Témoignages d'anciens combattants:
Paul Lup Chan

Armée

  • Paul Chan à Victoria, Colombie Britannique, en mars 2010.

    Historica Canada
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"Alors les majors Nichol et Kendall ont dit à Ken de parler les deux langues, car il y avait beaucoup d’hommes d’origine chinoise. En fait, plus de 300 d’entre nous ont été enrôlés."

Transcription

Bon, en 1942 on est allé au manège militaire et on s’est enrôlé dans le 16e Scottish Regiment pour deux ans. [Remarque : le 16e Canadian Scottish Battalion a combattu dans la Première Guerre mondiale. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a fusionné avec le Canadian Scottish Regiment (Princess Mary’s)]. Après ça, Lord Mountbatten, le Lord Mounbatten d’Angleterre, a demandé à Chiang Kai-chek s’il pouvait emprunter des troupes. Il lui a répondu : « non, je ne peux pas vous donner de troupe ». Alors le major Nichol et le major Kendall lui ont dit : « Hé, Ken, j’ai plein de Chinois nés ici, ils parlent deux langues. ». C’est comme ça qu’on a été incorporé, plus de 300 d’entre nous, pour combattre.

En Egypte, on est allé au Caire, puis dans le golfe Persique, puis au nord de l’Inde à Karachi. Après ça, on est resté là-bas une nuit et on a pris l’avion pour Bombay [Inde]. De Bombay, on est allé en camion à Pune [Inde]. On est resté là-bas, près du lac, dans une baraque Quonset, deux par chambre. On est resté là-bas pendant un bout de temps et ensuite ils ont dit : “oh, on va aller vers le nord”. Ils nous ont payé et on a passé deux jours dans le train pour aller à New Delhi [Inde]. Donc, on est allé à New Delhi, on a passé une nuit là-bas et ensuite on est allé au camp de la trésorerie militaire britannique. Là-bas, on est resté à un des endroits et on a été formé comme radiotélégraphiste.

On est resté là-bas pendant deux mois environ. J’ai demandé au sergent : « combien de temps prend la formation pour ce cours? » « six mois » il me répond. Donc, ils nous ont vraiment fait de la formation accélérée. Vous ajoutez un mois et ensuite on est allé à l’aéroport de Calcutta. Là on a formé une brigade de parachutistes. Ils ont dit qu’ils avaient coupé le…ils allaient dans les lignes ennemies par sous-marin la nuit, voir ce qu’ils avaient. On a passé un jour dans un hangar, deux jours à sauter, on a fait un saut de nuit puis le sergent a dit : « mettez votre insigne maintenant ». On a vu des Gurkhas [jeunes Népalais engagés dans l’armée britannique]. C’était vraiment des bons gars costauds. Ils avaient des épées et les Japonais les craignaient beaucoup. Ils sortaient la nuit enveloppés comme des bébés et ils ont découvert que la nuit, ces patrouilles, ils leur coupaient la tête. Alors, ils avaient peur de ces Gurkhas.

On est descendu en Inde, descendu jusqu’au bout et ensuite on a pris un traversier pour Ceylan [qui est maintenant Sri Lanka], ça s’appelait Ceylonti. Et de là, Colombo [Ceylan] puis en camion jusqu’au Camp 25. C’était là qu’il y avait les Forces alliées, les Britanniques, les Canadiens, les Chinois, les Hollandais je pense. C’est là qu’on a joint nos forces. J’ai été appelé une fois, [pour me joindre à l’] équipe. Alors ils m’ont dit : “tu peux porter un gallon. La prochaine fois, on fera de nouveau appel à toi. Tu auras un autre galon”. La troisième fois, c’est trois gallons. Mais avant ça, ils nous avaient dit qu’on était admissible pour être officier de liaison, mais ça n’est pas arrivé. J’ai vu un soldat britannique devenir lieutenant, mais pas nous. On a juste monté au grade de sergent. Mais ce que j’ai entendu, on recevait 200 $ en prime de danger, 500 $ de fausse monnaie, 200$ d’argent de Malaisie Singapore et cinq pièces d’or.

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