Témoignages d'anciens combattants:
Burton Edwin “Burt” Harper

Armée

  • Première réunion annuelle des officiers CANLOAN, Société Royale Empire, Londres, Angleterre, le 14 avril 1945. Le lieutenant Burt Harper a servi en tant qu'officier CANLOAN avec le régiment East Lancashire.
    Lieut. Arthur L. Cole / Canada. Déartement de la Défense Nationale / Bibliothèque et Archives du Canada / PA-183895

    Lieut. Arthur L. Cole / Canada. Déartement de la Défense Nationale / Bibliothèque et Archives du Canada / PA-183895
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"Je n’y voyais rien, il ne pouvait pas marcher, ils m’ont emmené jusqu’à la porte d’entrée de la maison et avec les bras autour des épaules et la taille"

Transcription

Je m’appelle Burton Harper. J’ai servi pendant la Deuxième Guerre mondiale, en tant que, de simple soldat à lieutenant. J’étais un « Can-Loan officer ». C’est à dire, que pendant mon service actif contre l’ennemi j’étais un officier canadien « prêté » à l’armée britannique. C’était officielement un « Can-Loan », un groupe de « Can-Loan ».

Mon expérience en ce qui concerne la prise directe avec l’ennemi a duré de juin 1944 à janvier 1945. Je me suis engagé à nouveau dans l’armée en 1940 comme simple soldat avec le North Shore Regiment. Et j’ai servi à leurs côtés jusqu’à ce que je devienne un « Can-Loan », et en tant que « Can-Loan » j’ai servi aux côtés du East Lancashire Regiment, dans la 53ème division galloise dans l’armée britannique pour tout sauf la solde, heureusement. Je recevais une solde canadienne pour ça. J’ai été blessé en janvier 1945, suis retourné dans mon unité seulement quand la guerre s’est terminée. Et mon, et finalement en 1946, j’ai été libéré de mes obligations militaires.

J’ai rejoint le North Shore Regiment, le North Shore faisait partie de la 3ème division canadienne. On était installés à Woodstock dans le Nouveau-Brunswick temporairement. L’année suivante, pardon, sommes allés dans le Sussex, nous sommes partis en Angleterre. Et j’ai servi là pendant une année et puis j’ai été, j’avais été promu caporal, puis j’ai été renvoyé au Canada comme instructeur et pendant que j’étais au Canada, j’ai été recommandé pour être nommé officier. Et j’ai été nommé officier au Canada quelques mois plus tard.

Entre temps, la guerre continuait et ceux d’entre nous au Canada qui venaient d’être nommés officiers, je pense qu’on craignait que la guerre se termine avant qu’on soit de retour là-bas, alors on était plutôt impatients de repartir et rejoindre l’unité. Et l’occasion s’est présentée en 1944. Les britanniques avaient souffert de terribles pertes en commandant de peloton parce que le peloton d’infanterie c’est l’élément qui fait face à l’ennemi. Et à sa tête, le commandant de peloton, est, évidemment, dans une des positions les plus risquées qui soit. Ils en ont perdu beaucoup mais pas les canadiens, on n’était pas tant que ça dans la bataille à l’exception de la 1ère division en Italie.

Et alors on était tellement impatients de retourner dans nos unités et l’occasion s’est présentée au début de 1944 quand il y avait eu un arrangement pour que les officiers canadiens soient acceptés à titre bénévole dans l’armée britannique. Ça allait parce que la majeure partie de notre formation était basée sur les britanniques. Nos uniformes étaient presque identiques à l ‘exception du tissu. La seule chose qui était différente c’était la solde, la solde était la moitié de ce qu’on recevait, la montant de la solde. Alors on est partis avec une solde canadienne, on s’est engagés, 620 canadiens se sont portés volontaires pour aller dans l’armée britannique en Angleterre. On avait le droit de sélectionner notre unité. Je ne sais pas pourquoi j’ai pris les East Lancs (East Lancaster Regiment), mais j’ai choisi une excellente unité. Plusieurs East Lancs et nous avons débarqué en juin, après le jour J. On n’a pas débarqué le jour J, mais on a suivi de peu, et on a servi avec eux jusqu’en janvier, j’ai été blessé en janvier, après six mois et demi et j’ai fait, je crois, le service le plus long en tant que commandant de peloton dans la division.

