Témoignages d'anciens combattants:
Ruby Somers

Marine

  • Dernier numéro de "The Tiddley Times", un magazine distribué à la WRENS.

    Ruby Somers
  • Ruby Somers en permission avant de partir en outremer, 1944.

    Courtesy of Ruby Somers
  • Ruby Somers, à l'âge de 20 ans, à St. John's, Terre-Neuve, 1945.

    Ruby Somers
  • Ruby Somers et son mari Millar, photographiés en 1944.

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  • Photo de mariage de Betty Chishelm, la meilleure amie de Ruby. Elle s'est mariée avec Johnny Ewasiek.

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"On chantait Going to take a sentimental journey. Je n’ai jamais oublié cette chanson, elle est gravée dans ma mémoire."

Transcription

Je m’appelle Ruby Somers. Avant, j’étais Ruby Camraman, j’ai passé toute ma vie à Newcastle (Nouveau-Brunswick). Je ne savais pas trop ce que je voulais faire et par hasard, je suis tombée sur un journal. Il y avait une photo d’une petite Wren. Les Wrens [personnel féminin de la Marine royale du Canada] faisaient du recrutement. J’ai regardé la photo de la petite Wren et j’ai dit : « C’est ça que je veux être. » Je n’avais que 17 ans. Je me suis portée volontaire, j’ai envoyé une lettre et j’ai reçu une lettre qui me disait que j’étais trop jeune, qu’on me recontacterait quand j’aurai 18 ans. Et quand j’ai eu 18 ans, les Wrens m’ont recontactée. Aussitôt, j’étais en route pour Galt, en Ontario, pour y suivre une formation. Dans le train, j’avais l’impression que je n’atteindrais jamais ma destination. Je pensais être en route pour le bout du monde. Ça me semblait tellement loin. Je n’avais pas été plus loin que Saint John [Nouveau-Brunswick] dans ma vie. Quand on est arrivé à Galt, il y avait un gros camion qui nous attendait pour nous conduire au NCSM Conestoga. Cela a été le début des trois ans que j’ai passés dans la marine. J’avais une amie très chère, Betty Chishol, elle venait d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. On s’était rencontré dans le train. Ils étaient allés la chercher à Antigonish, là où elle vivait, le train dans lequel elle était passait par chez moi, j’attendais de monter, et il y avait une place vide à côté de Betty, je me suis assise et tout de suite, on est devenues amies. Oui, c’était bien, c’était une bonne amie. Partout où nous allions, il semblait qu’on était affectées toutes les deux au même endroit. C’était bien. J’étais un petit peu timide à cette époque, j’avais des difficultés à me faire des amies, de nouvelles amies. Betty et moi, on s’entendait très bien, et puis il se trouvait qu’on nous affectait toujours ensemble, au même endroit. Puis, toutes les deux, on s’est porté volontaires pour aller à l’étranger. Un jour, on a vu une note sur le babillard. On était à la recherche de volontaires pour aller à l’étranger. On s’est regardé et on s’est dit : « Pourquoi pas? » On a donc donné nos noms et presque aussitôt, on était en route vers Terre-Neuve et à l’époque, Terre-Neuve faisait partie des pays étrangers. On y est resté un an. On était à Terre-Neuve quand la guerre a pris fin, c’était une journée magnifique. À la base, tout le monde criait, il y avait des ballons qui volaient, c’était vraiment fantastique. On savait, Betty et moi, qu’on allait rentrer bientôt chez nous, on était donc très heureuses. Cela faisait trois ans qu’on était loin de chez nous. On était toutes sur le pont, sur ce grand, cet énorme navire, on chantait toutes, on s’amusait bien, mais peu à peu, le pont se vidait. Tout le monde avait le mal de mer. Ça a été un moment inoubliable, je ne l’oublierai jamais. On chantait Going to take a sentimental journey. Je n’ai jamais oublié cette chanson, elle est gravée dans ma mémoire. Je n’étais pas un bon marin, j’étais malade tout le temps que j’étais sur un navire. Je ne me levais jamais pour aller manger. J’ai adoré Terre-Neuve. Il y avait un parc, le parc Bowring. Il y avait des bicyclettes à la base, que l’on pouvait emprunter. On pédalait jusqu’au parc, on emportait un pique-nique, c’était beau. On y allait souvent. L’autobus nous emmenait à divers endroits pour nous montrer divers lieux de la province, on passait la journée. J’ai vraiment, vraiment aimé St. John’s [Terre-Neuve]. Cela a été ma plus belle année.
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