Témoignages d'anciens combattants:
Leslie Edwin Euinton

Forces aériennes

  • Leslie Euinton, New Delhi, Inde, octobre 1945.

    Dr. L.E. Euinton
  • Photo du cours de l'Unité de Formation Opérationnelle (OTU) à Ashbourne, Derbyshire, Angleterre, début 1944. Plusieurs amis de Leslie Euinton sont sur cette photo.

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  • Pages du livret de paie de la Force Royale Aérienne (RAF) de Leslie Euinton montrant son autorisation de sortie et instructions de remobilisation.

    Dr. L.E. Euinton
  • Dr. Leslie Euinton (à gauche), à Red Deer, Alberta, le 11 novembre 2007.

    Dr. L.E. Euinton
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"Quand nous avons récupéré l’avion, tout l’arrière était en accordéon et les ailes aplaties. On s’était arrangés pour le récupérer mais c’était une perte totale."

Transcription

Bon, en commençant par la déclaration de la guerre, j’étais chez moi quand j’ai entendu la nouvelle, et à ce moment-là on nous appelait sous les drapeaux. Alors pour mon 20ème anniversaire, c’était en novembre 1940, pour mon 20ème anniversaire je me suis fait enregistrer pour le service, et il s’est passé des mois et des mois sans que j’entende parler de quoi que ce soit, alors je suis allé me renseigner et ils m’ont dit : « Bon vous ne pouvez pas vous engager parce que dessinateur technique est un emploi de réserve. » Et alors j’ai dit : « Bon, alors rien ? » Et il a dit : « Bon, si, seulement les sous-marins et l’aviation. » Donc j’ai refusé les sous-marins et c’est comme ça que je suis allé dans l’aviation. Et ça explique aussi pourquoi j’étais dans la réserve volontaire de la RAF et non pas dans la RAF tout court. Et ils ne m’ont pas appelé jusqu’en avril 1942.

Pour aller m’engager, tout ce que je devais faire c’était traverser Regent’s Park car je me suis engagé au Lord’s Cricket Ground, qui se trouve juste de l’autre côté de Regent’s Park par rapport à l’endroit où j’habitais à Londres. De là, ils m’ont envoyé dans une école élémentaire de pilotage en Ecosse et là-bas ils ont décidé que je serais bombardier. Et puis de là on est allés à Liverpool et on a attendu et on a pris un bateau de troupes le Strathmore. Et on m’a envoyé en Afrique du Sud pour l’entraînement. En Afrique du Sud, j’ai terminé premier de toutes les écoles d’aviation et on m’a demandé de rester en tant qu’instructeur. J’ai choisi de ne pas le faire, j’ai choisi d’être nommé officier tout de suite. Et après deux semaines dans un camp de transition à Durban, en attendant une disposition quelle qu’elle soit, tout le reste de mon cours a été remonté tout de suite par route, en Afrique, pour faire leur entraînement de perfectionnement au Moyen-Orient, mais j’ai attendu encore pendant deux semaines, et on m’a ramené jusque chez moi en bateau en passant par la Méditerranée, etc. Et puis ils ont décidé de nous mettre dans le Transport Command pour nous occuper du remorquage des planeurs et ainsi de suite.

Maintenant, à Arnhem, tous nos pilotes de planeur étaient des pilotes de l’armée de terre, mais on perdait tous ceux, donc il nous a fallu nous occuper de la formation d’une grande quantité de pilotes fraîchement diplômés. On leur a donné le choix, soit de devenir pilote de planeur ou de partir directement en Birmanie avec le même grade que dans l’armée de terre. Ou bien vous pouvez descendre au fond dans les mines de charbon. Alors le premier lot a été assez content de devenir pilotes de planeurs. Le dernier lot pensait tout simplement que c’était mieux de descendre dans une mine de charbon.

Quoiqu’il en soit, après ça, comme je l’ai dit, durant cette période, on m’a envoyé à l’école de parachutisme de Ringway, pour devenir une sorte de maitre de saut pour les parachutistes. Et c’est ce que j’ai fait. Pendant ma carrière, bien que je sois bombardier, je n’ai pas largué de bombe sous le coup de la colère où que ce soit. Je n’ai largué que deux bombes en tout. L’une c’était sur un hôtel dans East London en Afrique du Sud, et l’autre c’était dans le jardin de quelqu’un à Bristol. Et ce sont les deux seules bombes qui ont atterri, autant que je puisse le constater, sur des gens. Mais elles n’ont pas fait de dégâts apparemment.

