Témoignages d'anciens combattants:
Edward “Ted” Plummer

Forces aériennes

  • Edward Plummer à Burlington, Ontario, janvier 2010.

    Historica Canada
  • Médaille d'Edward Plummer (de gauche à droite): Étoile 1939-45; Étoile de l'Atlantique; Médaille de la Défense; Médaille de guerre (1939-45).

    Edward Plummer
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"« Pour qui il est cet Anson qu’on vient d’amener ? » Il a répondu « Bon, vous n’êtes pas censés le savoir » mais il ajoute « C’est pour le roi Farouk. »"

Transcription

Je travaillais dans un magasin et tous mes copains avaient été appelés sous les drapeaux parce qu’ils étaient dans la territoriale, l’armée territoriale ça s’appelait en Grande-Bretagne. Et dès que la guerre a éclaté, ils avaient été appelés. Alors je n’aimais pas trop être là autour tout seul et je suis allé me présenter l’armée de l’air pour me porter volontaire, ce qui était préférable pour moi, plutôt que d’attendre qu’on m’appelle sous les drapeaux et devoir me rendre là où ils m’enverraient quelque soit l’endroit. On devait passer une entrevue pour voir si on convenait bien, quatre équipage pour commencer. Après quelques temps, on était un bon groupe, une cinquantaine, cinquante trois je crois, des hommes qui venaient des trois différentes stations, ont été affectés à Regina, dans ce qui s’appelait une école préparatoire d’aviation. Et c’était comme un cours à l’université pour le personnel navigant. Et on est tous passés par là, tous les grades différents et tous les gens de la RAF. On a formé un escadron, seulement pour l’entraînement, et on l’a fait et à la fin, quand on a eu terminé l’entraînement, on nous a envoyé dans différentes écoles. Et moi on m’a envoyé dans l’école de radionavigant, bien que ça ne soit pas ce que je voulais mais quoiqu’il en soit, c’était là que je devais aller, c’est ce qu’on faisait à cette époque, on allait tout simplement là où on nous envoyait. On nous a envoyés à différents endroits et moi j’ai été affecté à Greenwood en Nouvelle Ecosse. Et c’était, on était dans le commandement de l’aviation côtière, ce que j’ai découvert par la suite. Etant là pendant quelques temps, on m’a mis avec deux gars de la RAF, un pilote et un navigateur qui avaient fait leur entraînement au Canada. Et comme moi ils avaient été affectés à Greenwood. On a volé ensemble pour finir notre entraînement, pour finir complètement notre entraînement, ce qui faisait partie de notre programme, et puis finalement on nous a envoyés en poste en Grande-Bretagne. Et au moment d’être envoyés en Grande-Bretagne, encore heureusement pour moi évidemment, le, ils n’avaient plus besoin d’autres personnes au commandement de l’aviation côtière. Ils voulaient juste quelqu’un de différent. Alors, bon, la RAF a décidé de former une bonne partie d’entre nous pour être une unité de ferry et transférer toute l’unité commandée alors on a dû apprendre les différentes procédures de commande. Finalement, à peu près quatre équipages ont été envoyés dans un endroit du sud de l’Angleterre, au pays de Galles, quatre ont été envoyées dans le Maroc français, les quatre premières, et ensuite quatre autres sont allées à Alger l’ensanglantée, quatre autres à l’ouest du Caire et après il y en avait deux qui restaient je crois, et elle sont allées à Karachi. Donc tous nos équipages qui avaient été entraînés ensemble se sont retrouvés en poste à travers toute l’Afrique du Nord. Alors la partie plutôt amusante dans tout ça c’est que, notre travail consistait à aller chercher des avions tout neufs dans les usines en Grande-Bretagne, pour les rapporter à nos unités, on était responsable d’eux et on avait tellement à faire, sept jours sur sept ou à peu près, faire l’entraînement avec eux, au dessus de l’eau et essayer les armes et faire les essais des accessoires de navigation et toutes ces choses. Et finalement on nous a confié la tâche de les ramener dans le sud de l’Angleterre et ensuite voler de nuit quelque soit l’endroit où on devait aller. Bon, dans la plupart des cas, ça voulait dire aller à Gibraltar. Autrement, c’était le Maroc français, dans un endroit appelé Rabat-Salé, qui était dans le Maroc français. Si on pouvait le laisser là c’était bon. Sinon, on devait l’apporter dans une l’une des autres stations, et ensuite trouver un moyen de retourner en Grande-Bretagne, pour aller chercher un autre avion. Et la même procédure recommençait. Mais la partie amusante que je voulais mentionner c’était le fait que quand on allait en Afrique du Nord, on retrouvait tous ces autres gars, vous voyez, où qu’on aille, il y en avait toujours quatre par là et on sortait le tapis et les cartes et on jouait au poker ensuite pendant deux heures. Et c’était plutôt amusant, on aimait bien ça. Une très intéressante, on devait aller chercher un Anson, ils nous ont dit, donné des instructions pour y aller, oh, j’ai oublié où, Bristol, près de Bristol, pour aller chercher cet Anson. Alors on est allé le prendre, c’était tout simplement cet avion superbe, vous savez, mais on l’a ramené dans notre unité et tout le monde voulait venir pour le regarder, parce que c’était un Anson de VIP. Magnifique chose. Et on a reçu les instructions, toute la routine avec lui et on l’a contrôlé et ensuite on a reçu la permission de vol pour l’amener dans le sud de l’Angleterre, fin prêt pour le vol de nuit. Bon, c’était court, c’était un peu plus tard pendant la guerre et on pouvait survoler la France alors, et donc on devait atterrir dans différents aérodromes. Finalement, vous arrivez à, parce que tout le monde venait pour le regarder, cette chose spéciale, et on est descendu jusqu’au Caire, là où on nous avait dit de le livrer, on est montés au contrôle des vols pour remettre les papiers et le reste, et Eric dit au gars du contrôle « Pour qui il est cet Anson qu’on vient d’amener ? » Il a répondu « Bon, vous n’êtes pas censés le savoir » mais il ajoute « C’est pour le roi Farouk. » Alors on l’a laissé là et on en a plus jamais entendu parlé…
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