Témoignages d'anciens combattants:
Fred George “Wilkie” Wilkinson

Forces aériennes

  • Portrait de groupe de la classe No.75 de l'ITS 5, Belleville, Ontario, en 1943.

    Fred Wilkinson
  • Page provenant du carnet de vol de Fred Wilkinson, utilisé pour enregistrer ses entrainements de vol depuis le 31 mai 1943.

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  • Portrait de groupe de l'équipage aérien de Fred Wilkinson, 1944-1945.

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  • Insigne de béret d'officier de Fred Wilkinson, novembre 1943.

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  • Ailes de pilote de Fred Wilkinson attribuées pendant la parade des ailes, novembre 1943.

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"Alors en fait, l’une des premières choses qu’il a dite était, vous êtes venu ici pour apprendre à voler et il a dit, si vous regardez autour de vous, un homme sur trois ici va mourir."

Transcription

Nous avions un chef d’escadron qui était le commandant de l’endroit où on faisait notre entraînement de base. Alors en fait, l’une des premières choses qu’il a dite était, vous êtes venu ici pour apprendre à voler et il a dit, si vous regardez autour de vous, un homme sur trois ici va mourir. Et ça nous a un peu secoué évidemment. Mais je suppose que ce qu’il avait en tête, c’était de s’assurer que nous, que nous n’avions pas un, qu’on était pas là uniquement pour s’amuser à apprendre à voler. Quand je suis arrivé en Angleterre, ils ont dit, non, on a besoin de bombardiers, de pilotes de bombardier, et vous allez devoir apprendre à voler sur des avions à plusieurs moteurs. C’est ce qui c’est passé là-bas. Je crois qu’il est possible que le souvenir qui dépasse tous les autres encore aujourd’hui est celui où je survolais la mer du Nord et que j’ai été attaqué par un chasseur allemand en vol de nuit. Bon, on était en vol, et on était dans un bombardier Wellington et je n’étais pas en opération, alors on survolait la mer du Nord parce qu’ils nous avaient donné un cap qui devait nous entraîner à deux cents milles au large dans la mer du Nord. Et j’apprenais à mon tireur comment faire voler cet avion. Et à ce moment-là, j’ai remarqué quelque chose qui ressemblait à des signaux lumineux qui montaient vers nous et j’ai pensé que c’était peut-être quelqu’un en difficulté. Mais comme j’avais dit à Sandy, mon tireur, de tourner dans cette direction, il avait commencé à tourner, et à ce moment-là, j’ai compris qu’ils ne s’agissait pas de signaux, c’était un, c’était des tirs de DCA qui arrivaient sur nous. Et les tirs venaient d’un flak ship allemand qui était posté par là pour dégommer les avions soit pendant leur approche avant de bombarder ou bien au moment de rentrer chez eux. Alors j’ai remarqué que c’était, ce n’était pas un signal de détresse, c’était des tirs de DCA qui venaient du bateau. Alors ce que j’ai remarqué juste après c’était à ma gauche ou à bâbord de l’avion, j’ai vu le sillage de deux traceuses qui m’arrivaient droit dessus. Alors j’ai attrapé le manche et brusquement changé la trajectoire de l’avion vers la droite et en descente. Et le pauvre tireur n’a pas eu l’occasion de faire quoi que ce soit, il se demandait ce qui se passait. Ensuite j’ai dit à l’équipage, il m’a manqué. Et à ce moment, on s’est échappé en quelque sorte et on est rentré. Quand je suis arrivé à la base, et fait mon approche pour l’atterrissage, j’ai constaté que je n’avais plus d’hydraulique. Alors il est possible qu’une balle soit passée à travers et ait coupé le système hydraulique ce qui fait que je ne pouvais pas descendre mes volets. Alors quand j’ai appelé la tour pour leur signaler, ils ont dit, oh tourne en rond et on va te dire quoi faire. Alors j’ai dit à l’équipage, vous savez ce qu’ils veulent qu’on fasse c’est qu’on oriente ce truc vers la France et qu’on saute au-dessus de l’Angleterre. Et j’ai dit à l’équipage, je ne veux pas sauter de nuit au dessus de l’Angleterre, alors je vais le poser alors je me suis positionner et entamer la descente dans le coin le plus éloigné de la piste et une fois que j’ai eu les roues sur le sol, j’ai commencé à freiner. Bon, évidemment j’allais très vite parce que je n’avais pas les volets descendus et le petit bonhomme avec les deux lampes torches qui vous dit où aller au bout de la piste, il m’a vu arrivé et il se rendait bien compte que j’allais beaucoup trop vite. Alors il est sorti du passage, heureusement, parce que je n’aurais pas eu le choix, s’il était resté là, je l’aurais sans doute tué avec les hélices. Alors quoiqu’il en soit, j’ai réussi à atterrir et puis la RAF était très mécontente à mon propos et ils ont dit, vous avez désobéi à un ordre. Et j’ai répondu, oui, je l’ai fait, parce que je n’avais plus de carburant. Alors ils ont dit, bon vous avez de la chance. Et j’ai pensé pour moi, je ne pensais pas du tout que j’avais eu de la chance, j’ai pensé que peut-être c’était une, que c’était une bonne chose à faire parce que j’avais sauvé l’avion au lieu de le laisser s’écraser en France. Et j’avais sauvé mon équipage et en ce qui me concerne, je pensais avoir fait le bon choix. Je n’ai jamais fait d’opérations. En d’autres termes, j’étais encore en apprentissage quand ils nous ont envoyés survoler la mer du Nord.
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