Témoignages d'anciens combattants:
Lawrence B Levy

Armée

  • Livret de paie de Lawrence Levy.

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  • Lawrence Levy

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  • Photo de bons amis avec lesquels M. Levy a servi.

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  • Carte d'hôtel: Lawrence Levy a passé une fin de semaine à l'impérial Hotel à Londres, Angleterre, alors que celui-ci était en train d`être bombardé, en 1945.

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  • Certificat de décharge de Lawrence Levy.

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"La terrible 12e Panzerdivision SS [Hitlerjugend] devant nous près de l’aérodrome de Carpiquet dans la ville de Caen."

Transcription

Je m’appelle Lawrence Levy, on m’appelle Larry. Je suis né le 7 septembre 1924 à Toronto. Ils ont mené un navire, le Mauretania, à Liverpool en Angleterre pour qu’il soit envoyé dans des formations d’artillerie en Angleterre. Je suis arrivé à Crawley, au sud de Londres pour faire partie du nouveau 2e Régiment de topographie [Artillerie royale du Canada] qui était en train de se former à ce moment-là. Ils m’ont mis dans la troupe C, Batterie B, pour me former dans le repérage du son qui permettait de déterminer les positions de l’artillerie ennemie, les chars et leur emplacement. On logeait dans un beau château à Crawley en Angleterre, le château de Sir Malcolm Campbell, qui nous a été offert durant cette période. On s’est entraîné jusqu’en 1944, le 2e Régiment de topographie, avec les gars d’Angleterre et on se préparait à traverser la Manche. Donc on a décidé à ce moment-là, ou ils ont décidé, de nous envoyer à Londres sur la Tamise dans des navires Liberty, [cargos américains] pour qu’on puisse faire le débarquement en France. On n’a pas débarqué le Jour J, on a débarqué 30 jours plus tard et on a fait partie à ce moment-là du 2e Corps [canadien], 2e régiment de topographie. En ce temps-là, une autre courte période de temps, la plupart des Canadiens avaient avancé de plusieurs km, mais ils larguaient des obus et des bombes sur les plages et on a débarqué à Bény-sur-Mer. Au cours de nos premiers jours de combat on a subi nos premières pertes, les artilleurs McDonald et Moyer. [On était] constamment attaqué et pilonné par l’artillerie et les avions et on subissait des bombardements continus. Ensuite on a pris part aux combats, on s’est approché des positions. En face du front canadien, il y avait la terrible 12e Panzerdivision SS [Hitlerjugend] devant nous près de l’aérodrome de Carpiquet dans la ville de Caen. Comme nous l’avons appris plus tard, la 12e SS, sous les ordres de Kurt Meyer, ne faisait pas de prisonniers. Ils ont capturé 124 [soldats] et les ont exécutés, la plupart d’entre eux à l’Abbaye d’Ardenne, juste au nord de Caen. Plusieurs remarques : les Allemands avaient une pièce d’artillerie très puissante, le 88 [canon antichar et antiaérien] qui était monté sur les chars Tiger [Panzerkampfwagen VI Ausführung E] et ils avaient d’autres canons à haute vitesse très efficaces qu’on n’arrivait pas à détecter. La batterie C de repérage du son a établi un poste de commandement et d’opération sur un périmètre menant à la route principale de la ville solidement fortifiée. Nos hommes, une équipe de cinq, consistait en deux sergents et deux signaleurs et un chauffeur. J’étais signaleur à ce moment-là et on était déployé dans les tranchées pour repérer la position des pièces. On était juste à côté des premières lignes avec les [1er bataillon] Royal Winnipeg Rifles [Infanterie royale canadienne] dans les tranchées à côté de nous L’endroit était constamment bombardé par l’aviation ennemie. Peu après, notre chauffeur, Muncie, a été tué; Kay et le sergent Hadrick ont été gravement blessés. Au cours de cette période, la Troupe C a récupéré 47 positions d’artillerie ennemie. C’était intéressant mais c’était