Donc la Bataille des Ardennes (16 décembre 1944 - 25 janvier 1945), comme vous le savez sûrement, on y faisait référence comme étant le saillant de la ligne, les allemands avaient poussé à travers ces collines boisées, les montagnes des Ardennes ils les appelaient, mais ce n’en était pas, ce sont des collines, des collines boisées. On est descendus là-bas à la fin du mois de décembre, plein de neige, juste comme ce qu’on a en ce moment, à peu près autant, et froid et très inconfortable dans une tranchée étroite, c’était comme être à l’intérieur de votre congélateur dans la plupart des cas. Je ne devrais pas trop mettre en avant l’inconfort, mais c’était bien comme ça que c’était.

On a eu le 7 janvier, on allait attaquer le petit village de Grimbiémont en Belgique, qui était de l’autre côté de, on était en face d’une colline, Grimbiémont était juste de l’autre côté, et la route traversait Grimbiémont en direction de l’ennemi. C’était important que l’ennemi considère cette route comme très importante. Alors n’importe comment, les bataillons devaient l’attaquer. Or, la route qui venait du haut de la colline, qui donnait sur l’ennemi, il y avait des maisons des deux côtés de la route, quelques unes d’entre elles occupées par des civils, la route elle-même conduisait directement à l’ennemi. Alors c’était une zone d’abattage pour lui. N’importe qui sur la route, c’était fini.

Alors on a attaqué deux des maisons. J’avais la moitié de mon peloton sur les maisons d’un côté, l’autre moitié sur l’autre côté et on est descendus maison par maison, en faisant très attention de ne pas en voyer de grenades en premier parce qu’il y avait des civils là dedans. Mais on a fait une descente jusqu’au pied de la colline. Près du pied de la colline, il y a eu une explosion sur la route et une explosion dans ma tête en même temps. Je me suis retrouvé à quatre pattes, en regardant la neige et il y avait du sang et des dents et des choses comme ça. J’avais été touché au visage. Vous ne pouvez vous arrêter pour personne lors d’une attaque quand il y a l’artillerie qui arrive parce que sinon vous perdez tout. Alors mes compagnons m’ont mis à la porte d’une maison et ont continué.

Dans la maison, il y avait quelques habitants belges. Et ils m’ont attrapé, m’ont emmené en bas dans la cave là où ils se tenaient et ils m’ont bandé le visage et ils ont dû être effrayés, le reste des gens, je sais qu’ils ont mis des bandages et des bandages et je ne pouvais pas les voir, évidemment c’était enflé de toute façon. Et un autre de mes compagnons était blessé à la jambe et ils l’ont descendu en bas lui aussi. Et alors donc, et j’ai beaucoup de, bon, quelques histoires humoristiques au sujet des prières des belges là-bas, qu’ils répétaient, pendant que les bombes tombaient à l’extérieur et quand les bombes s’étaient arrêtées, les obus, le rythme avait décru un petit peu et puis leurs prières avaient diminué un petit peu, peut-être y avait-il un petit peu de conversation. Puis les bombes recommençaient et ils recommençaient à répéter leurs prières.

N’importe comment, après deux heures, j’étais toujours conscient, pas très à l’aise, mais l’autre gars, il avait mal. J’avais peur que l’attaque ait échoué et qu’il y ait une contre-attaque et je ne voulais pas être fait prisonnier et je ne pouvais pas le laisser là non plus. Alors j’ai pris la pire des décisions, bon, une des pires décisions je pense qu’on puisse prendre. Je n’y voyais rien, il ne pouvait pas marcher, ils m’ont emmené jusqu’à la porte d’entrée de la maison et avec les bras autour des épaules et la taille, et avec les yeux de Nelson et mes jambes, j’ai pris une décision, on va sortir sur la route et monter jusqu’en haut là où se trouvent les brancardiers et où le personnel médical se trouve. Et alors on est sortis sur la route, dos à l’ennemi, pas très loin, ils pouvaient nous atteindre avec un pistolet je pense et le reste, et la guerre continuait des deux côtés de la route et il n’y a pas eu un seul coup tiré sur nous pendant toute l’ascension de la colline. Et j’ai considéré que c’était très honorable de la part de notre ennemi sur le moment. Donc à partir de là, ça a été retour à l’hôpital.

La seule chose que je devrais ajouter à ça, c’est que pendant que j’étais à l’hôpital, j’ai rencontré une infirmière qui s’est bien occupée de moi, c’était en 1945. On vient juste de célébrer notre 63ème anniversaire de mariage en septembre et on va sur le 64ème.

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