Témoignages d'anciens combattants:
Jim Venables

Forces aériennes

  • Cimetière Goose Bay, Labrador, 1943.

    Jim Venables
  • L'épouse de Jim Venables, Irene, et sa fille karen, au cimetière Goose Bay, Labrador, en 2007.

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  • Un B-24 Liberator transportant Winston Churchill s'arrête pour se ravitailler en combustible alors qu'il se rend à un rendez-vous avec le président Roosevelt en 1943.

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  • Un avion a explosé après avoir décollé de Goose Bay, 1943. Il n'y a pas eu de survivants.

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  • Avion C-54 décollant de Goose Bay, Labrador, 1944.

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"J’ai regardé le pilote et la sueur qui coulait sur son visage et il était intelligent. On est allé jusqu’au bout de la piste, il a rentré le train."

Transcription

J’étais arrimeur dans l’escadron 164 et ils ont formé l’escadron 164 à Moncton. Et on avait cinq avions Lodestar et ils devaient transporter des grenades sous-marines jusqu’à Goose Bay. Les sous-marins allemands coulaient les navires jusque dans le dock à Goose Bay. Alors on mettaient ces grenades sous-marines dans les compartiments de nez des Lodestar, qui sont à peu près à 3 mètres du sol. Et les pauvres gars de l’autre côté n’arrivaient pas à les sortir, ceux qui essayaient de les décharger. C’est comme d’essayer de sortir un bidon d’essence de 130 litres du coffre de votre voiture. Quoiqu’il en soit, ils nous donne des C47. Bon, le type qui s’était occupé du chargement du Lodestar avant ça, avec un chargement d’une tonne de feuilles de métal, des feuilles de métal de 4x8, et il ne les avait pas attachées correctement. Le chargement est parti vers l’arrière, l’avion s’est écrasé, l’équipage y est passé. Alors d’accord, ensuite ils nous ont eu nous, peu importe qui s’était occupé du manifeste et de charger l’avion, vous partiez avec l’avion. Alors on volait jusqu’à Goose, Gander, Torbay, Summerside, Charlottetown, un ou deux voyages en Islande, juste pour prendre des gens et du ravitaillement. On s’y habitue. C’est comme de monter dans sa voiture, le matin vous montiez dans l’avion et vous étiez payé 75 cents de plus par jour en volant. Donc, ça vous fait deux dollars par jour. Il y a des gens qui l’appelle un Dakota [Douglas C47], d’autres l’appelle un Albatros, il a plein de noms différents. Mais il supportait tellement de choses que vous pouviez perdre un moteur et mettre les hélices en drapeau et l’avion continuait à avancer comme si de rien n’était. Un pilote débutant allait à Goose Bay un jour, je n’étais pas avec lui mais il n’avait pas compris qu’il pouvait voler avec un seul moteur. Alors il a dit à l’arrimeur, décharge, ouvre les portes et jette tout par-dessus bord et malheureusement c’était un chargement de céleris, tomates, salades, tous les extras pour les repas du mess des officiers. Et Deer Lake et le Labrador ont reçu un joli cadeau ce jour-là. Mais le jour suivant, ils nous ont fait charger cinq avions à Moncton et ils ont fait voler ces pilotes débutants dans la région de Moncton et ils avaient supprimé un moteur pour leur apprendre à voler sans. Alors ce n’est plus jamais arrivé. On a évité quelques accidents de justesse. On avait fait le chargement de l’avion à Charlottetown un jour et j’avais surveillé de près son poids et je n’avais que deux tonnes et demies mais les pistes étaient courtes et on partait de Charlottetown et je me tiens là, le pilote et le copilote, l’opérateur radio et moi-même, et il ne reste qu’une vingtaine de pieds à parcourir sur la piste, vingt pieds d’herbe et une barrière de ferme cassée. Et on a un problème. C’est le point de non-retour. J’ai regardé le pilote et la sueur qui coulait sur son visage et il était intelligent. On est allé jusqu’au bout de la piste, il a rentré le train et le fuselage a effleuré l’herbe, une bonne chose que la barrière ait été cassée. Et il s’est retourné et a dit, mais bon sang qu’est-ce que tu as dans cette caisse. Et ils ont vérifié les poids et les poids sur les feuilles de transport étaient tous faux. Ils avaient utilisé des vieilles boites et j’étais complètement en surpoids. Ce n’était pas tant l’avion qui ne pouvait pas prendre le surpoids mais la piste trop courte. Bon alors, deux ans après, le capitaine d’aviation est venu avec un feuille de papier qui venait d’Ottawa, et il a dit que ça disait, vous savez, si jamais on arrivait à se sortir de cette guerre, ce serait une bonne formation, c’était une formation sur le contrôle aérien. Bon, des 250 hommes de l’escadron, je suis le seul rigolo à faire cette formation. On m’a envoyé à Pennfield Ridge, au dessus de St John dans le Nouveau Brunswick, et on a tous fini dans le mess à nettoyer les casseroles. Un jour un plombier civil est venu et il essayait de déboucher l’évier et il avait bien du mal. Alors je me suis approché de lui pour l’aider et il m’a demandé, tu es plombier ? J’ai dit, oui. Qu’est-ce que tu fais là ? J’ai répondu, et bien, j’attends ma formation. Bon, le jour suivant, on m’a transféré au Works and Bricks pour travailler avec les plombiers. Et mon sergent est venu et a dit, qu’est-ce que tu essaie de faire ? Bon, il a dit, pourquoi tu ne retournes pas dans ton domaine ? J’ai dit, et bien c’est fermé. Non, non, c’est ouvert maintenant. Alors comme la formation ne commençait pas j’y ai pensé, je suis retourné à Moncton pour voir les copains de l’escadron, parce j’avais une permission de 48 heures, et le capitaine d’aviation Millican a dit, les gars ont tous été affectés à Burma. Ils ont volé jusqu’à Rangoon avec du ravitaillement. Ton nom était sur la liste mais tu étais parti la veille, et la paperasse n’était pas à jour. Et ton pote Darryl Wagner, a eu une piqure contre la malaria et il est à l’hôpital. Bon quoiqu’il en soit, juste après, j’étais rappelé et deux semaines plus tard, affectation à Goose Bay au Labrador. Alors huit d’entre nous s’occupaient de la plomberie et du chauffage dans le camp. Et on avait nos propres camions, parce que l’entreprise McNamara avait laissé tous ses équipements là-bas. Et on s’occupait de la station de pompage qui allait d’une quinzaine de kilomètres plus bas, jusqu’au camp de la rivière Hamilton, qui s’appelle la rivière Churchill maintenant, et ils, un jour, quelqu’un dans la salle des rapports m’a dit le soir, il a dit, tu vas être rendu à la vie civile. J’ai pensé, oh. Ne dis rien à personne mais, il a dit, il y a une société à Welland qui paie 67 cents de l’heure et donc je suis le premier homme à partir de Goose Bay au Labrador, et je suis rentré chez moi et j’ai découvert des années plus tard que de nos 21 C47, six ont été capturés, cinq je crois, se sont faits prendre dans l’Atlantique Nord dans une tempête et sont tombés dans l’océan. On n’est pas arrivé jusque là-bas [Burma]. Mais ils se sont regroupés avec un autre escadron à Edmonton et ils l’ont appelé l’escadron 435. Et ils faisaient les vols Burma aller et retour.
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