Quoiqu’il en soit, ensuite nous sommes allés en Birmanie et même si au moment où j’y suis arrivé, au début, tout au début de l’année 1945, les japonais avaient subis une défaite significative à la bataille d’Imphal quand ils ont essayé d’entrer en Inde, mais il y avait encore beaucoup d’entre eux, qui essayaient juste de repartir par là où ils étaient venus et, en bas, en bas, qui allaient vers le sud en Birmanie pour traverser le Siam parce qu’ils avaient tous traversé par là au début. Et j’en ai fait 68 de ces vols en Birmanie, on ne parachutait pas des troupes mais on parachutait du ravitaillement et ainsi de suite.

Bien que les japonais aient été battus à Imphal, et il ne leur restait plus d’avions pour nous causer des ennuis, mais il y avait encore beaucoup d’entre eux qui essayaient de revenir créant ainsi tout un tas de problèmes à notre armée de terre. Alors on parachutait des troupes, mais notre problème principal c’était qu’on a eu deux de nos avions qui se sont faits descendre par des tirs d’armes légères, mais notre plus gros problème c’était de voler en plein pendant la mousson. Au début de la guerre en Birmanie d’après ce que je sais, ils ont arrêté les combats pendant la mousson et tout le monde a eu des vacances ou quelque chose comme ça. Mais on a dû voler pendant toute la période de la mousson et même jusqu’en juillet, le mois qui a précédé la fin de la guerre. On a perdu trois avions dans notre escadron, probablement à cause du temps parce qu’ils ne sont tout simplement jamais rentrés. Donc la mousson c’était ça notre plus gros problème.

Mon pilote et moi-même, un jour aussi on était en vol, on n’était pas de sortie à cause de la guerre, mais juste lors d’une de nos expéditions de largage, et j’ai dit à Bish, mon pilote : « ça s’accumule devant ? » Le ciel s’obscurcissait et ça s’accumulait, et il a dit : « On va juste jeter un coup d’œil. » Et tout de suite après, on a perdu le contrôle de l’avion, tous les cadrans se sont affolés ils tournaient dans un sens puis dans l’autre, et on s’est faits éjecté et on a terminé le tour et on a fait un tour complet, et on a eu des blessés à l’arrière, ils ont voltigé dans tous les sens. Et quand on a finalement réussi à ramener cet avion, et j’ai dû le ramener moi-même et quand ont est arrivés, vous pouviez en fait voir des marbrures sur l’arrière de l’avion et les ailes étaient relevées et l’avion a été mis hors service bien qu’on ait réussi à le ramener à bon port.

Les Dakotas, oui, oui, quel avion merveilleux et sûr, parce qu’ils étaient limités et qu’ils volaient en particulier dans ces mauvaises conditions là-bas, on nous avait supprimé l’équipement d’oxygène et alors on ne pouvait pas monter à plus d’une certaine altitude. Donc on a fait la plupart de nos vols à 6 pieds environ, juste pour être un peu au-dessus de 6000 pieds. Je veux dire, la Birmanie c’est juste deux rivières et deux chaînes de montagnes, alors vous deviez passer au dessus d’une chaîne de montagnes et une vallée fluviale, puis au dessus d’une autre chaîne de montagnes jusqu’à une autre vallée fluviale. Et ensuite vous alliez au nord ou au sud, ça dépendait de l’endroit où vous essayiez de larguer vos trucs.

Bien que les japonais aient subi une défaite importante, il y en avait encore beaucoup parce qu’il n’y avait pas moyen de partir de là. Et alors ils essayaient de passer par le sud. Ils avaient annexé toute la Birmanie en 1942. En l’espace d’une année, ils avaient annexé toute la Birmanie. Et puis ils ont attendu pendant toute la mousson avant d’envahir l’Inde. Et c’est ce qui a causé leur perte parce que l’amiral Mountbatten était devenu commandant suprême et en lui donnant plusieurs mois pour tout mettre en place ils ont essuyé une sévère défaite. Mais comme je dis, ils essayaient toujours de revenir et ils étaient toujours gênants.

Mais notre principale, pour nous les aviateurs, notre principale inquiétude c’était de voler pendant les moussons, ce qui n’avait jamais été fait avant. Et apparemment, c’est ce qu’on m’a dit. Et on perdait des avions assez régulièrement. Ce qui est sympa avec la force aérienne c’est que vous ne voyiez pas vos morts. Vous saviez que sept avions étaient de sortie et seulement cinq étaient rentrés et c’est tout ce que vous saviez. Alors ce qui s’était passé, on ne savait jamais. Comme je dis, on a perdu trois avions en juillet et le mois d’après la guerre était finie. Mais voilà. Et puis on a perdu plus d’avions juste en faisant sortir les prisonniers de guerre, quand la guerre était terminée.

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