Témoignages d'anciens combattants:
Lawrence Albert Weldon

Marine

  • Classe de graduation du HMCS York à Exhibition Grounds, Toronto, Ontario, le 3 mai 1944. M. Weldon est le 5e à gauche au dernier rang.

    Lawrence Albert Weldon
  • Dessin humoristique issu du Halifax Chronical du 29 mai 1945.

    Lawrence Albert Weldon
  • M. Weldon à l'âge de 18 ans, 1943.

    Lawrence Albert Weldon
  • Lawrence A. Welden, le 8 janvier 2010, à Burlington, Ontario.

    Historica Canada
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"Et que vous n’avez pas un seul endroit pour que tous ces gens puissent faire quelque chose, il est évident qu’il va y avoir du grabuge."

Transcription

Halifax était une ville où on s’ennuyait beaucoup à cette époque. C’était le black out total. Dans l’ensemble. Je ne sais pas comment expliquer comment était Halifax. Ce n’était pas un endroit très agréable mais vous preniez simplement les choses comme elles venaient. Le gouvernement n’a jamais fourni quoi que ce soit pour qui que ce soit là-bas. Il n’y avait aucun divertissements ou quoi que ce soit d’autre là-bas. Alors c’était assez difficile. Et c’est pour ça qu’il y a eu des émeutes à la fin de la guerre, parce que tout le monde était très contrarié. Je suppose que les marins qui partaient en mer et ça pendant des semaines et des semaines, et puis ils rentraient à Halifax et il n’y avait rien à faire pour eux là-bas, alors.

Mon souvenir de la fin de la guerre, ils ont fait l’annonce et tout le monde a reçu une permission. Alors tout le monde s’est retrouvé dans les rues. Et c’était une grosse erreur. Ils avaient, encore une fois, ils n’avaient rien à leur proposer comme divertissement. Pas seulement ça, ils ont fermé les cantines dans toutes les bases aux alentours d’Halifax, elles étaient toutes fermées et, ce qui était une autre erreur parce que, vous savez, il y avait toutes sortes de trafiquants là-bas pour prendre leur place. Mais si on parle des émeutes, je trouve que c’est la faute du gouvernement parce que le gouvernement était vraiment responsable pour ces émeutes. Ils ont mis la faute sur l’amiral Murray, ouais, Murray, mais il n’avait aucun contrôle sur la situation. C’était trop, vous savez, si vous doublez la taille d’une ville en l’espace de, quoi, un an ou quelque chose comme ça, et que vous n’avez pas un seul endroit pour que tous ces gens puissent faire quelque chose, il est évident qu’il va y avoir du grabuge. Je pense que le gouvernement est largement fautif dans cette histoire d’émeutes là-bas.

Une fois que vous étiez rentré, c’était bon, ils vous gardaient à l’intérieur. Ils essayaient de vider les rues. Un bon nombre de gars ne sont jamais retournés dans les rues. Alors quiconque l’ayant fait était là. Je pense qu’on est plus sorti pendant deux ou trois jours après ça. Ils nous gardaient à l’intérieur des casernes ou sur les bateaux, peu importe. Je suppose qu’en un mot comme en cent c’était la pagaille totale. Tout était sans dessus dessous. On a mis la faute sur la marine pour la majeure partie de tout ça mais, en fait, j’ai des photos à la maison qui montre des civils en train de transporter plein de trucs. Je crois que la marine était en gros responsable des vols d’alcool et de bière et ça, mais les civils étaient tous, ont pris tout le reste, vous savez, de chez Eaton ou chez Simpson ou qui que ce soit d’autre, chez Woolworth ; tous ces magasins étaient tout cassés dans la rue principale.

En fait, Halifax s’est très bien remise de ces émeutes parce qu’ils ont eu une ville toute neuve. Comme je dis, la première fois que je suis allé à Halifax, c’était un endroit lugubre, et j’y suis retourné depuis et c’est tout simplement une très belle ville. Alors le, Ils ont restauré un grand nombre d’immeubles et tout et tout. C’est super.

Est-ce que vous avez entendu parler de l’explosion à Halifax ? Ils déchargeaient les bateaux de toutes leurs munitions, ça devait être après la guerre je crois que c’est arrivé. Et ils déchargeaient tous les bateaux de leurs munitions à leur dépôt, le dépôt de la marine et c’était ils ont un endroit appelé le bassin de Bedford à l’extrémité du port d’Halifax. Et c’était une sorte de bassin comme ça, là où ils faisaient les convois et tout ce qui s’en suit. Et il y avait de grandes collines tout autour. Et le dépôt était derrière les collines. Quelque chose s’est passé, je ne sais pas s’ils ont jamais trouvé ce qui s’est réellement passé mais je crois que des, peut-être les grenades sous-marines sont remontées. Apparemment, ils empilaient les explosifs, ces grenades sous-marines, dehors et elles auraient dû être mises à l’intérieur, je ne sais pas. Je n’en ai jamais trop entendu parler mais j’ai vu les fusées monter.

Je me tenais à la proue du Port Hope [NCSM] à ce moment-là quand cette chose, la première a explosé. Et je n’oublierai jamais ça parce que je ne sais pas à combien de milles de là on était mais l’explosion a souffler mon pantalon, faisant une ondulation, comme ces pantalons à patte d’éléphant, ils avaient du mou en bas. Et l’explosion a juste, s’est propagée dans le port.

Et après on est partis derrière McNabs Island pour, je crois qu’on était trop près des explosions alors ils ont mis presque tous les bateaux les ont faits descendre dans le port, hors d’atteinte. L’explosion a commencé dans l’après-midi un jour et je crois que le jour suivant, on est revenus parce que c’était à peu près terminé à ce moment-là. Ca a continué à pétarader un peu pendant la nuit, mais ils avaient repris le contrôle.

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