Témoignages d'anciens combattants:
Harold Frank Ward

Forces aériennes

  • Carte d'identité d'Harold Ward, 9 septembre 1944.

    Harold Frank Ward
  • Journal de vol d'Harold Ward, montrant les opérations effectuées en août 1945.

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  • Équipage d'Harold Ward: Kelly, Artilleur Télégraphiste Aérien; M.B. McLeod, pilote; Larry Asoon, navigateur; Harold Ward, Artilleur Télégraphiste Aérien.

    Harold Frank Ward
  • Danseuse indienne, 5 novembre 1945.

    Harold Frank Ward
  • Classe des diplômés de l'escadron 34 des Artilleurs Télégraphistes Aériens. M. Ward est le 2ème à gauche au premier rang.

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"Mais on ne voit absolument rien dans ces nuages », ai-je lancé. Et il m’a répondu : « Tu nous a mis dans ce pétrin, à toi de nous en sortir."

Transcription

Je me suis engagé à Vancouver en août 1941. Et, bon, je travaillais dans ne usine, une fabrique de bardeaux, et le patron, n’a pas trop aimé quand je lui ai dit que je m’étais engagé dans la force aérienne. Bon, je me suis engagé dans l’armée en 1940, mais je suis allé dans les réserves du New Westminster Machine Gun Regiment et je n’ai pas aimé ça, alors j’ai donné mon uniforme et mes brodequins à un de mes amis, il était là-bas lui aussi, et lui ai demandé de les prendre et de les rendre, que j’allais m’engager dans la force aérienne. Et l’officier qui s’occupait de nous, c’était un pilote de chasse de la Première Guerre mondiale, alors il encourageait tout le monde à aller dans la force aérienne.

On était 106 dans mon groupe et j’étais un peu inquiet parce que j’avais quitté l’école depuis longtemps et je travaillais à la campagne et je pensais que ces jeunes seraient bien plus avancés que moi. Ils étaient sans doute encore au lycée. Mais quoiqu’il en soit, j’ai été 6ème sur 106, alors je me suis plutôt bien débrouillé. J’avais 24 ans et puis on est montés à Terre Neuve quelque part.

Ils ont perdu un convoi, il rentrait d’Angleterre et ils avaient déjà deux avions qui étaient partis à sa recherche et qui n’arrivaient pas à le retrouver et on y est allé et j’étais sûr que je l’avais repéré sur le radar, mais quand on est arrivé sur place, il n’y avait pas un seul bateau alentour, mais il y avait un tempête avec du tonnerre et de la foudre. La foudre tombait partout autour de nous. Et ils se sont pointés deux jours plus tard.

Et puis on est allés en Angleterre et on a suivi deux autres formations et on est parti en Birmanie et c’est là où j’ai fini la guerre. On est partis le 3 janvier 1945, on volait sur des Dakota pour aller en Inde. En premier on est allés au 436ème, mais trois jours après, ils ont envoyés trois d’entre nous au 435ème. Alors c’est là où j’étais jusqu’au bout là-bas, dans le 435ème escadron, commandement des transports. J’étais répartiteur et ce n’est pas comme aujourd’hui. Les trucs étaient empilés sur le sol et on devait les ramasser et les amener à la porte. On volait avec la porte enlevée tout le temps et on empilait tout, juste pour que ça dégage le plafond quand on poussait tout dehors. Et puis le pilote faisait sonner une cloche quand il avait trouvé un bon endroit pour tout larguer. Et puis quand la cloche s’arrêtait de sonner, on devait arrêter de jeter les affaires dehors.

On a eu un chargement de bidons d’essence, c’était le pire, on pouvait seulement en faire un à la fois alors ça prenait beaucoup de temps. Et puis on a eu des munitions une fois, on avait trois barils de munitions pour canons de chars, 950 kilos chaque. Et on devait trouver un moyen pour les amener jusqu’à la sortie. Donc on l’a fait, on a utilisé un nœud d’anguille. On n’était pas censés faire ça, mais après avoir larguer notre chargement, les autres équipages prenaient un navigateur pour leur indiquer la route à suivre pour rentrer et nous on ramenait l’avion à la base. Et la dernière fois que j’ai fait ça, je me suis perdu dans les nuages et je savais qu’on était près de notre base, mais on devait passer par un col dans les montagnes. Alors j’ai donné un bon coup sur le côté et le pilote est venu et il a demandé, « Qu’est-ce qui se passe ? » J’ai dit « Bon, qu’est-ce que je fais dans ces nuages, on n’y voit rien. » Il a dit « C’est toi qui nous a amenés là, c’est toi qui nous sort de là. »

Donc partout où vous avez des nuages, il y a un trou quelque part. Alors j’ai tourné sur la droite et j’ai fait un tour complet et juste au moment où je finissais le cercle, il y avait un trou dans les nuages, je suis descendu par là et la station était juste devant moi. Il a dit « Tu nous a conduits jusqu’ici, tu pourrais aussi bien atterrir. » Alors j’ai dit « Tu ferais bien de t’asseoir dans le siège du copilote alors. » Donc quoiqu’il en soit j’ai posé l’avion moi-même.

En Inde, là-bas en Birmanie, vous ne pouviez pas avoir de cigarettes roulées parce qu’il faisait tellement humide que vous ne pouviez plus les rouler deux jours après l’ouverture du paquet. Vous ne pouviez pas rouler une cigarette avec ça. Et il y avait eu un feu dans les cabanes du personnel, ces paillotes, il n’y avait pas un clou dedans, mais quand le vent soufflait, la notre était tellement longue qu’elle vacillait. On s’asseyait au bord du lit, prêt à se jeter dessous si ça tombait. Parce qu’ils utilisaient de la paille et du bambou et ils pouvaient débiter le bambou quand il était vert et juste le tourner et il séchait de cette manière et c’est vraiment dur de le séparer. Alors c’est ce qu’ils utilisaient à la place des clous.

Ouais et les japonais ont bien failli nous avoir deux fois. Cet endroit-là, on n’était pas censés y aller après 5 heures et il était 5h10 et ils avaient besoin de fournitures, c’était une base de l’armée anglaise. Et ils avaient un grand enclos entouré de fil de fer barbelé pour garder le matériel. Alors 5h10, on a atterri, on n’était pas censés être là après 5 heures parce que les japonais venaient sur la piste. Et quand on a décollé, les japonais étaient au bout de la piste, on a juste largué le matériel par la porte, jeté le seau à part. Le premier gars a décollé, ils l’ont touché trois fois, des tirs d’arme légère, mais il a réussi à rentrer à la base. Et on était les deuxième à partir et ils ont fait un carton sur la queue de notre appareil de 10 cm de large environ. On s’est bien débrouillés et on ne s’est pas faits tués.

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