre. Ils étaient contents de rendre les armes, mais ce qui est arrivé, c’est que personne ne voulait les ramener et je me suis porté volontaire. J’ai posé mes armes au sol, on m’a fait des remontrances d’ailleurs à ce sujet. Donc, je les pose au sol et je ramène tous ces Allemands, il devait y en avoir 15 ou 20, je les ramène à la prison de guerre, le camp des PG n’était pas loin.

C’est là que je les ai conduits. Je les ai enfermés avec d’autres prisonniers et j’ai attendu de rejoindre le régiment. Et il y a cette jeep qui passe et dans la jeep, il y a Ross Monroe. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de Ross Monroe, c’était un grand photographe et un correspondant de guerre. Il venait assister à la bataille. Il était donc monté dans sa jeep, je suis retourné au régiment, et on a roulé, roulé jusqu’à Dieppe (France). En mai, le 8 mai, j’étais à l’hôpital de Gand (Belgique). C’est ce jour-là que la guerre a pris fin, et moi, j’étais à l’hôpital. Oui, on a hurlé, on a crié, enfin, vous savez, on en avait fini. Dieu merci, tout est fini maintenant.

Quand je suis sorti de l’hôpital, j’ai été réformé et on m’a envoyé au New [Royal] Westminster Regiment. J’avais perdu la trace des Calgary Highlanders. Je suis donc allé au New Westminster Regiment, le régiment avait des responsabilités à assumer, liées à l’occupation en Hollande, dans le nord de la Hollande, il devait s’assurer que la population se remettait, etc. Je suis resté environ six mois dans ce régiment. Puis, j’ai eu l’occasion de rentrer au Canada en 1946. J’ai été réformé le 13 février 1946, à mon retour au Canada.

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