Témoignages d'anciens combattants:
Edwin Sydney Badger

Marine

  • Edwin Badger recevant la médaille du service distingué en 1944, pour son rôle dans la descente d'un U-Boat allemand.

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  • Photo d'identité d'Edwin Badger, du HMCS Bittersweet.

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  • Page provenant du "Commandements Cornwallis", un livre de règlements pour les nouvelles recrues, utilisé en 1942.

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  • Edwin Badger à Halifax, Nouvelle Écosse, 1941.

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  • Médailles d'Edwin Badger: Étoile 1939-45; Étoile de l'Atlantique; Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Médaille de guerre (1939-45); et la Médaille de Service Distingué qu'il a reçu pour son rôle dans la descente d'un U-Boat allemand.

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"« servez les Orlicans, servez ce satané Orlican »"

Transcription

Ce qu’est l’ASDIC [NDT : appareil qui doit son nom à la commission franco-britannique de lutte anti sous-marine créée pendant la Première Guerre mondiale], vous aviez un oscillateur dans un dôme sur le fond du bateau, et c’était électrifié et ça envoyait une onde sonore. Et si vous aviez un sous-marin, vous receviez une impulsion en retour vous savez. Une fois que vous aviez le contact, vous – en fait, vous deviez le classifier, c’était la première chose, parce qu’il y avait tellement d’autres choses comme par exemple il pouvait y avoir un autre bateau mais ça pouvait aussi être une baleine, ou bien ça pouvait être un courant, ça pouvait être n’importe quoi. Et alors c’est ce que j’étais, une partie de ma classification c’était d’être capable de déterminer ça et d’en faire part à l’officier de quart et au patron, qui était réveillé à ce moment-là, que c’était un sous-marin.

La marine commençait ces, ce n’était pas vraiment des missions auprès des convois, c’était un groupe de, ils appelaient ça la force de frappe, un groupe de six à huit bateaux qui patrouillaient en quelque sorte dans l’Atlantique Nord, venant à la rescousse de n’importe quel convoi qui rencontrait des difficulté ou quelque chose comme ça. C’est de cette manière que j’ai fini la guerre. On a eu un sous-marin un fois. Ca a duré très longtemps, ça nous a pris une trentaine d’heures. Et je n’avais pas quitté le poste pendant trente heures. Quand on a terminé, j’étais fatigué et endormi et en colère aussi.

Un dimanche matin à 10 heures environ, on venait juste de, tous ceux qui n’étaient pas de garde – vous devez vous rappeler, vous devez avoir des équipes de quart tout le temps, et c’est le plus gros de l’activité sur le bateau, vous savez, et il y a des gens en bas dans la salle des machines, des chauffeurs et les guetteurs et les mitrailleurs. Donc, on avait ce qu’ils appelaient un service religieux sur le pont arrière. Et ils avaient mis de côté les catholiques et j’étais catholique, alors j’ai pris les catholique avec moi à tribord. J’étais un membre d’équipage gradé et je leur ai fait réciter le notre père et un je vous salue Marie et je les ai laisser partir et je venais juste de les laisser partir quand on a entendu l’impulsion. Alors j’ai dit, rompez et je suis monté dans le poste avec les opérateurs et j’y suis resté pendant trente heures. Mais il était méfiant ce gars-là. On n’a jamais pu parler avec le capitaine et les prisonniers qu’on avait appartenaient presque tous aux forces françaises libres. Et ils étaient très heureux qu’on les prennent à bord.

Il a fait surface le long du Chilliwack et ils ont abattu le capitaine et je ne sais pas comment ils ont fait mais toute l’histoire c’est que l’officier de quart l’a vu arriver et il a dit aux mitrailleurs, « servez les Orlicans, servez ce satané Orlican ». Et bien-sûr, il, je ne vais pas dire qu’il a paniqué mais, vous savez, la première chose à faire c’est de tuer ces salauds, pour ainsi dire. Alors c’était ça et on a eu drôlement du mal à le faire couler ce sous-marin et pour finir on a dû appeler le HSM Icarus à la rescousse, il faisait partie de notre groupe, et il a fallu qu’il torpille le sous-marin, lui donner un peu du sien. Mais nous tous, on a pris 11 survivants, le Chillawack avait des survivants.

Mon frère, qui s’était engagé dans la marine avant moi, quand on était, quand j’étais à bord du Chicoutimi et qu’on faisait la navette entre St John au Nouveau Brunswick et Reykjavik en Islande, Les, mon frère, il était à bord du Spikenard, était dans un convoi devant nous et on était dans le convoi suivant et soudain on a reçu la nouvelle que le Spikenard avait coulé corps et biens. Et je ne savais pas que Les, Les était allé à l’hôpital, mon frère. Il n’était pas à bord et je n’en savais rien jusqu’à mon retour à Halifax et je suis allé voir sa fiancée à ce moment-là, et c’est lui qui m’a accueilli à la porte et il a dit, tu arrives juste à temps pour mon mariage, est-ce que tu veux être mon garçon d’honneur. C’était une sorte de drôle de situation mais c’est la manière dont ça s’est passé quoiqu’il en soit. C’était la guerre, c’était la guerre.

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