Témoignages d'anciens combattants:
Vern Westhaver

Armée

  • Le 30 juillet 1944, Vern Westhaver combattait en France lorsqu’il a été atteint au dos d’un éclat de shrapnel. Il a été hospitalisé pendant six semaines à cause de cette blessure. Le personnel de l’hôpital a accepté qu’il garde l’éclat qui avait été retiré de son dos.

    Vern Westhaver
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"Je transportais un gros appareil radio sur le dos et je ne suis pas très grand, je fais seulement 5’6’’. Je me suis presque noyé!"

Transcription

Je m’appelle Vern Westhaver. J’ai aujourd’hui quatre-trois ans. Pour commencer, je me suis joint aux Forces aériennes, en tant qu’artilleur sans-fil, mais ils m’ont flanqué sur une liste d’attente pendant environ huit mois et, je dois admettre, j’étais un peu fatigué d’attendre. Alors, un soir, on a fait la fête et nous avons tous décidé de s’enrôler dans l’Armée. C’était le 4 mai 1942. J’ai fait mon entraînement de base à Yarmouth en Nouvelle-Écosse et puis, ils m’ont envoyé outre-mer. J’ai abouti dans une école de formation sans-fil…pour sept out huit mois, où j’ai appris le code morse et comment transmettre les messages. C’était très intéressant. J’étais jeune. Je ne m’étais jamais porté volontaire avant mais nous avions reçu un très long entraînement, sur plusieurs mois, en préparation de cette grande invasion de la France. Alors, quand le jour J est arrivé, je me suis retrouvé sur la plage. Je transportais un gros appareil radio sur le dos et je ne suis pas très grand, je fais seulement 5’6’’. Je me suis presque noyé ! Quand on a ouvert la portière du navire de débarquement, je suis sauté à l’eau et l’eau m’arrivait aux épaules. La radio a été ruinée. Vous savez, je me souviens encore de cette journée. Des cadavres flottaient dans la mer. Nous étions tous si jeunes. J’avais vingt-et-un ans et je repoussais ces cadavres et je savais qu’ils étaient tous des jeunes comme moi. On pouvait voir le mot ‘’Canada’’ à leur épaule et ils étaient là, la tête submergée. Je suis quand même passé à travers et, je courais sur la plage lorsqu’un avion est arrivé. Je ne savais pas quel type d’avion c’était mais j’ai vu qu’il y avait des flammèches qui sortaient de ses ailes. C’est là que j’ai réalisé qu’ils nous tiraient dessus ! Et, tout d’un coup on aurait dit que la plage entière sursautait sous le coup des balles. J’ai sauté dans un trou et j’ai atterri en plein sur un Canadien, mort. Ensuite, le déclic s’est fait et je me suis dit ‘’Eh, gars, c’est la guerre !’’ Je vous dis que ces premiers jours ont été épouvantables. Je me souviens d’un soir, j’en avais fini avec la radio et tout d’un coup un petit gars très court est sorti des bois – c’était un Canadien – et il a m’a braqué une mitrailleuse en pleine poitrine en criant "Fish! Fish! Fish!". Je n’avais aucune idée de quoi il parlait. En tous cas, j’ai levé les bras. J’avais peur pour ma vie parce que son arme, une mitrailleuse Sten, pouvait faire feu à tout moment. Il m’a amené au quartier général et lorsque le colonel m’a vu, il a dit ‘’Diable ! C’est un de nos opérateurs sans-fil !’’ Je lui ai demandé ce qui en était et il m’a répondu ‘’Tu ne connaissais donc pas le mot de passe ? Je lui ai répondu que non. ‘’Le mot de passe était ‘’Fish and Chips’’!
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