aussi une période difficile, être dans les combats pour la première fois. Peu de temps après, on a avancé de quelques km et on a commencé à couvrir nos positions tout en continuant à avancer dans le sud de la France. Pour faire une pause, j’ai une petite anecdote. Un nouveau signaleur est arrivé et il a décidé d’aller dans le No Man’s Land pour s’acheter de l’alcool. Il est revenu avec du Calvados [alcool de cidre français] et d’autres choses. J’ai pensé que c’était une bonne idée : je ferai la même chose. Quand j’ai décidé de le faire, le jour suivant, les Allemands ont tiré à la mitrailleuse et je suis retourné en rampant dans ma position et je n’ai plus jamais essayé de faire ça. Des milliers d’avions ont bombardé Caen et l’ont littéralement laissée en ruine. Mon souvenir de cet endroit c’est d’avoir été endurci par l’expérience du champs de bataille, et certains gars : Kay, Salski, Coté, Muncie, Hatcherd et Johnny Gale, Sid Patterson et le sergent Lewis. On a continué la traversée du fleuve Orne et le 21 juillet, notre régiment est entré dans Cormelles. On a continué à subir beaucoup le feu de l’ennemi à cet endroit. On a continué à avancer lentement jusqu’à ce qu’on atteigne notre nouvelle position. On était sur la crête de Verrières. J’ai établi notre poste sur une vieille décharge, qui était notre poste d’observation et on s’est installé directement à côté de la voie de chemin de fer, à l’avant de toutes les autres troupes; il devait y avoir entre 300 000 ou 400 000 troupes prêtes à attaquer. À ce moment particulier, les troupes alliées, canadiennes, britanniques et l’infanterie polonaise sont venues renforcer la phase suivante. Malheureusement, nous avons été bombardés par la force aérienne américaine qui a détruit notre poste et nous avons subi de lourdes pertes, mais nous n’avons pas perdu notre matériel. J’ai eu la chance de ne pas être blessé ou tué. On a eu la chance d’être les témoins du bombardement et de la destruction de nos troupes. La poussée de Caen a ouvert la voie vers Falaise, le territoire des chars. Au cours du déplacement, le régiment s’est éparpillé. Nous étions attachés à la 2e et 3e division [canadienne] bien que nos sections ont été utilisées brièvement à cause de la lente avancée vers Falaise. Notre phase suivante était [l’opération] Totalize, le nom secret de la percée continue des nouvelles forces alliées dans le sud de la France. À ce moment particulier, on a eu à nouveau un contact avec la 12e SS de Kurt Meyer. J’étais à côté de l’endroit, dans une région boisée et on était dans des tranchées. Trente chars polonais sont arrivés pour attaquer les positions allemandes. Les Allemands ont immédiatement tiré avec leurs 88 et anéanti tous les chars et toute l’artillerie. Plusieurs chars ont pris feu. La réaction de notre groupe c’était d’essayer d’en sauver autant que possible. Il n’y avait pas d’autres troupes dans le coin. On a essayé d’ouvrir la trappe, mais on n’a trouvé que destruction totale et mort, beaucoup de soldats avaient été brûlés parce qu’ils n’avaient pas pu ouvrir la trappe; la trappe était fermée. Les Polonais sont morts instantanément. On s’est déplacé jusqu’à Tilly-la-Campagne, au sud de Haut Mesnil. On a été bombardé à nouveau par la RAF [Royal Air Force]. On a encore eu de la chance, on était dans des tunnels et des grottes. Les Canadiens, les Britanniques et les Polonais ont subi de lourdes pertes, beaucoup dans notre régiment. J’ai eu la chance de survivre. Le jour suivant, les Cameron Highlanders [d’Ottawa] ont pénétré dans Falaise et nous avons fini par détruire la ville. Gerhard [Bremer] du 12e SS a donné l’ordre à ses troupes de se retirer, mais cet ordre n’est pas parvenu à 60 grenadiers SS Allemands qui ont été pris dans Falaise et ont été anéantis. La bataille de Falaise était gagnée, avec les troupes allemandes encerclées dans la poche de Falaise…
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