Témoignages d'anciens combattants:
Cecile Re-Jeanne Houle (née Lemieux)

Armée

  • Cecile Houle, 1943.

    Cecile Houle
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"On n’était pas encore autorisées à porter des pantalons. Alors on portait des jupes. Le mois de février à Vermilion, au mois de mars en Alberta il fait très froid, quand on est en jupe, sur la place d’armes."

Transcription

Je suis Cécile Houle, je suis née à Gravelbourg dans le Saskatchewan le 9 septembre 1922. Bon je travaillais comme infirmière auxiliaire. J’aimais beaucoup ça, j’adorais le métier d’infirmière. J’y suis retournée après avoir quitté l’armée. Mais je voulais faire quelque chose d’autre, je voulais essayer quelque chose d’autre, alors j’ai pris, ils avaient des cours après l’initiation, j’ai suivi la formation de base à Vermilion en Alberta en février 1943. Oh oui. On n’était pas encore autorisées à porter des pantalons. Alors on portait des jupes. Le mois de février à Vermilion, au mois de mars en Alberta il fait très froid, quand on est en jupe, sur la place d’armes. Il y avait des plieuses de parachute, les filles, il y avait déjà quelques filles là-bas et moi j’ai été l’une des premières dans les bureaux, et il avaient quelqu’un d’autre une fille du nom de Agnès Carlson, qui est allée dans le, je suis allée dans le bureau de la solde, elle est allée dans le bureau de poste, et ils avaient une autre fille qui s’appelait Williamson qui est allée dans les entrepôts du quartier-maître. Alors on était trois à être mise en poste dans cette unité. On avait notre propre casernement, dans les bâtiments du CWAC [Service Féminin de l’armée canadienne], et ils venaient nous chercher le matin en camion et ils nous ramenaient après le travail. J’espérais être envoyée outre-mer, mais quand j’ai eu un entretien avec la conseillère à ce moment-là, elle a trouvé que je me débrouillerais mieux ici parce que j’étais bilingue. Alors ils m’ont mise à un endroit où je pouvais être utile, et c’était le bureau de la solde. Vous savez, vous pouviez les voir sauter des avions. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je souhaitais le faire moi aussi. Mais à cette époque, on ne faisait pas ça, les femmes n’étaient pas autorisées à faire ça. La chose très importante qui m’a beaucoup frappée c’était : je n’étais pas depuis très longtemps avec cette unité quand un certain nombre de nos hommes, qui appartenait à l’unité, sont partis outre-mer, je n’arrive pas à me souvenir maintenant de quel saut ils s’agissait, mais la plupart d’entre eux ont été tués au cours de ce saut en parachute outre-mer. Je n’arrive pas à me souvenir du quel c’était. Je ne dirais pas que ça a été le meilleur moment dans ma vie. La meilleur moment dans ma vie c’est quand mes enfants sont nés. Mais c’était, vous savez, une chose à laquelle je peux réfléchir et dire, j’ai participé à ça, j’ai été heureuse dans l’armée, qu’est-ce que je peux dire de plus, vous savez. Je n’ai jamais eu le moindre regret de m’être engagée.
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