Témoignages d'anciens combattants:
Blair Heeney

Forces aériennes

  • Directions et instructions de contrôle du trafic aérien pour l'aéroport de Dorval, Québec.

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  • Salle de réunion à Dorval, Québec. M. Heeney est au fond de la salle.

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  • Blair Heeney et son épouse Inez pendant leur voyage de noces, surplomblant les chutes du Niagara, Ontario. M. Heeney dit " Notez que je suis tellement fier de mon uniforme que j'avais même apporté les gants".

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  • Officier pilote Blair Heeney au printemps 1942.

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"(...) quand on est arrivés au dessus du détroit de Gibraltar, on n’avait pas les bons signaux pour ce jour-là, donc ils n’ont pas voulu nous laisser atterrir à Gibraltar parce qu’ils ne savaient pas qui on était."

Transcription

J’ai été affecté à la RAF (Royal Air Force) de Londres en tant que sous-lieutenant d’aviation par l’ARC (Aviation royale canadienne). Et quand je suis arrivé à la RAF à Londres, la RAF m’a affecté au commandement du transport de la RAF dans le Groupe (N°) 45 à Montréal. Et quand j’ai servi dans la RAF j’étais navigateur, traversant l’Atlantique lors de différents voyages autour du monde et comme officier de navigation là-bas jusqu’en octobre 1945.

Je m’occupais de la navigation à bord des appareils; j’étais responsable de la navigation à bord des appareils et à cette époque un grand nombre de pilotes étaient américains. Et ils pilotaient au départ d’ici, oh, tous les Liberator (B24, des bombardiers lourds) et tous ces appareils traversaient l’Atlantique en passant par Terre-Neuve, au-dessus du Groenland, de l’Islande et jusqu’à Prestwick, ce genre de choses quoi. Et j’ai fait ça pendant de nombreuses années.

Bon, on est partis de Dorval, on est descendus en train jusqu’à Northfolk en Virginie, pour aller chercher un hydravion là-bas. Et on a volé de Northfolk en Virginie jusqu’aux Bermudes. Et ensuite on a attendu là-bas pendant deux jours pour préparer le vol et de là on a pris l’appareil et on a fait la traversée jusqu’à Gibraltar. Le pilote était américain; le copilote était mexicain; l’ingénieur était un sergent anglais et la RAF, il semblerait que les soldats britanniques ne semblaient pas offrir autant de promotions que les Canadiens, et j’étais là au poste de lieutenant d’aviation à ce moment-là.

La flotte britannique, la guerre était assez avancée, la flotte britannique se dirigeait vers l’Afrique du Nord et ça nous a pris longtemps pour arriver, avec un hydravion, pour aller des Bermudes à Gibraltar que quand on est arrivés au dessus du détroit de Gibraltar, on n’avait pas les bons signaux pour ce jour-là, donc ils n’ont pas voulu nous laisser atterrir à Gibraltar parce qu’ils ne savaient pas qui on était. Et alors le navire a commencé à nous tirer dessus. Et on a fini par devoir poser l’appareil sur la Méditerranée à côté d’un navire de guerre anglais. Et, en tout cas, le capitaine a décidé qu’il allait nous tirer, voir qui on était, puis décider de nous amener à Gibraltar. Mais après il était préoccupé aussi à cause des conditions du moment parce que ça se passait quand ils ont amené tous les soldats en Afrique du Nord, vous savez. Et ça le préoccupait et il, je pense que ce qu’il a fait c’est qu’il a donné un bon coup d’accélération au navire et ça a fait plongé l’avant de l’avion alors il a envoyé un bateau pour nous récupérer de l’avion et nous amener à Gibraltar.

Et alors on n’est jamais allés jusqu’en Angleterre parce qu’on est arrivés à Gibraltar, le Commandement du transport de l’ARC et de la RAF se sont arrangés pour nous renvoyer à partir de Gibraltar, en passant par la Gambie et puis traverser jusqu’à Trinidad et remonter à New York. Et quand je suis arrivé à New York, j’avais perdu mon passeport. Je n’avais ni mon passeport ni mon carnet de vol parce que tout ça était au fond de la Méditerranée.

Quand on est retournés à New York, je n’avais rien de tout ça alors ils m’ont envoyé à Ellis Island parce que je ne pouvais pas prouver qui j’étais, et puis je n’étais même pas en uniforme. Alors quand je suis passé à travers tout ça, j’ai réussi à contacter le consul du Canada. Le consul du Canada m’avait sorti de là et a pu me renvoyer à Montréal. Voilà pour ce qui est de ce vol.

Un autre que j’ai fait une fois, j’ai traversé de la même manière à part qu’on est arrivés directement à Gibraltar. Et de là on est allés jusqu’à Malte, et ensuite traversée jusqu’à l’Égypte. Et ensuite direction l’Extrême Orient. Je suis allé jusqu’au bout pour livrer l’appareil. Mais au retour, je suis reparti par Le Caire et on s’est arrêté au Caire et, je le jure, j’étais là dans une taverne avec un groupe de gens. Il y avait un Américain, il y avait un Anglais, il y avait moi et il y avait un type de la Royal Air Force, RAF, qui venait du centre du Niger. Alors on a tous commencé à en parler. Certains parlaient de leur religion et ainsi de suite.

Vous savez, quand vous discutez avec un groupe comme ça, vous découvrez que quel que soit la religion à laquelle vous croyez, la seule différence entre votre croyance et celle de la plupart des autres réside seulement dans une petite différence sur le nom. Mais à part ça, tout le monde croit en la même chose. Alors ça a été l’un de mes voyages les plus intéressants, grâce à tous ces gens différents de… Même le type qui était d’une religion tribale, quand il a commencé à en parler, c’était obligé de penser : peu importe que vous ayez des racines juives ou anglaises ou hindou, tout à coup, vous réalisiez que tout le monde parlait de la même chose. Donc j’ai vraiment changé de mentalité grâce à ça, je peux vous l’assurer.

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