Témoignages d'anciens combattants:
Robert Yule

Armée

  • Un garde de camp canadien debout montant la garde avec une mitrailleuse de lumière de Bren, à Wilhelmshaven, Allemagne, 1945.

    Robert Yule
  • Robert Yule dans l'Allemagne occupée, 1945.

    Robert Yule
  • Robert Yule (à gauche) photographié avec un ami dans l'Allemagne occupée.

    Robert Yule
  • Camp de concentration pour prisonniers politiques, libéré à Wilhelmshaven, Allemagne, 1945.

    Robert Yule
  • Robert Yule en 2010.

    Historica Canada
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Transcription

Oui, j’étais à l’université, à Queen’s University à Kingston à partir de 1942, après avoir quitté le lycée. Et je suis devenu ami avec deux autres étudiants. Et comme la guerre continuait on a fait un peu d’entraînement militaire, la formation UNT à l’université. On avait l’impression qu’on devrait faire plus pour l’effort de guerre. Bien que mes deux frères aînés soient dans l’armée de l’air, mes parents n’étaient pas tellement pressés de me voir m’engager dans l’armée. Malgré tout, en octobre 1944, mes amis Art Smith et Jack Mandal et moi-même surnommés les trois mousquetaires par notre professeur de dessin, qui avait fait la Première Guerre mondiale, et il avait appuyé notre candidature pour quitter l’université et nous engager dans l’armée. Et voilà en avril 1945, on a embarqué sur l’Aquitania, 10 000 troupes canadiennes. Et l’Aquitania a levé l’ancre à Halifax et est descendu jusqu’aux Bermudes et ensuite est monté vers le nord jusqu’en Islande et on a mis sept jours pour aller jusqu’à Clydebank en Ecosse, là où on a embarqué. Et de là, on est allé dans des trains pour les troupes et on nous a emmenés au sud à Hayward Heath, au sud de Londres, pour nous entraîner davantage.

Et c’est là que la guerre s’est terminée en mai 1945 et on nous a désignés pour faire partie des forces d’occupation et on nous a envoyés, on est allé à Bruxelles en avion ; c’était mon premier voyage en avion et le premier pour Art aussi. Et on a laissé Jack en Angleterre, où il a rejoint le service de la poste aux armées. Mais Art et moi on a voler dans un Lancaster ou un autre bombardier de ce type et j’avais la place du mitrailleur de queue. Et on a atterri à l’aéroport de Bruxelles, qui montrait, c’était la première vision d’un endroit où les bombes avaient fait des dégâts à l’aéroport. Et on est allé passer deux jours à Bruxelles et ensuite on a traversé tout droit pour aller dans un camp en Hollande et puis de là, finalement on s’est retrouvés dans un camp de concentration à, près de Wilhemshaven en Allemagne.

Il y avait 2000 prisonniers environ dans ce camp de concentration. Il n’y avait pas de chambres à gaz là-bas mais il y avait des preuves évidentes de malnutrition et de manque total de confort. Ces prisonniers étaient en majorité des polonais prisonniers politiques. Et notre rôle était de faire respecter la loi dans le camp de concentration et on emmenait les prisonniers pour des petits travaux, couper du bois et faire des choses comme ça, et pour ça ils gagnaient 1000 calories de nourriture supplémentaire par jour. Tout était calculé en calories. Je crois que leur ration de base était de 1000 calories, ce qui n’est pas beaucoup mais c’est assez pour survivre.

Et on avait absolument aucun problèmes avec les prisonniers. Et finalement, on nous a fait rejoindre les forces d’occupation britanniques, et ils s’occupaient du commandement, et le Cameron Highlanders la 3ème division des forces opérationnelles d’occupation prenait en charge les corvées de routine d’un camp militaire.

On a commencé, en premier, on n’avait pas le droit de fréquenter les allemands mais après quelques temps, ils ont levé l’interdiction de fraternisation et on avait des soirées dansantes à Wilhemshaven à la salle des fêtes, qu’ils organisaient. On fraternisait avec les allemandes et les fermiers allemands et on échangeait des cigarettes contre des œufs et on faisait des festins d’œufs de temps à autres à la caserne.

Et pendant qu’on était là-bas, on a eu une permission et on est allés à Paris, au printemps 1946 je crois. Et quand on est arrivés là-bas, il y avait cinquante centimètres de neige et ils déplaçaient toute la neige avec des balais de paille, la poussaient jusque dans les égouts, pour que les véhicules et les voitures et les bus puissent traverser. Mais on a passé dix jours merveilleux à Paris.

Et je pourrais dire, c’était intéressant dans le train de troupes qu’on avait pris pour aller à Paris, on partageait une voiture à bestiaux avec les soldats polonais, qui partaient en permission quelque part, et j’ai eu l’impression que les soldats polonais avaient peur de l’occupation russe dans le pays plus que de tout autre chose. Je me souviens de ça comme de quelque chose de très prononcé chez les polonais.

Et puis finalement, on a eu la possibilité de signer pour l’occupation en Europe ou de rentrer chez nous et de suivre l’entraînement pour la guerre au Japon. On a choisi de rester en Europe parce qu’on pensait que c’était ce qu’il y avait de plus facile pour terminer notre service et retourner à l’université. Et finalement en mai 1946, les forces d’occupation ont été réduites et nous sommes retournés en Angleterre et par la suite on nous avait programmé un retour au pays sur le SS Ile de France en mai 1945 [sic :1946] mais le SS Ile de France donnait de la bande sur bâbord et ne pouvait pas naviguer, alors il devait partir au Havre en France pour les réparations. Et finalement il est revenu et nous sommes rentrés au Canada en mai 1946. Et on m’a rendu à la vie civile à Londres en Ontario en juin et avec mes amis Art et Jack nous sommes retournés à Queen’s University pour la session d’été et nous avons repris les cours normalement en septembre 1946.

 

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