Témoignages d'anciens combattants:
Kenneth Edward Pask

Forces aériennes

  • Premier jour de vol de Ken Pask à Cambridge, Ontario, 1941.

    Ken Pask
  • Ken Pask et son bébé Cheetah en Birmanie, 1943. Il l'a acheté pour beaucoup d'argent et il l'a ensuite laissé en liberté quelques jours plus tard.

    Ken Pask
  • Classe de SFTS de Ken Pask, Noël 1941.

    Ken Pask
  • Ken Pask à Risalpur, Inde. La légende dit "Essayant d'apprendre la météorologie", 1941.

    Ken Pask
  • Ken avec 3 camarades: les 4 premiers hommes à avoir fait une attaque offensive sur un aéroport japonais, 1941.

    Ken Pask
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"Et dans un moment de pure bêtise, j’ai décidé de rentrer en volant à basse altitude. Que diable. Et tout à coup, qui volait au dessus un autre groupe de soldats japonais, et, comme, ils m’avaient entendu arriver c’est évident, et ils m’attendaient."

Transcription

J’étais en Angleterre à ce moment-là et la plupart de mes copains tous, on était tous du même âge plus ou moins et chaque soir la grande discussion c’était, est-ce qu’on va s’engager ou est-ce qu’il vaudrait mieux pas. Et finalement, un soir après la troisième bière, on a décidé que oui, on allait le faire, alors on s’est engagés. Et c’est comme ça que je suis entré dans l’armée de l’air [RAF]. J’ai bien dit au sergent qui recrutait, je crois qu’il était sergent recruteur, que je souhaitais devenir pilote. Il a répondu : « Comme tout le monde. » Et j’ai dit : « oui mais moi j’ai l’intention d’aller jusqu’au bout. » Et je l’ai fait. C’était en 1941, en mai 1941 je crois.

Le temps que j’arrive dans l’escadron, là-haut dans le nord de la Birmanie, à un endroit appelé Imphal, I-M-P-H-A-L, les japonais avaient repoussé l’armée indienne et le petit nombre de soldats de la14ème armée, de l’armée de terre britannique, qui étaient là, les avaient repoussés au nord, tout au nord de la Birmanie jusqu’à ce qu’ils soient juste à la frontière de la Birmanie et du Népal. Et au fond, le Japon s’était emparé de la Birmanie. Et on faisait partie du plan pour la reprendre.

Et alors à, j’ai rejoint l’escadron. C’était un escadron de Spitfire. Doucement mais sûrement, on s’est déplacés en traversant la Birmanie vers le sud, jusqu’à ce qu’on arrive juste aux abords de Mandalay, c’était en gros au milieu du pays en descendant, et ça a été l’impasse totale en quelque sorte, à partir de ce moment-là. Et on était stationnés à environ 20 ou 25 kilomètres de Mandalay, et notre boulot a changé parce que l’armée de l’air japonaise à ce moment-là, on était en 1944 maintenant, et les américains s’étaient engagés et ils étaient concentrés sur les îles du Pacifique, les îles Marshall, etc. Et ils avaient évidemment beaucoup de moyens. Ils avaient des avions de chasse, des chasseurs-bombardiers, des bombardiers, ils avaient des hydravions et l’armée, beaucoup de forces, des porte-avions, des destroyers, ils sont arrivés en force sur les îles du Pacifique, les américains.

Et alors les japonais ont pris leurs chasseurs, la plupart d’entre eux, il ne leur restait que deux escadrons à peu près, c’était tout, en Birmanie, ils ont pris tous le reste et les ont envoyés dans le Pacifique sud pour régler avec ce qui était un problème bien plus grave là-bas. J’imagine qu’à ce moment-là, les japonais avaient fait leur deuil de la Birmanie. Mais nous on était au point mort, ça a été l’impasse à partir de là. Et notre boulot a changé et on est resté pendant quelques temps à la disposition de l’armée de terre britannique. Ils communiquaient avec nous pour dire que telle ou telle unité, je ne connais pas bien les termes employés dans l’armée de terre, les troupes, peu importe, étaient coincées à cause des tirs au sol des japonais et ils nous donnaient, ils donnaient la localisation des japonais pour qu’on sache où ils se trouvaient. Et ensuite on nous a donné ce lieu, on était seulement deux, dans ce cas particulier, on était que deux, j’étais aux commandes d’une formation de deux avions. Ils nous ont dit à quel l’endroit et on est descendus là-bas et on les a repérés sans problème et on a laissé notre marque ; on a fait quelques dégâts là-bas, en fait. Et c’était du travail bien fait, et maintenant retour à la maison.

Et dans un moment de pure bêtise, j’ai décidé de rentrer en volant à basse altitude. Que diable. Et tout à coup, qui volait au dessus un autre groupe de soldats japonais, et, comme, ils m’avaient entendu arriver c’est évident, et ils m’attendaient. Et ils étaient vraiment très hostiles. Je ne comprends pas ça, mais ils étaient hostiles. Et l’un d’entre eux, en fait, a justement tiré sur le moteur et ça lui a fait prendre feu. Assez chaud en Birmanie, vous n’avez pas besoin d’un moteur en feu juste devant vous, vous savez. Et j’ai réussi à remonter jusqu’à 400 pieds environ et ça finissait par être bien chaud. Et le moteur toussait et cafouillait et ainsi de suite. J’ai senti que le temps était venu de nous séparer.

Alors je suis parti sur le côté et j’ai atterri aux alentours d’un petit village birman. Et du village un homme plutôt bien bâti est venu à ma rencontre accompagné de pleins de villageois birmans qui sont d’une stature beaucoup plus petite que disons la moyenne des canadiens, américains et autres. Et j’ai pensé, oh mon Dieu, est-ce que je suis encore plus dans le pétrin ? Parce que nous n’étions pas à plus de quelques kilomètres de là où on avait fait tous ces quelques dégâts.

Cet homme, pendant qu’il se rapprochait, m’a parlé dans un anglais impeccable. Et ça vous donne un moment pour réfléchir. Et il s’est avéré que c’était un agronome qui avait été envoyé en Angleterre avant que la guerre commence pour apprendre tout ce qui concerne l’agriculture, et a fait des recherches pour aider à développer leurs cultures en Birmanie. C’est comme ça qu’il s’était retrouvé là-bas. Et vous savez, j’ai dit : « Bon, où sont les japonais les plus proches ? » Il a dit : « A peu près deux kilomètres par là bas. » J’ai dit : « Bon, je crois que je vais partir de ce côté-là. » Et il a dit : « Et bien, il y a un chemin qui démarre par là qui vous emmènera vers le nord. » Alors j’ai pris ce chemin et j’ai commencé à marcher. Et le lendemain, deux Gurkhas dans une jeep qui m’ont dit, en substance, qu’ils m’avaient surveillé pendant presque deux heures, et ils m’ont recueilli et m’ont ramené à leur base d’où ils ont contacté mon escadron. C’est le commandant lui-même, ce brave homme, qui est venu me chercher en voiture et qui m’a ramené.

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