Témoignages d'anciens combattants:
Roy Watkins Page

Armée

  • Roy W. Page au dépôt de la 3ème division d'Unité de Renfocement, Aldershot, Angleterre, 1941.

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  • Portrait de Roy W. Page en Italie, le 5 novembre 1944.

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  • Certificat de Roy Page certifiant sa commission temporaire, 23 août 1945.

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  • Certificat de service de Roy Page.

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  • Photocopie du papier d'attestation de service, 1940. Roy W. Page a menti sur son âge en déclarant qu'il avait 19 ans (il avait en fait 17 ans).

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Écoutez ce témoignage

"Et je suis allé sur la ligne Hiver, et j’ai fait la même chose que les autres, je dormais le jour, et la nuit, je sortais, j’allais m’asseoir dans la tranchée de tir, c’était tout."

Transcription

Je me suis enrôlé au manège militaire Prince of Wales d’Edmonton, en juillet 1940. Il y avait un grand, il y avait beaucoup de monde, ils ont demandé s’il y avait quelqu’un qui savait taper à la machine, j’avais pris des cours de dactylographie à l’école secondaire, je me suis donc porté volontaire pour donner un coup de main. À partir de ce moment-là, j’ai été commis au manège militaire Prince of Wales à Edmonton une année entière.

Au printemps 1944, je devrais dire à l’été 1944, on m’a envoyé à Calgary, à la caserne Currie pour suivre un cours pour les commis, et après avoir obtenu mon diplôme, en fait, toute ma promotion, on a tous été envoyés au Royaume-Uni. On est arrivés au Royaume-Uni, en octobre 1944, je crois. J’ai été affecté au 3e détachement de renforcement canadien, à Crookham Crossroads dans le Hampshire, je suis resté là pendant environ un an, jusqu’à ce qu’ils nous disent d’aller à la caserne d’Aldershot.

J’ai continué mon travail de commis. Un des problèmes que j’avais à faire autre chose que du travail de commis, c’était que je portais des lunettes. J’étais dans la catégorie B1, ce qui voulait dire que j’étais en bonne forme physique, mais que je devais porter des lunettes. Il n’y avait aucun moyen pour moi de faire partie d’un bataillon de combat, parce que pour ça, il fallait être dans la catégorie A1.

Au cours de cet hiver-là, ils ont énoncé un nouveau règlement comme quoi les gens qui étaient en excellente santé, mais qui devaient porter des lunettes pouvaient dorénavant faire partie d’un régiment. Ils passaient à la catégorie A1. J’ai demandé immédiatement à être réaffecté. Comme je n’avais aucune expérience dans l’armée, j’avais seulement de l’expérience en travail de bureau, on m’a envoyé dans une petite école pour apprendre à manier les armes, à Camp Borden, dans le Hampshire, au début de l’été 1943. C’était là que j’étais quand le [Loyal] Edmonton Regiment a envahi la Sicile. Je me rappelle que je leur avais souhaité la meilleure des chances. Après ça, en octobre, on m’a encore réaffecté parce que les instructeurs désignés devaient avoir combattu.

Je suis retourné au Western Holding Unit. J’avais été fait caporal, mais j’ai dû retirer mes galons parce que le régiment d’Edmonton n’acceptait pas de sous-officier. À la fin de 1943, je suis allé en bateau à Naples, en Italie et de là, je suis allé à Avellino pour participer au premier jour d’activités du détachement de renforcement. À Avellino, j’espérais bien qu’on m’enverrait au régiment, ce qui s’est finalement produit. Et je suis allé sur la ligne Hiver, et j’ai fait la même chose que les autres, je dormais le jour, et la nuit, je sortais, j’allais m’asseoir dans la tranchée de tir, c’était tout.

Dès qu’il a commencé à faire beau, je suis allé avec un régiment dans les plaines Foggia pour suivre des cours de combat dans les chars d’assaut. On est resté là jusqu’à ce qu’on nous dise d’aller sur la ligne Hitler, c’était l’été et moi, j’aimais nager. Je suis allé nager dans une rivière sale et j’ai attrapé une infection à l’oreille, et le jour même où le régiment d’Edmonton est allé se battre sur la ligne Hitler, moi, j’étais LOB, c'est-à-dire laissé hors de la bataille – et s’il y avait eu un major et un capitaine dans la compagnie, l’un ou l’autre aurait été laissé hors de la bataille – c’était la même chose pour les sous-officiers. J’ai rejoint le régiment un ou deux jours plus tard, la bataille était finie, et je suis resté avec le régiment jusqu’à Frosinone, sur l’autoroute six. C’était la bataille de, non c’est Monterregio ou un nom comme ça. Ensuite, on s’est reposés, c’était dans la région de Perugia. On s’est reposé jusqu’à ce qu’on aille chercher des renforts, qu’on reçoive une formation, qu’on parte, etc. Et puis, on m’a, on nous a dit de retirer nos insignes, de retirer la pièce rouge qui était sur nos épaulettes, et de retirer l’insigne du béret.

Et nous sommes allés à Florence, sur les berges de l’Arno. Il y a quelque chose dont je me souviens très bien, très clairement, c’est que j’étais à l’étage supérieur de là où je me trouvais, j’étais maintenant caporal suppléant ou caporal, et je pouvais regarder directement par la fenêtre, sans mettre la tête dehors bien sûr, rester en retrait de la fenêtre, regarder par delà la rivière et voir le David de Michel-Ange.

Le lendemain, on nous a dit de remettre les pièces. On avait demandé à des volontaires d’aller en patrouille de l’autre côté de la rivière, mais il fallait être célibataire et je m’étais marié au Royaume-Uni, je ne pouvais donc pas me porter volontaire. Et puis, on est parti, on se déplaçait la nuit, le long de la mer Adriatique et le fleuve Volturno. Je me trompe peut-être avec ces noms. La 1re Division du Canada était la division d’assaut et la Deuxième brigade était la brigade d’assaut, le Edmonton Regiment était le régiment d’assaut. La Charlie Company était la compagnie d’assaut. Le Quatorizième peloton était le peloton d’assaut et Roy Page était caporal de la Sixième Section qui avait été désignée pour aller dans l’eau en premier. Heureusement, ça a été une bataille qui n’a jamais pris forme parce que les Allemands s’étaient retirés de cette ligne et à partir de là, on n’a fait que franchir des rivières.

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