Témoignages d'anciens combattants:
Murray T. “Curly” Copot

Marine

  • Armoiries du HMCS Alberni.

    Murray T. Copot
  • Équipage du HMCS Ontario, novembre 1945.

    Murray T. Copot
  • Muray T. Copot à Malte, juin 1945.

    Murray T. Copot
  • Portrait de Murray T. Copot, juin 1945.

    Murray T. Copot
  • Rondelle provenant de l'arène de Murray Copot, Calgary, Alberta. M. Copot s'est impliqué dans le hockey d'amateur pour oublier la guerre, dont il n'a pas parlé pendant des décennies. Il a été récompensé pour son travail pour le hockey d'amateur en ayant une arène à son nom.

    Murray T. Copot
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Transcription

Au moment où je me suis engagé, Myroslaw, c’était mon prénom et j’ai changé pour Murray T. Copot. En fait, je me suis engagé en 1941 et j’étais sur la liste de la réserve et je suis parti pour le service actif en 1942, en mars 1942 – quelque part par là. J’ai rejoint le Chippewa à Winnipeg. Après avoir servi pendant quelques temps sur le Chippewa, à faire un peu de surveillance et apprendre comment être un marin car Winnipeg est au milieu des terres et il n’y a pas d’océan, rien que le lac Winnipeg qui était la plus grande étendue d’eau que je pouvais voir, et puis j’ai été sur le York. Et ça c’était à Toronto. Et après Toronto, je suis allé à Saint-Hyacinthe au Québec, pour ma formation. Et j’ai passé quelques mois à Saint-Hyacinthe et ensuite je suis allé à Halifax et après tout ce que je sais c’est que je me dirigeais vers la corvette Alberni, après être allé au Signal Distributing Office et il pleuvait sur Halifax, autre chose que je savais. Je suis monté sur l’Alberni et cette nuit-là, on est parti à Cap Breton avec un petit convoi et c’était assez dur, et j’avais le mal de mer et parce que tout le monde disait que j’allais avoir le mal de mer, alors j’ai eu le mal de mer mais ça a été la seule fois que j’ai eu le mal de mer, après deux ans passés sur l’Alberni.

A partir de là, on a fait la Triangle Run, c’était un route entre St John à Terre-Neuve, Halifax, Boston, New York, qu’on appelait la Triangle Run. On prenait les convois en charge jusqu’à un certain point dans l’océan Atlantique et puis on prenait d’autres convois sur la route du retour. Et après la mission avec les convois dans l’Atlantique Nord, on est allés outre-mer en, je crois que c’était en mars 1944, et on a accompagné quelques convois dans la Manche. Et on s’est préparé pour le jour J. On ne savait pas trop ce qui allait se passer et le 5 juin, je me souviens encore de notre capitaine, le capitaine Ian Bell, c’était un grand, un très grand capitaine et en plus c’était une personne formidable. Et il est monté à bord et il a dit, on n’y va pas aujourd’hui, c’était le 5 juin, mais probablement demain s’il s’arrête de pleuvoir. Et les vagues étaient plutôt hautes. Alors quoiqu’il en soit, le 6 juin on a aidé à prendre Port Mulberry – c’était le port artificiel d’où les chars et tout le matériel pouvaient rejoindre la terre ferme. Et on est arrivé là aux environs de 9h30 du matin et c’est un jour que j’aurais voulu oublier. Et il y a trois jours que je voudrais oublier le 6 juin 1944 à 9h30 du matin à Juno Beach, et le 21 août 1944 quand le bateau a été torpillé, et au mois de septembre 1944, quand on est allé prendre les prisonniers de guerre de Hong Kong. Et je pense que ces trois jours exceptionnels, je ne voudrais pas dire exceptionnels, mais ce sont les trois jours que je voulais vraiment oublier.

Pendant nos heures de repos, on jouait au bridge et quelquefois l’alarme sonnait pour signaler qu’on avait peut-être détecté un sous-marin ou bien qu’il y avait des sous-marins. Alors je ne sais pas comment on faisait ça mais on posait nos cartes, on attrapait nos bottes et nos cirés et nos affaires et on montait là-haut. Et après le signal de fin d’alerte, on redescendait et on recommençait à jouer comme si rien ne s’était passé dans les deux heures qui avaient précédé. Et quelquefois on faisait des courses de cafards sur la table du mess sur le pont, particulièrement le 1er juillet, c’était notre jour de fête et quelquefois, on gagnait un ou deux dollars ou alors on perdait un ou deux dollars avec notre cafard.

Mais quoiqu’il en soit, pendant que le bateau coulait, il s’est pris dans, peu importe, il coulait, quand j’ai été, je crois que quelque chose a dû me cogner la tête ou quelque chose comme ça mais tout d’un coup, je me suis réveillé en quelque sorte et il faisait tout noir, sous l’eau, et je ne savait pas trop si je remontais ou si je m’enfonçais. Mais tout d’un coup, il a commencé à faire plus clair, alors à ce moment-là, j’ai dit, bon, je vais dans la bonne direction, ma mère ne peut en aucun cas recevoir le télégramme parce que ça la tuerais, alors je suis remonté en flèche et quand j’ai vu l’avant du bateau qui coulait, j’ai battu tous les records pour sortir de l’eau avant d’être aspirer vers le bas à nouveau. Mais ma mère et mon père à ce moment-là étaient à Fraserwood dans le Manitoba au Canada et à l’heure de Greenwich il était midi moins le quart et elle s’est réveillée à quatre heures moins le quart heure de Winnipeg et elle a réveillé mon père et a dit, il est en train d’arriver quelque chose à notre fils. Alors ils sont descendus et ont commencé à prier et c’est à peu près au même moment que je me suis dit, ma mère ne peut pas recevoir un télégramme parce que ça la tuerais. Alors il y a quelque chose avec les prières aussi.

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